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L’UE se donne 10 jours pour un accord

Par L'Economiste | Edition N°:4725 Le 09/03/2016 | Partager
Ankara accepterait le retour sur son territoire des réfugiés
Les contreparties acceptées par les Européens

Les gouvernements turc et grec se sont retrouvés, hier mardi à Izmir, pour commencer à concrétiser les nouvelles propositions suggérées par Ankara sur la crise des migrants. Les «28» se sont donné dix jours pour finaliser un nouvel accord censé changer la donne face à l’afflux de migrants. L’idée est d’avoir des propositions concrètes en prélude d’un prochain sommet prévu les 17 et 18 mars à Bruxelles. L’une des propositions d’Ankara est qu’elle accepterait la réadmission sur son territoire de tous les migrants arrivés clandestinement en Grèce, y compris des Syriens qui fuient la guerre dans leur pays. A condition que les Européens s’engagent, pour chacun d’entre eux, à transférer un réfugié depuis la Turquie vers le territoire de l’UE. La Turquie a promis d’accélérer la mise en œuvre d’un accord de réadmission. Celui-ci prévoit qu’elle reprenne à partir de juin les migrants économiques pour les expulser vers leurs pays d’origine. Comme conditions, Ankara a exigé le doublement de 3 à 6 milliards d’euros du montant de l’aide promise pour accueillir et intégrer les 2,7 millions de Syriens déjà sur son sol. Dans la perspective d’adhérer à l’UE, «nous voulons que cinq chapitres de négociations soient ouverts aussi vite que possible», a par ailleurs insisté le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu. Il a également sollicité la levée d’ici juin des visas imposés par les pays de l’espace Schengen à ses citoyens, jusque-là programmée pour la fin de l’année.

Le renvoi de Syriens est-il légal? La Commission européenne a martelé que «l’accord respectera toutes les normes internationales liées aux réfugiés». Mais plusieurs Etats membres ont exprimé des doutes sur la légalité du dispositif, craignant des contestations devant la Cour européenne des droits de l’homme. Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés et Amnesty International se sont ouvertement inquiétés.
F. Z. T.

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