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Evénement

Plans d’urgence contre le chômage
Pire que l’inaction, les stratégies non appliquées

Par L'Economiste | Edition N°:4721 Le 03/03/2016 | Partager
Et aucune réforme sans dialogue social, les avertissements de l’OIT
Pas encore de plan d’action pour la stratégie nationale de l’équipe Benkirane
Elle promet 200.000 emplois par an, des perspectives trop ambitieuses

L’économie marocaine n’a créé que 33.000 emplois nets entre 2014 et 2015, contre 21.000 entre 2013 et 2014. Avec une croissance ralentie, de 1,6% en 2016 (selon les prévisions du HCP), il sera difficile de faire mieux

La crise de l’emploi est exacerbée par l’amplification des inégalités et le chômage va continuer à augmenter dans les années à venir, avertit l’Organisation internationale du travail (OIT). Cette année déjà, le chômage compte dans ses rangs quelque 2,3 millions de personnes supplémentaires. «Et à l’horizon 2017, 200 millions de personnes seront privées d’emploi», indique Guy Ryder, directeur général de l’OIT, lors du 3e Forum international sur les politiques de l’emploi, organisé par le ministère de tutelle marocain, l’OCDE et l’OIT. Des constats alarmants sur lesquels n’a pas hésité à surfer le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, en pleine campagne pré-électorale. Fidèle à ses propos sulfureux, il tance les nantis «de s’être servis en premier ne laissant que des miettes aux défavorisés, créant ainsi un déséquilibre au niveau de l’emploi». Facile de jeter la pierre, alors que la Stratégie nationale de l’emploi (SNE), concoctée par son propre gouvernement, a des objectifs tellement ambitieux qu’ils seraient difficilement réalisables. Et ce, de l’avis même du patronat, invité à créer ces milliers d’emplois imaginés par l’équipe de Benkirane. La SNE prévoit, entre autres, d’améliorer le contenu en emploi de la croissance, avec 38.000 postes par point de PIB, contre 29.000 aujourd’hui, ce qui permettrait 200.000 créations par an. Au regard de la conjoncture actuelle et des tendances qui se profilent, le chiffre semble difficilement réalisable. Entre 2014 et 2015, l’économie marocaine n’a créé que 33.000 postes. La situation ne risque pas d’être meilleure cette année où on prévoit une croissance moindre. Et puis, il ne suffit pas de coucher des stratégies sur papier, mais surtout de les mettre en œuvre, insistent les experts de l’OIT. «L’absence de mise en œuvre des stratégies est pire que l’inaction». Au Maroc, la SNE n’est qu’une compilation de perspectives optimistes, sans aucun plan d’action identifié pour l’heure. Cela n’empêche pas Benkirane d’appeler les experts de l’OIT, de l’OCDE et des ministères de l’Emploi à identifier des solutions révolutionnaires pour rétablir l’équilibre, «sinon, c’est la révolution des peuples qui nous attend».

Avec un taux de croissance mondial de 3%, «on ne peut pas s’attendre à des miracles sans une véritable mobilisation», fait observer Stefano Scarpetta, spécialiste de l’emploi à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Et en réponse aux attentes du Maroc, «une des pistes de relance, c’est bien le dialogue social», insiste Ryder. «C’est même la colonne vertébrale des politiques d’emplois et une partie intégrante de processus de leur mise en œuvre», martèle-t-il, ajoutant qu’il  y a eu de nombreux cas où les processus de réforme ont fait fausse route à cause de l’absence de consultation et de dialogue appropriés. Une sorte d’avertissement aux pays où le dialogue social est au point mort comme cela est le cas au Maroc, ainsi que le rappelle le mouvement de grève générale tenu le 24 février dernier (Cf. notre édition n°4715 du 24 février).

Dans le monde, on estime qu’environ, 1,3 milliard de personnes ne gagnent pas suffisamment leur vie pour sortir de la pauvreté. «A l’inverse, on estime que 1% des plus riches posséderont plus de 50% de la richesse mondiale en 2017 contre 44% en 2009», renchérit Ryder.  Dans cette crise de l’emploi, ce sont évidemment les jeunes travailleurs qui sont particulièrement frappés. Ils ont en moyenne trois fois plus de possibilités d’être au chômage que les adultes; et dans les pays en développement, ils ont une fois et demie plus de probabilité de ne pas quitter la pauvreté. En effet, si dans les pays industrialisés les effets de la crise du travail affectent les travailleurs les moins qualifiés, les migrants, dans les pays du sud et de l’est de la Méditerranée, les difficultés d’insertion se traduisent par un chômage touchant la fraction de la jeunesse la plus éduquée.

Parité, migrants... les parents pauvres

L’autre écart est l’inégalité des chances de travail entre hommes et femmes accentuée par la crise. Dans certains pays, il est de 50% alors que le niveau scolaire des femmes n’a cessé de s’accroître et est parfois même meilleur. Selon les régions, les salaires des femmes sont entre 3 et 35% inférieurs à ceux des hommes. L’Unicef estime que les femmes effectuent 66% du travail mondial, produisent 50% de la nourriture mais ne perçoivent que 10% des revenus. Une autre catégorie est victime du sous-emploi, les migrants. La crise économique a renforcé les migrations de travail entre Etats et très souvent  les travailleurs migrants sont victimes d’abus et d’exploitation. La création d’emplois et opportunités de travail décent est aussi la meilleure option pour traiter les causes originelles de la migration et diminuer les flux de déplacement de populations.

B. B.

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