×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Enquête

    Entre pauvreté et enclavement, Guercif rêve d’une seconde chance

    Par L'Economiste | Edition N°:4566 Le 10/07/2015 | Partager
    Les travaux de voirie et d'une double voie la reliant à Nador ont déjà démarré
    Al Omrane Fès lance son méga-chantier de restructuration urbaine
    Une province encore très pauvre en dépit de ses ressources naturelles

    La régionalisation avancée offrira certainement

    A Guercif, les opportunités d’emploi sont très rares pour ne pas dire inexistantes. La ville compte seulement 16 unités industrielles qui emploient près de 2.300 ouvriers. L’aménagement d’une nouvelle ZI et la création d’une connexion directe et rapide avec Nador West Med pourraient bien changer la donne

    de grandes opportunités de développement pour les populations des petites villes. Il en est ainsi pour la province de Guercif et ses 90.880 habitants (RGPH 2014). Cette jeune circonscription territoriale, créée il y a 4 ans, fait partie aujourd’hui de la région Taza-Al Hoceima-Taounate. Mais, bientôt, elle sera ralliée à l’Oriental, et surtout au train de développement que connaît cette zone florissante du Royaume. Les autorités se préparent à un repositionnement stratégique et pluridisciplinaire de Guercif qui, selon son gouverneur, Othmane Souali, «dispose de tous les atouts pour connaître un bel avenir».

    Aménagé dans le cadre de l’Initiative nationale pour le développement urbain pour une enveloppe de près de 800.000 DH, ce jardin est connecté gracieusement au réseau wifi. C’est un lieu de rencontre pour les jeunes

    En effet, cette province occupe une position géographique et stratégique de premier plan. Relais entre l’Est et l’Ouest, elle est délimitée au Nord par les provinces de Nador et Driouach, à l’Ouest par la province de Taza, à l’Est par la province de Taourirt et au Sud par la province de Boulemane. Ce positionnement sera certainement valorisé par la future connexion directe et rapide avec Nador. En fait, une double voie, reliant Guercif au port Nador West-Med est en projet. Une fois réalisée, cette autoroute améliorera l’attractivité économique de cette province qui est aussi à vocation agricole (réseau hydrographique important, céréales, oliviers…), mais qui reste très pauvre.

    Les travaux de mise à niveau urbaine de Guercif sont appuyés par le département de Nabil Benabdallah. Le ministère de l’Habitat est partenaire dans plusieurs projets dont notamment l’aménagement de voirie. A ce titre, la troisième tranche de ce programme est en cours de finalisation. Elle a nécessité plus de 24,6 millions de DH d’investissement

    En ce sens, l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) a financé, entre 2005 et 2015, plus de 408 projets pour la bagatelle de 163 millions de DH. Pour les opérateurs économiques, l’ouverture de Guercif sur la mer offrira d’innombrables opportunités en termes de temps et de coût de livraison.

    Le méga-projet du pôle urbain de Guercif, confié à la société Al Omrane, s’étale sur 400 ha. L’aménageur-développeur étatique y prévoit des lots de terrains, des logements et une nouvelle zone industrielle... afin de promouvoir l’activité économique. C’est une tâche très épineuse, mais à laquelle la population adhère en masse. Le recasement de 700 ménages de douar Lil se fait au fur et à mesure de la destruction des baraques. Il s’est avéré d’un énorme succès dès son lancement

    Actuellement, la province compte seulement 16 unités industrielles. Onze d’entre elles opèrent dans le secteur du textile et habillement. Elles emploient près de 2.300 personnes et réalisent un chiffre d’affaires de près de 100 millions de DH, dont plus de 95% à l’export. «Nous avons des sous-traitants de Massimo Dutti, Promod et autres...», affirme le responsable de la province. L’industrie agroalimentaire ainsi que la mécanique-métallurgie sont représentées respectivement par 3 et 2 unités. La première comptabilise 31 postes d’emploi et une recette de 8 millions de DH.

    De nouvelles constructions en remplacement des anciennes baraques. Certes, la population de Guercif est pauvre, mais adhère peu à peu au changement et à la vision du conseil de la ville et des autorités qui veulent édifier une véritable agglomération urbaine

    L’autre secteur engage 72 salariés et son chiffre d’affaires est estimé à plus de 270 millions de DH. Ces chiffres pourraient bien être dopés grâce à un gigantesque programme de restructuration urbaine. Les composantes essentielles de celui-ci sont basées sur l’éradication des bidonvilles, l’aménagement de centres économiques, ou encore la création d’une zone industrielle. Baptisé le «Projet du pôle urbain de Guercif», ce méga-chantier est confié à la société Al Omrane Fès (SAO). Lancé en 2011, il vise, en gros, le développement socioéconomique de la province.

    Paysage de désolation, scène de guerre, une fillette de 4 ans hagarde, au regard perdu...Non, ce n’est pas une photo de post-bombardement en Syrie, mais bien un coin de Guercif, une des provinces les plus pauvres de la région de Taza-Taounate-El Hoceima. Le taux de vulnérabilité de sa population est de 21%, selon les données du HCP, qui ont pris pour année de référence 2007

    Ceci, à travers notamment la résorption de l’habitat insalubre dans le cadre du programme ville sans bidonvilles (VSB). «Programme qui concerne plus de 8.063 ménages (40.000 âmes) dans la ville de Guercif, soit près de la moitié de la population», souligne le gouverneur. Même son de cloche auprès de Mehdi Sebti, directeur général de la SAO-Fès, pour qui «ce projet est l’un des plus importants de son établissement au niveau de la région». «Il s’inscrit dans la ligne des métiers d’Al Omrane et émane d’une requête locale à finalité sociale», renchérit Sebti.
    Pour rappel, Guercif est la dernière ville inscrite au programme VSB, en 2011.

    A Guercif, selon les données monographiques, ce sont 90.880 âmes qui y vivent. Pour «gérer» tout ce petit monde équivalent d’une commune urbaine, un pachalik, deux arrondissements urbains, deux cercles et sept caïdats, en plus de neuf communes rurales de plus de 120.000 habitants. En matière d’agriculture, la province de Guercif a une vocation agro-pastorale de premier ordre. En effet, ce secteur constitue la principale ressource économique de la population rurale. La superficie agricole utilisable est estimée à 113.030 ha, soit 15,5% du territoire de la province. Les exploitations agricoles sont de l’ordre de 12.550, dont une majorité de petite taille (inférieure à 5 ha). Elles produisent les céréales (24.000 tonnes), les légumineuses (600 tonnes), l’arboriculture  (40.000 tonnes dont la moitié est en olivier), le fourrage (43.000 tonnes) et le maraîchage (2.500 tonnes)

    Vu l’ampleur de ce phénomène, surtout dans une ville très pauvre et où les opportunités d’emploi sont très rares, voire inexistantes, les pouvoirs publics ont fixé 2020 pour déclarer Guercif ville sans bidonvilles. Ainsi, l’expertise de l’aménageur-développeur étatique est associée à la vision de l’administration locale dans le but d’assurer un développement harmonieux et inclusif à l’horizon 2020. «Notre projet contribue à l’adéquation entre l’offre et la demande en logement, et vise la création d’une extension maîtrisée de la ville, en veillant au respect du plan d’aménagement», explique le management de la SAO. «Créer des sites industriels adaptés à la demande des investisseurs et générer un processus de développement économique et des possibilités d’emploi, font partie également de nos missions», conclut Sebti.
    Youness SAAD ALAMI
    (Ph; YSA)

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc