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Régions

Fès: L’Institut de recherche sur le cancer opérationnel

Par L'Economiste | Edition N°:4725 Le 09/03/2016 | Partager
Il a été inauguré par SAR la princesse Lalla Salma
Un GIP au profit des chercheurs, une première en Afrique

L’Institut de recherche sur le cancer inauguré, lundi dernier, par la princesse Lalla Salma est le premier du genre au Maroc et en Afrique. Il s’agit d’un espace de recherches, collaboration et coworking relié à la toile mondiale par fibre optique de haut débit et entièrement équipé en bureaux sur le mode Plug & Play (Ph. MAP)

L’Institut de recherche sur le cancer (IRC), le premier du genre au Maroc et en Afrique, a été inauguré, lundi dernier, à Fès, par la princesse Lalla Salma, présidente de la Fondation Lalla Salma-Prévention et traitement des cancers.
Réalisé au sein du Centre hospitalier universitaire Hassan II de Fès pour un coût de 15 millions de DH, cet Institut a été créé dans le cadre d’un Groupement d’intérêt public (GIP) représenté par le CHU Hassan II, l’Université Sidi Mohammed Benabdellah de Fès et la Fondation Lalla Salma. Pour Mohcine Zouak, directeur de l’établissement, «ce projet a pour mission d’initier, de planifier, coordonner et développer la recherche dans les axes stratégiques du Plan national de prévention et de contrôle du cancer (PNPCC)». Il est constitué d'un conseil d'administration, d'un conseil scientifique national et international et d'une direction de gestion. Comme nous l’annoncions dans L’Economiste du 17 février 2016 (Fès-Oncologie: Le CHU Hassan II doté d'un cancéropôle / Edition 4710),  la création de l'IRC intervient dans le cadre d'une série d'actions stratégiques lancées par la Fondation Lalla Salma - Prévention et traitement des cancers. Financé par la Fondation Lalla Salma, ce projet devra constituer la base de données de l'épidémiologie au Maroc et en Afrique. Il a également pour mission de développer des partenariats avec des institutions nationales et internationales, publiques et privées pour la recherche sur le cancer. «L’IRC mettra à la disposition de tous les chercheurs à travers le Royaume de l'expertise, des données fiables et des ressources pour tous les projets novateurs de recherche couvrant les grands domaines de la recherche en cancérologie, notamment la recherche fondamentale et clinique, l'épidémiologie et les sciences humaines et sociales», explique Zouak.
Concrètement, l’IRC regroupe toutes les données et se veut un réel support pour les chercheurs marocains, un institut d’excellence permettant des partenariats public-privé, une articulation facile entre les acteurs institutionnels et industriels, tout particulièrement dans le développement et la performance. Il permettra une mutualisation des expertises, des compétences scientifiques, technologiques et logistiques, une bonne conduite de projets selon les exigences des standards internationaux d’éthique de qualité, de leur conception à la valorisation des résultats et aussi une destination privilégiée des investissements et des projets liés à la recherche en cancérologie. Lors de sa première phase, le bâtiment de l'IRC est dimensionné pour accueillir une cinquantaine de chercheurs nationaux et internationaux, d'industriels et d'acteurs socioéconomiques. Une extension du bâtiment est prévue sur un espace limitrophe réservé par le CHU Hassan II. En attendant, la réalisation de cette première phase se justifie par la progression de la maladie au Maroc et par l'approfondissement de la rupture entre l'évolution des pratiques cliniques et les dispositifs de recherche. Pour ne citer que les statistiques de la région qui l’abrite, le CHU de Fès, à lui seul, a recensé quelques 3.662 cas de cancers, toutes localisations confondues, dont 2.327 cas chez les femmes. Notons qu’un Registre hospitalier du cancer est tenu au sein du Centre hospitalier universitaire Hassan II de Fès (RHCF) depuis novembre 2015. Pour ses responsables, l'IRC cible les domaines de la prévention, de la détection précoce, de la prise en charge, des soins palliatifs et des mesures d'accompagnement des patients. Ses actions sont orientées vers le citoyen, les malades et leurs familles. Ceci s’inscrit dans la continuité du PNPCC.
Notons enfin que l’Institut de Fès ambitionne de jouer le rôle d'un catalyseur de progrès de recherche sur le cancer au Maroc et d'être une destination privilégiée des investissements et des projets de recherche contre le cancer, de leur conception à la valorisation de leurs résultats. Il vise à soutenir, valoriser et promouvoir une recherche scientifique multidisciplinaire, innovante et ce, au niveau organisationnel et scientifique.

Les cancers les plus fréquents

D’après les statistiques du Registre hospitalier du cancer du Centre hospitalier universitaire Hassan II de Fès (RHCF),  les principales localisations cancéreuses chez l'homme sont les cancers de la prostate avec 14,6% des cas. Ils sont suivis du cancer du poumon avec 10,6%, la peau (4,5%), larynx (4,3%), rectum (4%), la lymphome non hodgkinien (3%), tissu conjonctif (2,1%), leucémie (1,9%), foie (1,5%), et la maladie de Hodgkin (1,3%). Chez les femmes,  les cancers gynéco-mammaires représentent près de 70% des cas recensés. Parmi les cancers les plus répandus chez la femme figurent ceux du sein (48%), col, l'utérus, ovaires, rectum et colon JRS.

De notre correspondant,
Youness SAAD ALAMI

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