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    Tribune

    Sauvegardons notre outil de raffinage!
    Par Omar ElFetouaki

    Par L'Economiste | Edition N°:4692 Le 22/01/2016 | Partager

     

    Lauréat de l’ISCAE, Omar Elfetouaki est un ancien responsable au sein du ministère de l’Energie et des Mines. Il est actuellement consultant dans le domaine de l’énergie

    La torche de la Samir cesse de brûler. Le symbole de la fierté de l’industrie pétrolière du Maroc disparaît subitement.
    Personne ne pouvait deviner ni  augurer de l’événement qui allait secouer le secteur des hydrocarbures au Maroc. Car, c’est quand même étonnant de voir une raffinerie vouloir arrêter son activité à cause de problèmes financiers, au moment où toutes les raffineries du monde connaissent une véritable embellie après l’effondrement des cours de baril de pétrole! Lors de sa privatisation, le contrat de vente procurait à la raffinerie un modèle de gestion presque unique au monde: elle avait le monopole des livraisons de produits pétroliers raffinés et bénéficiait d’un coefficient d’adéquation lui permettant d’amortir les fluctuations des niveaux des prix des produits raffinés sur le marché international. En contrepartie, la Samir devait investir pour améliorer le rendement des unités de raffinage visant à atténuer son déficit en gazole et garantir des produits pétroliers raffinés répondant aux spécifications internationales. Or ce n’est qu’en 2010 que le complexe hydrocraqueur sera mis en service.
    La société Corral avait promis d’apporter des mille et des cents. On espérait avoir un outil de raffinage pérenne et un approvisionnement sécurisé des aléas du marché international. Hélas rien de cela ne se produisit. La Samir qu’on croyait avoir une indéfectible assise financière s’est avérée n’être qu’un colosse aux pieds d’argile : les droits de douane  non payés se montent à 13 milliards de dirhams, le crédit bancaire à 10 milliards de dirhams  et le montant des divers impôts non payés s’élève à 1,5 milliard de dirhams. Du jamais-vu!! Même la promesse d’un apport en devises n’a toujours pas été honorée.
    Maintenant ce qui est fait est fait, la raffinerie est à l’arrêt. Les livraisons des produits pétroliers raffinés sont suspendues, le personnel de la Samir est inquiet de son avenir. Il faut se rendre à l’évidence que l’intransigeance n’a jamais payé. «Quand le vin est tiré il faut le boire» disait Paul Stevens. L’enjeu est très important.

    Le maintien de la raffinerie sur le territoire national est essentiel pour assurer la sécurité d’approvisionnement du pays en produits pétroliers. Et chacun  de nous doit prendre conscience que l’alternative d’une disparition de la raffinerie au Maroc peut se révéler dramatique (Ph. L’Economiste)

    Par conséquent, il est judicieux de négocier calmement avec le management de la Samir pour la réouverture de la raffinerie. Le maintien de la raffinerie sur le territoire national est essentiel pour  assurer la sécurité d’approvisionnement du pays en produits pétroliers. Et chacun  de nous doit prendre conscience que l’alternative d’une disparition de la raffinerie au Maroc peut se révéler dramatique : le pays sera alors à la merci des importateurs qui peuvent imposer des contraintes de prix en agissant eux-mêmes sur le calendrier des importations. Le litige qui oppose  récemment une société de distribution des produits pétroliers et la direction générale de la RAM, sur le problème du prix du kérosène, est un exemple édifiant.
    «A quelque chose malheur est bon». On reviendra à  nouveau à la table de négociation pour  rediscuter les termes de l’accord de privatisation de la Samir. On essayera de trouver une solution à ses problèmes financiers  et d’arrêter une  nouvelle stratégie d’approvisionnement du pays en produits pétroliers. Cette stratégie définira la quote-part des livraisons Samir et celle des importations à réaliser par le secteur de la distribution pour les besoins du marché national.
    Il est certain que notre politique énergétique se focalise actuellement sur les énergies renouvelables qui ne sont pour le moment qu’un apport d’appoint pour nos besoins énergétiques actuels. Cependant,  nous  continuerons à avoir un grand besoin des énergies fossiles pour l’économie nationale. Pour ce faire, nous devons d’une main, sauvegarder notre outil de raffinage et développer davantage la recherche pétrolière tout en brodant de l’autre main,  notre réseau des énergies renouvelables qui resteront un atout stratégique pour la deuxième moitié du vingt-unième siècle.

     

    Une mission sans vision

    Privatisée en 1997 et après 18 ans de loyaux services, l’unique raffinerie du pays s’est brusquement arrêtée au début du mois d’août 2015. Devant ce problème qui allait compromettre l’approvisionnement du pays en produits pétroliers, le ministère chargé de l’Energie et des Mines estime n’avoir aucun rôle à jouer pour rétablir la situation. Le ministre semble ignorer sa mission, qui constitue au fait  la raison d’être de ce département. La fermeture de la raffinerie révèle un manque de vision claire sur le secteur des hydrocarbures au Maroc. La Samir devrait continuer son activité de raffinage et régler, dans la foulée, ses problèmes financiers. De son côté, l’Etat ne devrait pas  empêcher l’accostage des bateaux de pétrole brut destinés à la raffinerie. Bien que le secteur de la distribution des produits pétroliers ait fait montre de sa compétence et de son savoir-faire pour combler le déficit  occasionné par l’arrêt de la raffinerie, le problème risque de se poser avec acquitté; si qu’à Dieu ne plaise, la fermeture  de la raffinerie perdure.
     

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