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    Tribune

    Après la COP21 de Paris, rendez-vous à Marrakech

    Par L'Economiste | Edition N°:4680 Le 05/01/2016 | Partager

    L’accord de Paris de la COP21

    Diplômé de Sciences Po Montréal, Brahim Fassi-Fihri est président-fondateur de l’Institut Amadeus. Amadeus organise chaque année les MEDays de Tanger (Ph L’Economiste)
     

    assure le principe de différenciation entre les pays, aux réalités et aux possibilités différentes:
    - Les  développés, qui ont une responsabilité majeure dans la dégradation climatique;
    - Les émergents et pollueurs, comme la Chine et l’Inde;
    - Les producteurs et fortement dépendant des ressources fossiles, comme les pays du Golfe ou le Venezuela;
    - Les pays en développement, aux attentes socioéconomiques légitimes et en droit d’accéder à l’énergie la moins coûteuse;
    - Les nations dont la survie même est en jeu, telles que les petits Etats insulaires du Pacifique ou des Caraïbes.    
    Néanmoins, il ne s’agit pas encore d’un véritable «Programme climatique mondial», précis, opérationnel et juridiquement contraignant, qui assure, de manière irréversible, le passage aux actes. L'histoire du multilatéralisme nous apprend qu'entre l'adoption de principes puissants, comme ce fut le cas à Paris, et la mise en œuvre effective sur le terrain, le chemin est long et peut-être parsemé d'embûches.
    La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques demeure une enceinte soumise aux rapports de forces entre Etats. Elle reste, par définition, un instrument intergouvernemental au service de politiques nationales égoïstes.

     Ce rendez-vous «n’est pas et ne peut plus être celui des Sommets et des Conférences que la Communauté des Nations inscrit régulièrement dans l’agenda des relations internationales» disait le message du Souverain marocain à la COP21. SM le Roi, ici avec  Ali Bongo du Gabon, dans le hall de la conférence. Paris a effectivement donné  un  souffle nouveau et provoqué des avancées majeures. Néanmoins, l’effort collectif doit être poursuivi et précisé concrètement dans une mise en œuvre effective et efficiente (Ph. AFP)

    Les 29 articles de l’Accord n’arrêtent pas de mécanisme précis de contrôle, et encore moins de sanction, contrairement au Protocole de Kyoto: le volet coercitif a empêché la ratification par les Etats-Unis. Des pays en sont sortis: Canada, Russie, Japon, Australie…
     Le succès de Paris est certainement le résultat d’un momentum international unique et d’une action diplomatique méritoire. La prise de conscience collective et la forte sensibilisation des opinions publiques, y compris en Chine, ont fait le reste.
    L’Accord comporte de nombreuses obligations juridiques.   Chaque pays doit volontairement établir une liste, la mettre en œuvre et la réviser à la hausse tous les cinq ans à partir de 2020, dans le but d’atteindre les objectifs chiffrés fixés dans l’Accord.
    L’Accord de Paris prévoit également la création d’un mécanisme de transparence, à travers la mise en place d’un comité d’experts qui aura pour objectif de vérifier les informations transmises par tous les Etats (développés et en développement) et leurs progrès en matière de réduction des émissions. Cette obligation de transparence consacre la règle du «name and shame» conduisant les Etats à respecter leurs engagements: leur crédibilité et leur respectabilité sont en jeu, en particulier vis-à-vis des opinions publiques.
    La COP22 aura lieu à Marrakech en novembre 2016. Elle sera cruciale dans l’implémentation et le suivi de l’Accord de Paris, notamment à travers la définition des outils et mécanismes devant contraindre les Parties à respecter, à partir de 2020, les engagements de Paris. Le Maroc a une crédibilité internationale pour prendre le relais et le flambeau de la France, afin de concrétiser et viabiliser les espoirs nés de la COP21. Marrakech définira le chemin et devra s’assurer que tout le monde l’emprunte.

     

                                                                    

    Les principes de la «justice climatique»

     

    L’Accord de Paris semble combiner, à travers la «justice climatique», les intérêts nationaux divergents par des traitements différenciés, selon les possibilités de chacun. Il promet  des aides financières et des transferts de technologies vertes aux pays en développement pour qu’ils puissent assurer transition énergétique et industrialisation.
    Le principe de la compensation financière, à travers lequel les pays en développement pourront  réduire leurs émissions (ici une violente tempête en Asie dont les pauvres sont les premières victimes);
    Mais aussi la compensation financière  assurera leur adaptation et  permettra aux PVD, potentiellement pénalisés par des efforts qui nuiraient à leur émergence.
    L’enveloppe annuelle prévue est de 100 milliards de dollars, distribuée à partir de 2020, par les pays développés, premiers responsables du réchauffement climatique.

     

    Méthode historique

    L’Accord de Paris (qui entrera en vigueur  le 22 avril 2016 avec une ratification par au moins 55 pays représentant au moins 55% des émissions mondiales) est le premier accord sur le climat à caractère universel et global.
    L’Accord assure un tournant majeur en fixant une trajectoire pour maintenir le plafonnement du réchauffement climatique, d’ici la fin du siècle, à 1,5 degré, en dessous des 2 degrés évoqués jusqu’alors. Il détermine des points d’étape à travers une entrée en vigueur en 2020, des clauses de révision tous les cinq ans et enfin, fixe un rendez-vous majeur, à partir de 2050, pour le «bas carbone» en programmant le déclin des énergies fossiles polluantes. L’Accord établit donc un cadre et une architecture pour réduire collectivement et durablement les émissions à effet de serre, demande impérative pour sauvegarder la planète et protéger l’Humanité.
    L’Accord de Paris est une percée historique qui consacre une volonté collective et universelle, dont les acteurs doivent être félicités.

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