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    Enquête

    Comment le réseau d’irrigation dans l’Oriental a succombé à 40 ans d’usure

    Par L'Economiste | Edition N°:4556 Le 26/06/2015 | Partager
    Le périmètre de la Moulouya, premier à en pâtir
    Un linéaire de 1.689 km pour répondre aux besoins de 65.000 ha agricoles
    Plusieurs réseaux tertiaires détériorés, les budgets maintenance à revoir

    D’importants budgets

    L’irrigation du périmètre de la Moulouya est assurée par une infrastructure hydro-agricole composée de canaux principaux, secondaires et tertiaires. Un réseau hydrographique constitué de collecteurs et colatures assure l’assainissement et la protection du périmètre contre les eaux de ruissellement provenant des bassins versants

    ont été alloués aux infrastructures de base et aux équipements du périmètre irrigué de la Moulouya. Des subventions qui ont fait de ce périmètre l’un des plus performants au niveau national. Mais l’usure a ses lois et il est temps d’octroyer plus de crédits à la maintenance des réseaux d’irrigation qui sont devenus vétustes après 40 ans d’utilisation. L’irrigation du périmètre de la Moulouya est assurée par une infrastructure hydro-agricole composée de canaux principaux, secondaires et tertiaires. Un réseau hydrographique constitué de collecteurs et colatures assure l’assainissement et la protection du périmètre contre les eaux de ruissellement provenant des bassins versants. Au canevas hydraulique est associé un réseau de pistes agricoles facilitant la circulation à l’intérieur des secteurs et l’évacuation des cultures industrielles. Nonobstant, les fuites d’eau de certains canaux (mal en point) leur portent préjudice ainsi qu’aux riverains.
    Le périmètre de la Moulouya est desservi à partir du complexe hydraulique -barrage Mechrâa Hammadi et barrage Mohammed V- par deux canaux principaux. Le canal de la rive droite (d’une longueur de 155 km et d’un débit en tête de 18 m3/s, réduit à 14,5 m3/s)  et  le canal de la rive gauche ( d’une longueur de 133 km et d’un débit en tête de 17 m3, réduit à 13 m3). «Les raisons principales de la diminution de la débitance des canaux principaux sont essentiellement dues au dysfonctionnement de l’appareillage hydromécanique de régulation et l’augmentation de la rugosité de leurs parois», précisent des techniciens à l’ORMVAM.
    La totalité des exploitations du périmètre irrigué de la basse Moulouya (65.000 ha) est desservie par un réseau secondaire et tertiaire pour l’irrigation gravitaire et par un réseau de conduites souterraines pour l’aspersion. Le linéaire du réseau de distribution est de 1.406 km en gravitaire et 273 km en aspersion, soit un total de 1.689 km. Toutefois c’est un réseau qui date de plus de 40 ans et cause préjudice aux agriculteurs des zones périphériques.

    Alors que la consommation énergétique des stations de pompage et les prix de revient  ont doublé (en 10 ans) l’agriculteur ne débourse qu’une faible différence (4 centimes/m3). Un privilège pour un périmètre qui se veut performant
    Source ORMVAM

    C’est le cas pour les secteurs 33 et 34 du haut service/109 d’Ahfir (Trifa). Des agriculteurs qui se plaignent du faible débit des eaux d’irrigation, de la canalisation fragile, des eaux qui n’arrivent pas à temps et du prix élevé. «On paie 80 DH/heure alors que dans d’autres zones c’est presque la moitié. De plus le débit qui nous arrive est faible (au lieu de recevoir 30 l/s il ne leur arrive que 20 l/s), ce qui nous sanctionne doublement et ne nous permet pas d’être compétitifs à cause des prix de revient élevés» explique une dizaine d’agriculteurs de cette zone. Raisonnement qu’atténuent les responsables de l’ORMVAM qui précisent que le prix élevé est dû à l’éloignement et à la hauteur de ces zones qui ont besoin de plus d’énergie (en stations de pompage)  pour que l’eau leur arrive. De plus ces eaux sont subventionnées.
    «En cas de requête ou de plainte pour mauvaise distribution ou faible débit, on constitue des commissions qui se chargent d’appliquer les directives d’équité et de gestion adéquate. Les responsables de ces réseaux sont réactifs à ces requêtes car l’état octroie des budgets pour que le plan Maroc vert réussisse», précise Aziz Bellouti, Directeur de l’ORMVAM  et d’enchaîner «L’indicateur important qui témoigne de la qualité du service est le taux de recouvrement qui est de 97%. L’un des plus importants au niveau national. De fait, l’Office a l’obligation de réussir sa tâche».
    De son côté Abdellatif Al Ghali, chef responsable du réseau de distribution note qu’il y a plusieurs causes derrière les plaintes des agriculteurs: vols d’eau, fuite d’eau, débit faible à partir du barrage dans certains cas. «En cas d’urgence, on équilibre la dotation entre les zones pour répondre aux requêtes. De plus, le suivi de ces réseaux est soumissionné via des marchés cadres. On exige à ce que les sociétés qui ont pris les marchés soient disponibles à tout moment et remédient  aux plaintes contre le matériel défaillant en moins de 48 H».  Quant au prix de l’eau il est mentionné dans le bulletin officiel et ne recouvre pas le prix de revient car il est subventionné par l’Etat. Depuis 2009, le rattrapage tarifaire n’a pas été appliqué et oscille entre 0,55 DH/m3 et 0,67 DH/m3.

