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Régions

Oasis de M’hamid El Ghizlane
L’hécatombe des palmiers de Ouled Driss

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:4728 Le 14/03/2016 | Partager
Plus de 5.000 palmiers morts et 300 ha de la palmeraie ensablés
40% de la population a quitté la palmeraie pour aller vivre ailleurs
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L’effet simultané des années de sécheresse et de l’ensablement de l’oasis a créé un paysage désertique dans cette palmeraie. Aujourd’hui, les habitants comptent plus de 5.000 palmiers morts de soif (Ph. Salah Bakass)

Les oasis de Drâa continuent à pâtir de la rareté de l’eau. Alors que de multiples plans pour la protection et la pérennisation des palmeraies voient le jour, la palmeraie de Ouled Driss continue de souffrir en silence depuis une trentaine d’années. L’effet simultané des années de sécheresse et de l’ensablement de l’oasis a créé un paysage désertique dans cette palmeraie. Aujourd’hui, les habitants comptent plus de 5.000 palmiers morts de soif. En cause: l’impossibilité d’avoir accès à l’eau de l’oued Drâa.

Une pétition, signée par 300 habitants de la palmeraie de Ouled Driss, a été envoyée le 11 février à son altesse la princesse Lalla Hasnaa, présidente de la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement pour intervenir dans cette situation. En 2008, une étude supervisée par la wilaya de Zagora et l’Agence nationale de développement des zones oasiennes et de l’arganier (ANDZOA) a permis de relever l’importance de la remise en fonction de la seguia traditionnelle de Ouled Driss. «La remise en état de la seguia en question a démarré à la fin de 2012, mais il y a quelques mois, les travaux sont arrêtés à seulement 350 mètres de la fin de raccordement», explique Salah Bakass, habitant de Ouled Driss et acteur associatif de la région. Ce projet de réhabilitation, en partenariat entre l’Office régional de mise en valeur agricole de Ouarzazate (ORMVAO) et l’Andzoa, fait l’objet de contestation des habitants d’autres palmeraies qui demandent aussi à en bénéficier. «Ce projet de développement ne concerne pas uniquement la palmeraie de Ouled Driss, mais aussi R’Gabi et Bounou. La seguia va permettre de raccorder cette zone au grand canal de M’hamid qui alimente toute l’oasis», explique Mustapha Faouzi, directeur de l’Andzoa chargé de Zagora.

La population bénéficiaire identifiée à l’époque de l’étude était de 2.460 individus se répartissant sur Ouled Driss, R’Gabi et Bounou. Sur cet ensemble, 1.300 pratiquent l’agriculture et 164 sont éleveurs. Ce manque d’eau a impacté profondément la population de l’oasis puisque la ressource financière principale des habitants est la céréaliculture, la luzerne et le palmier dattier. Et une grande partie de la population a quitté la palmeraie pour aller chercher du travail en ville. L’origine de cette situation remonte à la fin des années 70 au moment de la mise en fonction du barrage Al Mansour Eddahbi. En effet, la rétention de l’eau de l’oued Drâa au niveau du barrage a diminué la part d’eau de la palmeraie de M’hamid qui se trouve en aval des sept palmeraies de l’oasis de Drâa. La palmeraie d’Ouled Driss est située sur une partie élevée par rapport au niveau d’eau de l’oued. Avant la mise en place du barrage, cette partie de la palmeraie vivait grâce aux crues de l’oued. Les crues faisaient monter l’eau via une seguia traditionnelle qui ralliait l’oued à cette zone. Avec la sécheresse et la quasi-absence de crues, cette seguia a été ensablée et a disparu petit à petit. La pétition demande aujourd’hui la reprise des travaux de réhabilitation de la seguia traditionnelle de Ouled Driss qui, selon les habitants, est la seule solution pour redonner vie à ce qui reste des palmiers.

Le PACCZO à la rescousse des palmeraies

Les palmerais ont connu au cours des deux derniers siècles une perte de près des deux tiers de leurs palmiers. Face à cette situation, le Projet d’adaptation aux changements climatiques dans les zones oasiennes (PACCZO ) est conçu pour mettre en place des mesures visant à réduire la vulnérabilité climatique et anthropique des agroécosystèmes oasiens au Maroc et à renforcer la capacité d’adaptation  des institutions et des acteurs locaux. Le projet se concentre sur deux zones particulièrement vulnérables. La première est le bassin du Gheris intermédiaire qui est la zone située dans la partie intermédiaire d’un bassin versant où les ressources en eau peuvent encore être mobilisées pour sauvegarder les palmeraies ayant un potentiel de production agricole. La deuxième zone est le bassin de Maider situé à l’aval d’un bassin versant où la disponibilité de la ressource en eau doit être préservée pour assurer l’alimentation en eau potable. Les modèles d’adaptation constitués au niveau de ces zones impacteront indirectement le reste de la zone oasienne marocaine. La population qui bénéficiera des activités du projet  s’élève à 40.000. Pour la plupart des oasis, les deux activités économiques principales de la population active sont l’agriculture et l’élevage.

De notre correspondante,
Sabrina BELHOUARI

 

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