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    Régions

    Fès éclairée par… ses déchets!

    Par L'Economiste | Edition N°:4554 Le 24/06/2015 | Partager
    30% de l’éclairage public assurés grâce à la valorisation du biogaz
    Le Conseil communal parle d’une première au Maroc et en Afrique
    La centrale bioélectrique produira 5 mégawatts à terme

    Située sur la route de Sidi Harazem, la décharge publique contrôlée de Fès s’étale sur une superficie de 110 ha et répond aux critères de «production propre» et de respect de l’environnement. Sa centrale de biogaz produit actuellement 1.128 kW de puissance électrique

    C’est une première. Une bonne partie de la ville de Fès est éclairée par le biogaz des déchets ménagers. Ceci, grâce à une centrale bioélectrique construite au niveau de la décharge contrôlée. Laquelle produit actuellement plus d’un mégawatt (1.128kW) de puissance électrique, soit l’équivalent de 30% des besoins de Fès en énergie destinée à l’éclairage public. A noter que la centrale de biogaz produira à terme 5 mégawatts (par module d’un mégawatt), alors que les besoins en éclairage public de la ville de Fès sont de l’ordre de 3,5 mégawatts. Pour l’heure, la 1e partie de la centrale bioélectrique de Fès a nécessité 100 millions de DH d’investissement. Une enveloppe qui a financé les équipements pour la récupération du Biogaz ainsi que l’installation d’une station de soutirage, deux groupes électriques, un poste de livraison et d’autres machines de valorisation énergétique au biogaz.        
    En effet, la capitale spirituelle est pionnière dans la gestion et le contrôle des déchets. Confié à la société américaine «Ecomed de gestion des déchets solides» depuis avril 2004, ce secteur inaugure aujourd’hui une première en matière de développement durable, indique Allal Amraoui, 1er vice-maire. Selon lui, «grâce à l’installation d’une centrale électrique au biogaz, dans le cadre d’un partenariat public-privé tripartite, regroupant la Commune urbaine de Fès, le ministère de l’Intérieur et la société délégataire, la ville est aujourd’hui pionnière du développement durable au Maroc et en Afrique». L’élu affirme, au passage, que «ce n’est qu’après plusieurs années de négociations avec l’Intérieur que ce dernier a accepté dernièrement l’injection de l’énergie électrique produite par la décharge dans le réseau de la Radeef, sans transiter par les lignes de l’ONEE».
    Dans cette opération, la mairie est gagnante à plus d’un titre. «Outre réduire notre facture énergétique de moitié, nous produisons l’énergie électrique que nous vendons à la Radeef à un tarif préférentiel de 0,8 DH/kW… C’est le double de ce qui a été proposé par l’ONEE (0,45 DH/kW) et beaucoup moins cher que le prix adopté par l’Office», se réjouit Amraoui. Ce dernier ajoute que la décharge en question permet également de maîtriser tous les effluents à 100%, tout en préservant l’environnement de la ville.
    Rappelons que ce projet a été réalisé en vue de pallier les problèmes (odeurs nauséabondes, moustiques et microbes) de l’ancienne décharge des «Oudayas». Opérationnelle dès 2004, la décharge est entourée par une clôture. A l’entrée du site, se trouve une bascule électronique pilotée à partir d’une loge de pesage. Un peu loin devant, des travaux d’enfouissement des déchets au fond d’un bassin sont menés quotidiennement. La zone exploitée est couverte, en surface et sur les versants, par une couche de terre perméable de 15 cm, pour empêcher les envols notamment de sacs de plastique, le dégagement des odeurs, la prolifération des insectes, et la formation de feu. En moyenne, la décharge traite entre 800  et 1.000 tonnes de déchets solides par jour dont près de 750 tonnes d’ordures ménagères. Montant de l’investissement: 75 millions de DH. Une étude sur la viabilité du site a été menée. Et les techniciens avaient opté pour un terrain de 110 hectares, avec un risque d’infiltration verticale des déchets liquides vers le sol égal à zéro, et une durée de vie de 30 ans au moins. «Ceci étant, pour plus de précautions, le site abrite, en plus des bâtiments d’exploitation, un laboratoire de contrôle (analyse des lexiviats, de l’air ambiant et des biogaz) sans oublier une station météorologique pour tenir compte de la pluviométrie et des conditions climatiques», expliquent les responsables du groupement Edgeboro International et Ecomed de gestion de déchets.
    Pour rappel, ce groupement américano-marocain gère ce projet suite à une convention signée en décembre 2001 avec la commune. Cette convention, d’une durée de 10 ans renouvelable, stipule le traitement d’environ 900 tonnes de déchets solides par jour, ainsi que la récupération et le traitement des biogaz, des lexiviats et du compost. En contrepartie, la commune paye pour ces prestations moins de 50 DH/tonne de déchets. «C’est le prix le plus bas, comparativement à d’autres villes qui délèguent la gestion de ce secteur à plus de 100DH/ tonne de déchets», conclut Amraoui.

    Du déchet…à l’énergie

    En 2005, soit une année après l’ouverture de la décharge, les sociétés «Edgeboro international» et «Ecomed de gestion des déchets» avaient exprimé leur volonté de procéder à la récupération et la conversion du biogaz en énergie électrique. Ceci, du fait qu’elles avaient constaté que le biogaz produit est abondant. A l’époque, une torchère avait été placée en amont des conduites des lixiviats pour évacuer et brûler le biogaz qu’elles contenaient et éviter par la même occasion les incendies. Aujourd’hui, le biogaz dégagé est enfin utilisé pour la création de l’énergie. Ainsi, deux groupes de générateurs produisent, via la récupération et le traitement du biogaz, un mégawatt de puissance électrique. Les besoins de la décharge contrôlée étant estimés à 800 kilowatts. L’excédent d’environ 400 kilowatts est injecté dans le réseau électrique de la ville.

    De notre correspondant,
    Youness SAAD ALAMI

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