     

                                                                                 

    Le talon d’Achille

     

    Plusieurs réseaux tertiaires sont dans un état délabré et nécessitent des budgets consistants pour les renouveler et éviter des pertes considérables en eau

    L'infrastructure hydro-agricole du périmètre irrigué de la Moulouya est dans un état de vétusté avancé. Un constat dû à plusieurs facteurs. Plus de 50% du linéaire du réseau d’irrigation a été réalisé il y a plus de 40 ans. De même, le niveau de maintenance et d’entretien laisse à désirer, à cause de l’insuffisance des crédits alloués à ces opérations. Ces budgets restent faibles par rapport aux normes usuelles et aux objectifs fixés et dénotent de la persistance de la sous maintenance des ouvrages hydrauliques. Ils sont ainsi gérés de façon à donner les priorités aux ouvrages les plus endommagés. il suffit de préciser que pour 2015, les besoins budgétaires ont été arrêtés à 45 millions de  DH, alors que les crédits accordés ne dépassent pas 18 millions de  DH. Par ailleurs, ce périmètre est soumis à des inondations fréquentes, provenant des bassins versants limitrophes, causant des dégâts considérables sur les équipements hydro-agricoles. L’insouciance de certains agriculteurs et riverains en est aussi une cause. Les subventions allouées au programme de réhabilitation des canaux principaux d’irrigation (la longueur globale dépasse 288 km) ne répondent pas aux études techniques réalisées.
    Une première étude (2006)  préconisait 326 millions de DH pour moderniser le réseau. Seuls 47 millions de DH ont été débloqués. Idem pour le programme de réhabilitation des réseaux d’irrigation sur la base des études réalisées en 2011 et 2013. Elles prévoyaient  63 millions de DH pour se remettre au diapason. Or seuls  20 millions de DH ont été accordés. Pis encore, les crédits arrêtés à 30  millions de DH pour 2015 ont été annulés.

     

    L’irrigation localisée
    économise 30 millions m3/ an

     

    vide

    20.000 hectares ont été convertis en irrigation localisée, jusqu’à la fin mai 2015. Ce qui représente 30% de l’ensemble du périmètre irrigué de la Moulouya. De même, 14.747 hectares ont bénéficié de subventions accordées par le ministère de l’Agriculture dans le cadre des fonds de développement agricole. 146 autres projets sont en phase de réalisation et s’étendent sur une superficie de 1419 hectares. De tels projets permettent d’économiser 30 millions m3/an. Une performance de grande valeur  pour une région semi-aride. Sur le plan financier 783 millions de DH est la somme débloquée pour accompagner 1535 projets réalisés dans ce cadre. La contribution de l’état s’élève à 499 millions de DH.

     

    Les aiguadiers pointés du doigt

     

    Les tours d’eau sont programmées à l’avance et requièrent un suivi rigoureux de la part des aiguadiers qui dévient les cours d’eau via des vannes qui contrôlent le débit et l’alimentation

    Les gardiens des rivières et des canaux d’irrigation, aiguadiers, jouent un rôle important dans la bonne gestion des tours d’irrigation. Ce sont eux qui assument la responsabilité de fermer ou d’ouvrir les vannes des rivières ou de les dévier de manière illégale. Une inattention de leur part engendrera des conséquences néfastes sur la qualité des cultures. Certains inconscients préméditent des retards pour réprimander les agriculteurs qui ne leur accordent pas des faveurs. Il arrive aussi qu’ils soient capricieux et oublient carrément de changer la direction des vannes ou d’accorder le débit nécessaire. Un retard de quelques heures peut décimer une culture qui arrive à point. De plus, une fois le tour d’irrigation passé, l’agriculteur doit attendre une quinzaine de jours. Des situations qui nuisent à tous les efforts consentis pour faire de l’agriculture un levier de croissance.
    Un tel constat nécessite des contrôles inopinés des responsables du réseau de distribution et des réunions permanentes avec les agriculteurs pour dissiper tous les malentendus.

     

                                                                               

    Stations de pompage
    ou l’interconnexion hydraulique

     

    La station de pompage 1er Etage est implantée sur le canal principal de la rive droite. Elle refoule dans deux conduites parallèles qui débouchent dans le canal 1er étage. Elle comprend aussi des armoires variateurs de vitesse

    Rien qu’alimenté gravitairement en eau d’irrigation depuis le barrage de Mechraâ Hammadi, le périmètre de la Moulouya compte plusieurs secteurs servis au moyen de stations de pompage de relevage ou de mise en pression tels les périmètres du Garet et les BG2-3. Les stations de pompage du périmètre de la Moulouya sont au nombre de 13, dont 4 au niveau de la rive gauche de l’Oued Moulouya et 9 pour la rive droite.
    La station principale du Garet permet le relevage des eaux d’irrigation depuis le canal de la rive gauche vers le canal du Garet, et trois stations de mise en pression, SP1 SP2 et SP3, pour desservir les secteurs 1, 2 et 3 en aspersion. Les quatre stations de pompage de cette rive desservent 13.500 ha. Quant à la station de pompage de la rive droite (1er Etage), elle est une station de relevage. Elle refoule dans deux conduites parallèles qui déblaient les stations de pompage du 2ème étage. Une technique dupliquée, via plusieurs canaux et stations pour assurer  le refoulement d’eau jusqu’au 4e étage (pour irriguer les parcelles élevées).

     

    Ali KHARROUBI  

     

     

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