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Bassima Hakkaoui au Club de L’Economiste
«L'arsenal juridique sera bouclé en septembre»

Par L'Economiste | Edition N°:4720 Le 02/03/2016 | Partager
Lancement du Conseil consultatif de la famille et de l'enfance et de l’Instance nationale de la parité…
La loi-cadre 97.13 relative à la promotion des droits des personnes en situation de handicap adoptée
Le projet de loi sur la violence contre les femmes au point mort

«Plusieurs chantiers lancés au début de mon mandat en 2012 sont aujourd’hui en phase finale», explique Bassima Hakkaoui, ministre de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social (Ph. Khalifa)

«Mon seul objectif est d’achever mon mandat avec le meilleur bilan du ministère». Invitée au Club de L’Economiste, à quelques jours de la célébration de la journée de la femme (et surtout à 7 mois des échéances électorales), Bassima Hakkaoui dresse son bilan de fin de parcours à la tête du département de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social. «Plusieurs chantiers lancés au début de mon mandat en 2012 sont aujourd’hui en phase finale», explique la ministre pjdiste. Sa mission n’a pas été facile, surtout pour un département longtemps stéréotypé, voire conditionné par rapport à la vision d’un parti (voir aussi encadré).

Aujourd’hui, la ministre peut s’enorgueillir d’avoir impulsé la production du plus gros arsenal juridique et de lois adoptées dans l’histoire de son département. «A titre de comparaison, avant mon arrivée à la tête de ce ministère, une seule loi (14-05) a été adoptée en une décennie», précise Hakkaoui. A son actif notamment le lancement de deux institutions constitutionnelles: le Conseil consultatif de la famille et de l'enfance et l'Instance nationale de la parité. «L'article 19 de la nouvelle Constitution, adoptée en 2011, consacre l'égalité des droits et exhorte l'Etat à œuvrer pour la parité à travers la mise en place d'une instance spéciale», insiste Hakkaoui. Autre «avancée majeure», mais qui est passée presque «inaperçue» selon les termes de la ministre, l’adoption au Parlement du projet de loi-cadre 97.13 relatif à la politique publique intégrée pour la promotion des droits des personnes en situation de handicap. «Nous n’avons que cinq lois cadres au niveau national dont celle-ci». Sa spécificité? L’obligation pour le gouvernement d’harmoniser toutes les lois avec cette loi-cadre. Au chapitre des réalisations, Hakkaoui avance également la finalisation du projet de loi relatif à la lutte contre la violence à l’encontre des femmes (présenté en 2013). «Ce texte, aujourd’hui fin prêt, est au niveau du SGG», assure-t-elle. «Les mentalités et spécificités culturelles» constituent les principaux freins à son adoption. «Si ce projet de loi ne réussit pas à passer, ce sera vraiment mon plus grand regret…». Globalement, le département de Hakkaoui compte aujourd’hui 3 lois au Parlement et 2 ou 3 au niveau du SGG en attente de leur adoption. «D’ici septembre prochain, on en aura fini avec l’arsenal juridique», annonce la ministre.

La création de 2 commissions interministérielles (femmes et handicapés), le lancement du prix Tamayuz (excellence) de la femme marocaine et de 2 observatoires (l’un pour la violence contre la femme et l’autre pour améliorer l’image de la femme dans les médias)… figurent parmi les réalisations phares de son mandat. Le quota des femmes et la discrimination positive font partie également des chevaux de bataille de la ministre. Et les chiffres sont là pour en attester. Dans la fonction publique, à titre d’exemple, la part des femmes est passée de 34% (en 2002) à 39,4% cette année. Dans les instances de décision, les femmes représentent aujourd’hui 29% (contre 16% à peine auparavant). Le système de quotas a amélioré également la représentativité des femmes dans les conseils élus. «En 2002-2007, nous sommes passés à 35 femmes au Parlement au lieu de 2 auparavant. Ce qui n’est pas rien», souligne Hakkaoui. En 2011, les femmes représentaient 17% du Parlement (67). «Aujourd’hui, nous ne pouvons pas abandonner le système de quotas car nous en avons encore besoin pour quelques années», explique la ministre. A ses yeux, ce n’est pas un blocage culturel. En fait, il ne s’agit pas d’un problème de mentalités, car la société marocaine fait confiance aux femmes, mais plutôt d’un problème au niveau de l’élite politique. «Les critères de sélection doivent être revus au sein même des partis», martèle la ministre. Mais, c’est aux femmes aussi de s’imposer au niveau des conseils élus, au Parlement, dans les instances de décision… «A ce jour, il y a encore très peu de femmes au poste de secrétaire générale dans des ministères ou de directrice dans la fonction publique», consent la ministre.

Sur le registre des personnes à mobilité réduite, Hakkaoui se félicite aussi du lancement fin 2015 du Fonds d’appui à la cohésion sociale. Ce dispositif vise à accompagner des personnes en situation de handicap pour lancer des projets générateurs de revenus (avec l’aide de l’Anapec). Des dizaines de personnes ont déjà postulé pour bénéficier des financements de ce fonds, doté de 50 millions de DH (avec un plafond de 60.000 DH/personne). Le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, s'est d’ailleurs engagé à porter ce fonds à 1 milliard de DH.
(Voir plus de détails dans nos prochaines éditions) .

Dissonance cognitive

Dès son arrivée à la tête de ce département, longtemps dévolu au PPS (Nezha Squalli, Saïd Saâdi) et à l’Istiqlal (Yasmina Baddou), Hakkaoui a été confrontée à un problème d’image ou d’attentes, conditionnées par des stéréotypes. «Le foulard n’a pas arrangé les choses», confie Hakkaoui. Mais ce problème de «dissonance cognitive» a été dépassé. Avec le temps, cette spécialiste en psychologie sociale a su développer de «bons rapports» avec la société civile. Son expérience sur le terrain (Parlement, associations…) n’est pas étrangère à ses capacités d’adaptation.

Aziza EL AFFAS

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