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Politique

L’Istiqlal critique l’«extinction» des moteurs du PIB!

Par L'Economiste | Edition N°:4723 Le 07/03/2016 | Partager
Les économistes du parti chargent le gouvernement
Décélération de la croissance non agricole et chute des créations d’emplois
Le parti est aussi comptable du bilan de l’équipe Benkirane

Le ralentissement économique a des conséquences fâcheuses sur l’emploi. L’économie n’arrive pas à créer suffisamment de postes surtout ces dernières années

A sept mois des élections législatives, les partis politiques sont déjà en salle d’échauffement. Pour ce scrutin, les électeurs auront notamment à juger le bilan du gouvernement actuel dirigé par le PJD. En attendant, les cadres des partis de l’opposition s’en chargent. Les économistes istiqlaliens, qui ont tenu leur conseil national le 5 mars, n’ont pas, sans surprise, été tendres avec l’équipe Benkirane. Les prévisions de croissance en dessous de 2% pour 2016 cristallisent les critiques. «Tous les grands moteurs de l’économie se sont éteints», critique Adil Douiri, président de l’Alliance des économistes istiqlaliens. Pour  l’ex-ministre du gouvernement Jettou, «le PIB croît de 2% quand on reste immobile». Si tout le Maroc décidait de s’en dormir, nous réaliserions ce niveau de croissance, ironise-t-il.
Le quinquennat de Benkirane a été marqué par une décélération de la croissance avec des conséquences fâcheuses sur l’emploi. La variation de la valeur ajoutée non agricole hors inflation se limite à 2,4% en moyenne sur la période 2013-2016. La cadence a diminué de moitié par rapport aux deux périodes précédentes. Conséquence, l’économie formelle crée peu d’emplois, en moyenne 42.000 par an depuis 2012 contre 113.000 postes chaque année entre 2008 et 2011. Vu sous cet angle, les chiffres n’avantagent pas l’équipe gouvernementale. Mais il faudra tenir compte d’autres facteurs comme la conjoncture internationale, le contexte social… pour avoir une analyse plus aboutie. Au crédit du gouvernement, il faudra mettre notamment la réforme de la compensation. Même si pour certains observateurs, la chute des prix du pétrole a été une aubaine et a permis de rendre indolore cette réforme.   
D’une façon ou d’une autre, l’Istiqlal est aussi comptable du bilan du gouvernement puisqu’il y a fait partie pendant 18 mois (2012 à mi-2013). Avec le recul, «le retrait de l’Istiqlal du gouvernement était davantage lié à un problème interne au parti qu’à une question d’orientation gouvernementale ou de méthodologie», commente Mustapha Sehimi, politologue. Entre la décision du retrait des ministres istiqlaliens et leur sortie effective du gouvernement, il s’est écoulé sept mois. «Cela participe d’une volonté, d’une approche extra istiqlalienne destinée à affaiblir le gouvernement», analyse Sehimi. Le climat au sein du gouvernement au début de la législature a, selon Sehimi, favorisé un certain immobilisme. Le gouvernement a ensuite bénéficié d’un environnement plutôt favorable depuis 2014. Cela a permis de résorber le déficit budgétaire et celui du compte courant. La baisse des prix des matières a été bénéfique. Mais l’impact de ce mouvement des prix est atténué par un effet de change défavorable. D’un autre côté, l’économie européenne reste convalescente, ce qui continue de peser sur la demande extérieure adressée au Maroc. La tâche de la prochaine législature devrait consister en grande partie à établir les bases d’une croissance plus robuste, durable et inclusive. L’enjeu est de taille. Aujourd’hui, «le profil de croissance reste globalement médiocre et extrêmement aléatoire», constate Najib Akesbi. Ni le gouvernement actuel, ni le précédent ne trouvent grâce aux yeux de l’économiste. «Le Maroc n’a pas su profiter de la période de croissance soutenue de l’économie mondiale. Nous avions un rythme entre 4 et 5% par an pendant que d’autres progressaient en moyenne entre 7 et 8%».

                                                                 

Verbatim

Adil Douiri, président de l’Alliance des istiqlaliens: «Le gouvernement s’est concentré sur les équilibres macroéconomiques. Il a arrêté tous les moteurs de la croissance».
Gabriel Banon, consultant international: «Avec l’Union européenne, nous avons la fâcheuse idée de penser que les choses nous sont acquises alors qu’il doit y avoir un lobbying important et constant à Bruxelles et plus globalement auprès des institutions internationales les plus importantes».
Najib Akesbi, économiste: «L’économie est en grande partie gangrenée par la logique de la rente, ou alors de l’oligopole ou du monopole… la fameuse concurrence ne joue pas assez»

F. Fa

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