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Prix de L’Economiste

Prix de L’Economiste: Sur les traces de nouveaux métiers

Par L'Economiste | Edition N°:4667 Le 14/12/2015 | Partager
Objectif: résorber les années de retard par rapport aux évolutions internationales
Miser sur des filières pointues pour préparer les métiers de l’avenir
Daoudi plaide pour l’anglais comme langue des sciences, mais esquive la polémique français-arabe

Lahcen Daoudi, ministre de l’Enseignement supérieur, a réagi sur la polémique autour des langues d’enseignement, à l’origine du clash entre Abdelilah Benkirane et Rachid Benmokhtar. Il a expliqué que le chef du gouvernement a reproché à son ministre de ne pas l’avoir informé avant de prendre cette décision (Ph. Bziouat)

Le Prix de L’Economiste, concours primant les meilleurs travaux de recherche, a célébré son 11e anniversaire jeudi dernier, dans les locaux du Musée Mohammed VI des arts modernes et contemporains à Rabat. La traditionnelle allocution d’ouverture de cette cérémonie a été donnée cette année par Lahcen Daoudi, ministre de l’Enseignement supérieur. Une occasion pour re-pointer les faiblesses du système éducatif national, et faire le point sur les pistes de réforme défendues par Daoudi. Celui-ci reconnaît l’échec de l’école marocaine dans l’épreuve de la qualité. «Nous sommes responsables de la production du chômage. Et les étudiants sont victimes de l’offre éducative en place», a concédé le ministre. Il n’a pas hésité à qualifier de «crime», l’affectation de «chômeurs directement dans les écoles pour assurer l’enseignement des jeunes élèves». Aujourd’hui, le Maroc doit savoir négocier le nouveau virage de l’offre d’enseignement. Lahcen Daoudi en est conscient. Et pour lui, la recette est toute simple: «Nous n’allons pas réinventer la roue. Il suffit d’observer les meilleures expériences internationales et les adapter au contexte marocain». Car, «il ne faut pas laisser l’écart se creuser davantage», a-t-il dit. Désormais, les responsables du département de l’Enseignement supérieur s’inscrivent dans une logique prospective. «Nous essayons de suivre l’évolution des nouveaux métiers en Europe, afin d’éviter les énormes retards, qui font que lorsque nous décidons de lancer une formation dans un domaine, il est déjà dépassé à cause de l’évolution rapide du monde scientifique», a expliqué le ministre. Parmi les nouvelles filières identifiées, nous retrouvons des créneaux liés aux nouvelles technologies. C’est le cas notamment de l’internet des objets ou encore le big data. D’ailleurs, «une réflexion a été menée en partenariat avec l’Université Al Akhawayn pour déterminer sur quel créneau nous pouvons travailler». C’est dans cette logique de développement de nouvelles filières, répondant aux nouveaux besoins des entreprises, mais également à la nécessité de mettre à niveau les méthodes d’éducation, que s’inscrit le programme de généralisation des tablettes aux étudiants, selon le ministre. Il a indiqué que les universités et les cités universitaires seront connectées au réseau de wifi haut débit. L’idée est «d’aider les étudiants à se prendre en charge et de ne plus se contenter de réciter ce qui est présenté dans les cours», a-t-il noté. Désormais, le système éducatif doit entrer dans une nouvelle ère. «Finie la période de la blouse blanche et de la craie», a-t-il martelé. Aujourd’hui, «les cours à distance se développent partout dans le monde». Mieux, «dans l’avenir, nous ne savons pas si les diplômes universitaires auront toujours une valeur face à ceux fournis par certaines grandes multinationales comme Microsoft», a estimé Daoudi. C’est pour cela qu’il est «décisif que les étudiants maîtrisent les outils technologiques ainsi que la langue anglaise», a-t-il ajouté. D’ailleurs, le ministre a estimé qu’au-delà de la polémique autour de l’enseignement des matières scientifiques en français ou en arabe, il est nécessaire de prendre conscience que c’est l’anglais qui est la langue des sciences. Et aujourd’hui, le constat est sans appel: «Plusieurs étudiants ne maîtrisent ni l’arabe ni l’anglais», a reconnu le ministre de l’Enseignement supérieur. Il a appelé les universités à s’inscrire dans cette nouvelle logique. Car, actuellement, «plusieurs étudiants quittent la fac parce que les filières sont standardisées. Nous trouvons des filières avec des dénominations différentes au niveau de plusieurs facultés, mais le contenu de l’enseignement reste le même», de l’avis du ministre. C’est pour cela que «les universités doivent diversifier leur offre en misant sur des cursus spécialisés». Daoudi a donné l’exemple de la France où le ministère de l’Enseignement supérieur a mis en place une liste de masters spécialisés dans laquelle les universités peuvent puiser.

Formations ciblées

«Je conseille aux étudiants qui veulent s’inscrire dans les facultés de pharmacie de se spécialiser dans les filières industrielles. Car le marché des pharmaciens d’officine est saturé». Lahcen Daoudi a été on ne peut plus clair. Pour lui, l’orientation des étudiants, notamment boursiers, doit répondre aux besoins urgents du pays. C’est cette logique qui sera appliquée dans la répartition des bourses accordées par certains pays dans le cadre de la coopération internationale. «Actuellement, nous sommes en train de renégocier la nature des bourses en fonction de nos priorités», a expliqué le ministre. Il a fait savoir que plusieurs pays sont intéressés par des doctorants marocains, y compris l’Inde, le Canada, l’Afrique du Sud, Singapour… Cela est d’autant plus important que les étudiants continuent de postuler dans des universités en Europe de l’Est, dont l’Ukraine, notamment dans des spécialités comme la médecine ou la pharmacie. Mais à leur retour, se pose l’épineux problème des équivalences, dont la réglementation a été renforcée. D’où l’importance de cette réorientation des étudiants vers des pays qui offrent des formations plus pointues, parallèlement au développement d’une offre locale de qualité, grâce notamment à l’implantation au Maroc de grandes écoles françaises ou américaines.

                                                                 

Verbatim

■ «Les propriétaires des chaînes de TV  ne laissent pas le gouvernement s’exprimer comme il le voudrait. Ils ne nous donnent que quelques minutes par-ci par-là»
■ «Nous avons habitué nos enfants à la gratuité. Cela commence à la famille. Aujourd’hui, il est temps de renverser la tendance et les pousser à se prendre en charge»
■ «Nous avons fait des crimes en introduisant des chômeurs directement dans les classes»
■ «Nous sommes responsables de la production du chômage. Les étudiants sont victimes de la formation qu’on leur donne»
■ «Le chef du gouvernement a interpellé Rachid Benmokhtar parce qu’il n’a pas demandé son avis sur la question des langues d’enseignement. Pour moi, aujourd’hui, c’est l’anglais qui est la langue des sciences»
■ «Il ne faut pas passer à côté des vrais problèmes. Nous ne pouvons pas faire l’économie de créer de nouvelles classes et de mieux former les enseignants».

M. A. M.
 

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