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Société

Anti-corruption
Les ONG mises à contribution

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4731 Le 17/03/2016 | Partager
Leur rôle est décisif dans le rapprochement des citoyens avec les instances de probité
Un programme de renforcement de capacité en partenariat avec l’OCDE
Nécessité de lever les entraves à l’accès à l’information
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La moralisation de la vie publique ne se limite pas à la lutte contre la corruption, mais impose de couper la route aux sources de dépravation, pour instaurer une relation saine entre l’administration et les citoyens (Source: Fotolia)

La lutte contre la corruption est un combat de longue haleine. Au-delà des objectifs vagues de la stratégie nationale de lutte contre la corruption, présentée il y a quelques semaines par Mohamed Moubdii, c’est sur le terrain que la moralisation de la vie publique peut prendre sens. C’est dans ce cadre que s’inscrit le programme lancé par l’OCDE pour renforcer la coopération entre l’ICPC, le Médiateur et la société civile. L’objectif de ce programme, financé par le gouvernement britannique, est de «renforcer l’intégrité du secteur public au Maroc». Un vœu pieux qui risque de buter sur la sclérose de certains comportements au sein de l’administration. Et les promoteurs de ce projet sont conscients de la difficulté de la tâche. «Ce ne sera pas facile et ça nécessite beaucoup de temps», a estimé Karen Elizabeth Betts, ambassadeur de la Grande Bretagne, lors de la conférence nationale sur la coopération institutionnelle au service de la bonne gouvernance, tenue hier à Rabat. «L’institutionnalisation de ce partenariat entre les institutions de probité est décisive», selon Abdeslam Aboudrar, président de l’ICPC. Car, «la moralisation de la vie publique ne se limite pas à la lutte contre la corruption, mais impose de couper la route à toutes les sources de dépravation, afin d’instaurer une relation saine entre l’administration et les citoyens», selon Abdelaziz Benzakour, médiateur du Royaume. Une des premières actions du rapprochement entre les deux instances constitutionnelles a porté sur le lancement d’un portail de l’intégrité, «qui constitue un espace de communication et de réception des plaintes des citoyens».

Les différents intervenants ont été unanimes à considérer que l’implication des associations est incontournable pour gagner le combat contre la corruption et surtout favoriser une meilleure connaissance par les citoyens de leurs droits. «Les associations doivent jouer leur rôle, en partenariat avec l’Etat, pour mener des actions au niveau local et régional. Car, c’est là que tout se joue», selon Adam Ostry, chef de projets examens sur la gouvernance à l’OCDE. Des rencontres de consultation ont été déjà tenues au niveau de deux régions, Tanger-Tétouan et Casablanca-Settat, afin de déterminer les projets concrets à mettre en place dans le cadre de ce partenariat, a indiqué Benzakour. «Nous allons procéder par étapes, en privilégiant les actions prioritaires en matière de renforcement des capacités des associations, de diffusion des informations, et de rapprochement des citoyens», a-t-il indiqué.

Celui-ci a présenté les recommandations du rapport de cette Organisation internationale sur les modalités de renforcement de l’intégrité du secteur public. Il en ressort que la réalisation de cet objectif d’intégrité nécessite «un leadership fort et une vision globale». Cette action doit être menée par l’ICPC et le Médiateur en coordination avec le gouvernement. Mais cette collaboration doit se baser sur «des mécanismes clairs, couplés à une communication horizontale, avec les différents intervenants, afin d’éviter les chevauchements», a expliqué Ostry. La vision globale «doit refléter le nouveau mandat de ces instances, défini dans la Constitution», a-t-il ajouté. En clair: «l’ICPC a besoin de plus de compétences, en phase avec les normes internationales», selon ce responsable de l’OCDE. Surtout que cette instance est appelée à «renforcer son recours à l’auto-saisine». Mieux, «l’ICPC doit devenir un avocat pour défendre le droit des citoyens à l’accès à l’information», a-t-il martelé. Or, c’est l’une des réformes qui risquent de vider les dispositions constitutionnelles de leur substance à cause de la cascade de restrictions (voir notre édition d’hier). Abdeslam Aboudrar considère que c’est l’un des principaux écueils à aplanir. Il a critiqué «le système d’information caractérisé par la fermeture et la confidentialité, dans un contexte administratif qui manque de coordination».

Plan stratégique

Pour ces premières consultations régionales, les associations ne se sont pas bousculées au portillon. «Nous avons contacté les différentes ONG, mais la présence était limitée», a reconnu Jamal Moussaoui, responsable de la coordination et de la coopération nationale à l’ICPC. Néanmoins, les consultations tenues dans les deux régions pilotes, Tanger-Tétouan et Casablanca-Settat, ont débouché sur un plan d’action qui court jusqu’à fin 2016. Trois mesures prioritaires ont été définies. Il s’agit de la formation des associations et du renforcement de leurs capacités, de l’initiation au mode de fonctionnement des instances de probité, en plus d’actions de sensibilisation thématique. Plusieurs rencontres et visites sont prévues, notamment pour familiariser les ONG aux attributions de ces instances (avril et mai), avant de définir, en novembre prochain, un plan stratégique qui devra s’étaler sur 2 ans.

 

 

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