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    Alliances s’engage à un retour des bénéfices en 2016

    Par Franck FAGNON Abashi SHAMAMBA | Edition N°:4771 Le 12/05/2016 | Partager
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    L’exercice 2015 étant une année d’inflexion, le plan de restructuration se traduira par une réduction substantielle de l’endettement, des charges financières et des frais de structure. Je vous confirme qu’Alliances retrouvera l’équilibre dès 2016 et redeviendra bénéficiaire (Ph. L’Economiste)

    Après une perte de 1,8 milliard de dirhams en 2015, «due aux éléments exceptionnels», le directeur général du groupe, Ahmed Ammor, s’engage pour un retour des bénéfices dès l’exercice 2016. C’est l’année où les effets de la réduction des dettes et des charges financières ainsi que de la vaste réorganisation de l’entreprise auront produit leur plein effet, explique-t-il. L’augmentation du capital est en route: l’actionnaire de référence a déjà injecté 300 millions de dirhams. Pour le repositionnement de la station Lixus, dernier point du plan de restructuration en attente de concrétisation, les discussions continuent avec le gouvernement et les banques.

    - L’Economiste: Les opérateurs du marché n’ont pas compris les raisons qui vous ont poussés à décaler la publication de vos résultats? Que leur diriez-vous?
    - Ahmed Ammor
    : Les raisons sont simples. Nous avions déjà arrêté les comptes et à une semaine de la fin du mois de mars, le tribunal de commerce de Casablanca a décidé de mettre en liquidation les trois filiales de l’ex-pôle construction du groupe, EMT, EMT Bâtiment et EMT Routes. Comme nous y oblige la réglementation, nous devions intégrer cet élément nouveau dans les comptes, car il était de nature à impacter de manière substantielle les résultats avec les commissaires aux comptes nous avons convenu de déconsolider ces filiales et de passer les dernières pertes sur l’exercice 2015. C’est un travail fastidieux qui ne pouvait pas être réalisé en une semaine. Parallèlement, nous voulions aussi boucler le plan stratégique afin d’avoir des éléments concrets à communiquer au marché sur les perspectives de l’entreprise.  

    - Comment analysez-vous vos résultats?
    - 2015 fut une année d’inflexion au cours de laquelle l’activité a été très basse, essentiellement à cause des difficultés de trésorerie. Mais Alliances comme les autres opérateurs n’est pas dans une situation préoccupante. De plus, nous avons déployé un plan de restructuration. Globalement, le chiffre d’affaires était exceptionnellement bas puisqu’on a clôturé l’exercice à 944 millions de dirhams.
    Le résultat net part du groupe s’établit à -1,82 milliard de dirhams, contre -969 millions en 2014. Cette perte s’explique essentiellement par des éléments non récurrents. Il faut noter d’abord le niveau du chiffre d’affaires exceptionnellement bas de l’activité, l’actualisation de la valeur des stocks de promotion immobilière à raison de 534 millions de dirhams ainsi que l’imputation des pertes des sociétés de construction pour 568 millions de dirhams.  A ces facteurs, il faut ajouter l’impact des charges financières de l’exercice (582 millions de dirhams) qui ne traduisent pas encore l’effet de la restructuration de la dette bancaire et privée qui est attendue en 2016 et totalement en 2017  et les provisions sur actif circulant à hauteur de 123 millions de dirhams.

    - A quelle échéance prévoyez-vous le retour à l’équilibre?
    - Nous y serons dès cet exercice. En 2016, nous allons retrouver un niveau de chiffre d’affaires important qui atteindra 3,9 milliards, 4 milliards en 2017 et 4,5 milliards de dirhams en 2018. L’exercice 2015 étant une année d’inflexion, le plan de restructuration se traduira par une réduction substantielle de l’endettement, des charges financières et des frais de structure. Je vous confirme qu’Alliances retrouvera l’équilibre dès 2016 et redeviendra bénéficiaire.

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    Le plan de restructuration prévoit une augmentation de capital. L’actionnaire de référence a déjà apporté 300 millions de DH, assure le directeur général du groupe Alliances
     

    - Il a fallu passer par une chirurgie lourde. Où en êtes-vous dans votre plan de restructuration?
    - Son exécution est dans une phase de croisière. Cinq des six axes prévus sont aujourd’hui concrétisés: la restructuration de la dette, la réorganisation de la gouvernance, la réduction des charges de structure, le recentrage sur la promotion immobilière, l’augmentation de capital par l’apport de l’argent frais. L’actionnaire de référence a déjà apporté 300 millions de DH. Les montants sont inscrits en compte courant. Le dernier axe est le repositionnement de la station Lixus sur lequel nous travaillons avec le gouvernement et les banques.  
    Nous avons réduit l’endettement de 1,2 milliard de DH pour le ramener à 7,3 milliards de DH à fin 2015. Il va descendre à 3,5 milliards de DH en fin d’année grâce notamment à l’exécution du protocole d’accord signé avec le pool bancaire. Le groupe a mis en vente des actifs valorisés à 4,35 milliards de DH. Ces cessions ont permis de réduire de 3,5 milliards de DH la dette et de générer 635 millions de DH de cash qui seront injectés dans les projets.
    Pour le reste, nous avons 2,6 milliards de DH de dette privée à reprofiler. Nous allons entamer les négociations avec les détenteurs de ces titres. Ce qui a été réalisé jusqu’ici nous permet de réduire significativement nos frais financiers.

