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Evénement

Bank Al-Maghrib confirme l’embellie du budget

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4736 Le 24/03/2016 | Partager
Le déficit sera à 3,7% du PIB cette année et 3,1% l’an prochain
L’impact immédiat de la décompensation des carburants
Mais le gouvernement temporise sur la suppression des subventions du sucre
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Les nouvelles prévisions de BAM vont désormais s’étaler sur 8 trimestres. Ce qui permet d’avoir une visibilité sur deux ans, notamment en matière d’évolution du taux de croissance. Celle-ci devra se redresser l’année prochaine, parallèlement au renforcement des réserves de change, qui constituaient une véritable source de préoccupation il y a quelques années

Comme nous l’avons annoncé hier sur nos colonnes, Bank Al-Maghrib (BAM) a baissé sa prévision de croissance à 1%. Une révision qui prend en considération la faible récolte céréalière, «avant les dernières précipitations», corrige Abdellatif Jouahri, wali de BAM, lors de sa traditionnelle conférence à l’issue du conseil tenu mardi 22 mars. Il faudrait probablement s’attendre à un ajustement de ce chiffre dans les projections que la banque centrale présentera au mois de juin. Cette baisse est également liée à la petite forme du PIB non agricole dont la croissance est estimée à 3%.
Pour l’année prochaine, BAM prévoit une reprise du taux de croissance à 3,9%. Cette progression est liée à l’hypothèse d’un retour à une campagne agricole normale, de l’amélioration de l’activité de la zone euro et de l’assouplissement des conditions monétaires qui devraient soutenir la demande intérieure. La banque centrale a introduit de nouveaux modèles de prévision, qui s’étalent sur 8 trimestres. Selon le gouverneur, «nous nous alignons sur les meilleures pratiques internationales en matière d’analyse et de prévision». Une évolution qui s’inscrit dans le cadre du processus de migration vers un régime flexible de change et un meilleur ciblage de l’inflation, mis en œuvre avec l’assistance du FMI. Le wali de BAM a fait savoir que ses équipes maîtrisent désormais ces outils. Les prévisions et analyses seront basées sur des modèles monétaires à court et moyen terme. S’y ajoutent d’autres, à long terme, qui prennent en considération l’impact des politiques publiques. Ces outils «seront développés et affinés les prochaines années», a promis Jouahri.
Autre décision importante du conseil de Bank Al-Maghrib: la baisse du taux directeur à 2,25%, essentiellement pour soutenir l’activité économique (cf.www.leconomiste.com). Jouahri s’est montré rassurant: «Nous n’avons pas de souci par rapport à l’inflation. Il n’y a pas de pression sur les prix». D’ailleurs, le taux d’inflation prévu pour le premier trimestre de cette année sera de 0,5%. Les projections de BAM laissent croire qu’il «n’y aura pas de risque d’inflation importée».
Les analyses de BAM vont désormais contenir des examens plus approfondis des finances publiques. En matière de déficit budgétaire, les prévisions gouvernementales devraient être respectées, notamment en matière de stabilisation à 3% à l’horizon 2017. Cette année, le déficit devra se situer à 3,7% avant de baisser à 3,1% l’année suivante. L’effet des économies résultant de la décompensation des carburants ont verdi les comptes de l’Etat. Pour le reste, le gouvernement a pour l’instant décidé de «geler» la suppression des subventions du sucre. Pour des raisons liées à la proximité des élections sans doute, il préfère ainsi se passer d’une économie supplémentaire de 3 milliards de dirhams par an.
La forte baisse des prix internationaux du pétrole a rejailli sur les réserves de change. Au plus fort du cours du baril, il y a un peu plus de deux ans, la facture pétrolière s’élevait à 100 milliards de dirhams, soit l’équivalent de la moitié du déficit commercial. Après 6 mois et 21 jours en 2015, les réserves de change devraient gagner un mois cette année, avant de passer à 8 mois et 15 jours en 2017. A cette échéance, le compte courant aura retrouvé l’équilibre alors qu’il affichait près de 8% du déficit par rapport au PIB. Plus de réserves de change signifie un renforcement des liquidités bancaires, avec une évolution qui tranche avec la situation d’avant 2007. «Nous avons baissé nos injections en 2015. Nous prévoyons que les liquidités seront excédentaires à partir de la 2e moitié de 2016», a fait savoir Jouahri.
Par ailleurs, Bank Al-Maghrib est également revenu sur l’exécution du budget 2015. Celle-ci a été «en ligne avec la loi de Finances, avec un déficit, hors privatisation, de 42,7 milliards de DH contre 42 milliards programmés». Pour la banque centrale, cette amélioration est le résultat d’une «baisse moins marquée des recettes comparativement à celle des charges». D’ailleurs, les dépenses ordinaires ont enregistré une diminution grâce à «la contraction de plus de moitié de la charge de compensation». La décompensation du sucre, annoncée il y a quelques mois, n’a toujours pas été mise en œuvre. Et BAM ne l’a pas prise en compte dans ses analyses pour cette période. La suspension de cette mesure est liée au contexte difficile d’une année électorale, comme l’a rappelé Jouhari.
En matière de recettes ordinaires de l’Etat, le rapport sur la politique monétaire de BAM montre que «le premier mois de l’exécution budgétaire de 2016 fait ressortir une évolution favorable, comparativement à janvier 2015». Elles ont augmenté de 1,3%, suite à une hausse de 4,4% des recettes fiscales, soit 18,4 milliards de DH. En face, les dépenses publiques ont connu une hausse de 11,1%, soit 29,1 milliards de DH, par rapport à janvier 2015.

L’automobile booste les exportations

Les prévisions de Bank Al-Maghrib tablent sur un maintien de la progression des exportations des biens, malgré «la faiblesse de la demande étrangère et l’appréciation du taux de change effectif réel». Cela est dû notamment à «la performance de la construction automobile et à la hausse des exportations des phosphates et dérivés». Sur ce point, Abdellatif Jouahri a mis l’accent sur «un léger maintien des prix des phosphates dans le brut, couplé à une baisse au niveau des produits composés de phosphates sur les marchés internationaux». La situation morose du secteur touristique, liée à l’insécurité dans certains pays de la région, devra se traduire par «une poursuite de la baisse des recettes de voyage en 2016, avant de se redresser légèrement l’année suivante». Mais, globalement, «le déficit du compte courant devrait poursuivre son atténuation à 0,1% du PIB en 2016 et à 0,3% en 2017». Les prévisions de BAM ont pris en considération les entrées en dons des pays du Golfe, conformément à la programmation de la loi de Finances 2016.

Verbatim

■ Sur le ralentissement du crédit

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Du diagnostic et de nos échanges avec la CGEM et le Groupement professionnel des banques du Maroc, il ressort clairement que le problème majeur est celui des délais de paiement. La banque centrale va soumettre un mémorandum au gouvernement afin de crever l’abcès une fois pour toutes et identifier le montant des impayés interentreprises. On doit chercher à savoir si le ralentissement du crédit n’a pas d’autres explications car les dépôts à vue augmentent de 4%, et les dépôts à terme de 12% depuis le début de l’année. Peut-être qu’il y aurait une importante population d’entreprises dans le secteur informel qu’on ne l’imaginait jusqu’à présent.
 
■ Créances sur la Samir
La mise en liquidation judiciaire change les règles du jeu en matière de provisionnement. Jusqu’au redressement judiciaire, les banques avaient pour consigne de provisionner à 50% (minimum) l’exposition sur le raffineur pétrolier. Maintenant, la donne change, et il va falloir s’adapter à la nouvelle configuration.

 

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