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Société

Syrie: En direct du front

Par L'Economiste | Edition N°:4719 Le 01/03/2016 | Partager
Un médecin et un journaliste marocains
Comme rares témoins d’une guerre sans fin

 

Dans la province d’Idlib en Syrie, un camp, appelé Liberté, accueille les réfugiés (Ph. Jankari)

Jusque-là tout allait bien. S’envoler du Maroc. Passer les frontières en avion. Faire escale en Turquie et y siroter un thé tranquillement installés à une terrasse. Oui, jusque-là tout allait bien. Même si au fond, ils savaient où ils allaient. Dans un pays en guerre. La Syrie. Théâtre depuis des décennies de l’une des plus grandes tragédies humaines. Pour Zouhair Lahna, chirurgien marocain, ce n’est pas son premier voyage. Mais pour le journaliste Rachid Jankari, c’est la première fois qu’il foule du pied cette terre jusque-là vue de loin. “Sur la frontière entre la Turquie et la Syrie, la puissance du feu nourri de l’aviation russe et les machines de guerre ont obligé les habitants des villages du nord d’Alep à quitter leurs domiciles.

Le chirurgien Zouhair Lahna et le journaliste Rachid Jankari (ancien journaliste à L’Economiste), tous deux Marocains, sont actuellement en Syrie, au nord d’Alep, l’un pour renforcer les équipes des blocs opératoires des hôpitaux encore debout, l’autre pour ramener une réalité de terrain (Ph. Jankari)

Des domiciles tombés en ruine sous l’effet des bombardements”, témoigne le médecin. Aucune trêve. A peine la frontière franchie, c’est le choc. “Deux vans arrivent en trombe suivis par un pickup de l’armée turque. Des femmes, des enfants et des hommes cassés descendent, fatigués, visages livides, habits sales et pieds nus. On a dû certainement leur retirer leurs chaussures pour qu’ils n’essayent plus de fuir. Le tableau est triste et tragique. Et puis descend une grand-mère pliée en deux, en chaussettes, appuyée sur un homme d’une cinquantaine d’années fatigué, qui lui avait mis des sacs en plastique pour protéger ses pieds nus. Alors oui, nous pouvons philosopher sur le nombre de réfugiés et comprendre la capacité des Etats et des sociétés à recevoir ou non des migrants, mais les personnes que nous avons vues dans la déchéance sont des personnes réelles”.

De plus en plus nombreux à fuir les zones de conflit, un nouveau camp de réfugiés est actuellement en construction dans la province (Ph. Jankari)

A tout cela s’ajoutent le froid, le dénuement le plus complet comme une fatale remise à zéro de leur vie, la perte de leur maison, de leurs souvenirs, de leur quotidien. Et l’image de ces enfants tremblotants, de ces nourrissons emmitouflés, cachés dans les bras de femmes aux visages fatigués et aux habits souillés. Alors ces 2 témoins marocains sont à l’œuvre, l’un pour ramener une réalité de terrain, l’autre enchaînant les opérations dans les hôpitaux encore debout de la province d’Idelb en Syrie. Zouhair Lahna est un habitué des causes perdues. Son centre Injab à Casablanca, fermé pour raison administrative, était voué à porter secours aux réfugiés au Maroc. Un projet malheureusement tué dans l’œuf.
Stéphanie JACOB
 

 

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