    - Quel est le rythme des ventes aujourd’hui?
    - Nous relevons une légère reprise, mais le marché n’a pas encore retrouvé le rythme d’avant la crise de 2012. En tout cas, tous les opérateurs immobiliers écoulent leurs produits. Les ventes sur le segment social marchent bien. Il est certain que sur la partie golfique et le haut standing, le rythme n’est plus le même qu’avant la crise. Mais les promoteurs ne sont pas à l’arrêt. Valeur aujourd’hui, nous avons un carnet de commandes de 17.528 unités d’une valeur de 9,4 milliards de dirhams. C’est cela la réalité des faits qui nous rend optimiste.

    - Les promoteurs immobiliers imputent les avances-clientèle dans le chiffre d’affaires alors que sur le plan comptable, elles correspondent à une dette. Cela fausse la sincérité des bilans…
    - Aujourd’hui, les avances sont inscrites dans le compte Avances, sinon nous n’aurions pas des résultats sincères. Mais le plan comptable sectoriel tolère que les avances soient assimilées au chiffre d’affaires. Ceci étant, chaque entreprise peut choisir entre ces différentes méthodes. Dans le cas du groupe Alliances, le chiffre d’affaires 2015 correspond strictement aux livraisons.

    Les effets collatéraux de la restructuration

    L’accord passé avec le pool bancaire sur la restructuration de la dette impliquait aussi un changement de gouvernance du groupe immobilier. Cela a abouti à une organisation avec un président du conseil d’administration et un directeur général. Après les déboires du pôle construction, le groupe veut se recentrer sur son métier de base, la promotion immobilière. «Les filiales EMT n’ont pas fonctionné parce que ce n’était pas le métier d’Alliances», explique Ahmed Ammor.
    Le recentrage du groupe a des effets en termes d’organisation avec une mutualisation des fonctions supports. Il a également une incidence sur les effectifs. La dernière vague de départ (ndlr: 72 personnes) a eu lieu en avril dernier. D’ici la fin de l’année, le groupe veut réduire de moitié les frais de structure par rapport à leur niveau de 2014. «Ils devraient redescendre autour de 240 millions de DH», révèle Ammor. Un plan de restructuration n’est jamais indolore. Pour l’ex-directeur financier de la RAM, une entreprise en restructuration n’a pas 36.000 leviers: «il faut agir sur l’endettement, les frais de structure et après, bien faire son métier. Heureusement, Alliances n’a pas eu besoin d’agir sur la partie production parce que, malgré les moments difficiles, le groupe maintenait la qualité de ses produits». «Malgré le plan de réduction d’effectifs, nous n’avons pas touché aux équipes de la production et du service après-vente», poursuit le directeur général.

    Propos recueillis par Franck FAGNON &
    Abashi SHAMAMBA

                                                        

    Station Lixus: 100 millions de DH engloutis par an

    Dernier volet du plan de restructuration, la relance de la station Lixus, qui s’apparente en l’état actuel des choses, à un boulet pour le groupe. «Alliances s’est impliqué sur ce site à un moment où ce type de produit n’avait plus de demande internationale, compte tenu de la crise qui avait secoué l’économie mondiale en 2008», constate le directeur général, Ahmed Ammor. A ce jour, Alliances y a investi 1,2 milliard de dirhams auxquels il faut ajouter 100 millions de dirhams engloutis en frais financiers et d’entretien.
    La priorité aujourd’hui est de sauver cette station. Alliances est en discussion avec les pouvoirs publics. Les tractations se déroulent dans une commission mixte composée de ministres, de dirigeants de banques et du management de la CDG.
    La question centrale est: comment y introduire le tourisme national? Concrètement cela veut dire un repositionnement de la station, ce qui passe par la révision de son cahier des charges. La réalisation de la deuxième phase intégrerait alors des produits tournés vers la clientèle nationale. Sur le plan financier, il faudra trouver une solution à travers un portage. Ce sont les deux options qui sont discutées dans la commission tripartite. Il y a quelques mois, le ministre du Tourisme avait fait une sortie remarquée en sommant Alliances de chercher un plan B pour Lixus. L’ambiance en commission devrait être sympathique.
    A.S.

     

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