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    Economie

    Délais de paiement: Les TPE décimées

    Par Aïda LO | Edition N°:4746 Le 07/04/2016 | Partager
    En moyenne, 9,5 mois observés en 2015
    Au moins 5.800 défaillances relevées
    De plus en plus de faux «bilans»
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    Pour se prémunir du risque de défaillance, Inforisk plaide pour les bonnes pratiques commerciales. Cela passe par une organisation interne structurée, une diversification de portefeuille, des conditions générales de vente avec des délais de paiement clairement définis ou encore des conditions de paiement adaptées au profil du prospect; or, pour plusieurs entrepreneurs, la rigueur cède sa place aux facilités de peur de perdre davantage de clients.

    La solution miracle pour parer aux défauts de paiement n’existe pas. C’est le constat exposé par la Chambre de commerce suisse au Maroc à la conférence consacrée à la «Gestion des impayés». Les défaillances ont touché plus de 5.800 entreprises en 2015, soit une progression de 15%. Au-delà des chiffres absolus, c’est la tendance qui est inquiétante, notamment pour les TPE, premières victimes des retards de paiement. Les défauts de paiement restent la principale cause des défaillances (et pas forcément des faillites). L’équation à résoudre pour ces entreprises est de financer le déséquilibre entre les délais client et fournisseur au moment où les banques sont de plus en plus réticentes sur le dépassement des lignes de découvert. En moyenne, elles se font payer à 9,5 mois contre 7 mois en 2010.
    Le problème peut être beaucoup plus sournois. Une société en apparence rentable, mais elle est incapable de générer du cash. «C’est une tendance qu’on remarque assez souvent», alerte  Hicham Alaoui Bensaïd, directeur des risques, de l’information et des sinistres chez Euler Hermes Acmar. Le décalage est de plus en plus marqué –avec l’allongement des délais de paiement– entre la rentabilité et la solvabilité. Le financement auprès des banques devient tout aussi contraignant. Les marges d’intérêts ne cessent de gonfler, en conséquent, fragilisant davantage la santé financière de l’entreprise.  
    Pour trouver un certain équilibre, l’entreprise est appelée à constater des provisions pour dépréciation des créances clients. Une pratique, jugée peu attrayante par les sociétés compte tenu des contraintes fiscales qui vont avec. Les entrepreneurs se basent généralement sur une gestion fiscale plutôt que comptable. C’est pourquoi ils se gardent de provisionner malgré la prévalence du risque de retard ou défaut de paiement des clients. La loi de Finances 2014 prévoit la déductibilité fiscale des pénalités. Ainsi, le client qui se voit appliquer des pénalités de retard de 10% bénéficie de la déduction au moment du décaissement. Du côté du fournisseur, c’est à l’encaissement que ces indemnités, assorties de la TVA, deviennent des produits imposables. «La provision, quant à elle, ne peut pas être déductible fiscalement» affirme Khalid Dribigi, chef de service de vérification des grandes entreprises à la DGI. Dans la course aux chiffres, les entrepreneurs omettent «volontairement» de constater, lors de la tenue des comptes, les pertes liées aux retards de paiement. En gonflant leurs chiffres d’affaires, les entreprises tentent de couvrir les dégâts des créances clients. «Des prises de risque inutiles qui initient le début d’un cercle vicieux», remarque Alaoui Bensaid.

     

     

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