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Analyse/ Enseignement supérieur
«Besoin de leadership académique»

Par L'Economiste | Edition N°:4548 Le 16/06/2015 | Partager
Des présidents d’universités forts pour conduire le changement
La résistance des enseignants retarde le processus de réforme
Tout le paradigme à revoir!

Saïd Benamar, responsable du pôle Formation Exécutive à l’Université internationale de Casablanca: «Les enseignants n’acceptent pas sortir de leur zone de confort, de se retrouver face à l’incertitude, encore moins de renoncer à leur prestige»

- L’Economiste: L’on ne cesse de parler de changement et de réforme à l’université, mais ça n’aboutit jamais. Pourquoi est-ce si difficile à votre avis?
- Saïd Benamar:
Parce que le changement n’est jamais facile. Vous pouvez concevoir un programme, mais la mise en œuvre sera toujours confrontée à de la résistance, principalement celle des professeurs. C’est une réalité mondiale. Les enseignants n’acceptent pas sortir de leur zone de confort, de se retrouver face à l’incertitude, encore moins de renoncer à leur prestige. Il est donc nécessaire de revoir leur rôle. Le changement doit également s’inscrire dans une stratégie institutionnelle. Autrement dit, il doit découler d’une mission. C’est ce qui manque à toutes les universités au Maroc. Or, c’est dans cette mission que l’on peut fixer des priorités, les transformer en actions, les budgétiser et concevoir un tableau de bord qui pourra guider les actions de toutes les parties prenantes.
Il faut aussi changer de paradigme. Les universités adoptent une optique orientée vers les enseignants, qui se focalise sur les inputs, tels que le nombre de professeurs, de bibliothèques, d’infrastructures… Dans ce paradigme, l’évaluation porte sur les notes, les taux de réussite et les diplômes, mais ce n’est pas suffisant. Ce qui importe, c’est de savoir si les étudiants réussissent à apprendre et qu’est-ce qu’ils apprennent.
- Il faut aussi définir le profil à former…
- Ce n’est pas à nous de le définir, mais à l’environnement. Par exemple, les entreprises aujourd’hui n’ont plus besoin d’un ingénieur capable de procéder à des calculs mathématiques. Mais de profils entreprenants, à même de vendre un projet innovant et sensible sur le plan social.
Il existe trois leviers qui incitent les universités à changer et à innover. Le premier est d’ordre politique. Tout pays cherche à permettre l’accès au plus grand nombre de la population au savoir, et c’est là où l’on parle de massification. Ce pari peut être gagné grâce à des solutions on-line.
Le deuxième, c’est le développement de la qualité. Le dernier a trait à la technologie, qui a modifié la façon d’enseigner, et à la globalisation qui nous pousse à nous connecter à d’autres organes et à travailler en communauté.   
- Pensez-vous que l’on soit actuellement dans une démarche de conduite du changement?
- Nous sommes toujours dans la phase de diagnostic. Ce qui manque  actuellement, ce sont des leaders académiques capables d’être de vrais acteurs du changement, de communiquer, de fédérer les enseignants autour d’un projet et de montrer les bénéfices à gagner. Dans ce processus, le président doit être au cœur du changement, montrer l’exemple et motiver tous les intervenants.
- Pour l’instant les présidents sont loin d’être de vrais managers…
-  D’où l’importance de la formation professionnelle des présidents et enseignants. Nous souffrons d’une carence en compétences managériales et pédagogiques. Disposer d’un doctorat, par exemple, ne suffit pas pour enseigner. L’enseignement, c’est tout un savoir-faire.
- Comment les universités peuvent-elles innover?
- Il faut d’abord que le top management encourage l’innovation. Au niveau de l’UIC, nous innovons à la fois à travers les programmes et l’approche pédagogique. Nous avons, par exemple, introduit des spécialités qui enregistrent des déficits au Maroc, comme la nutrition, l’autopsie, la psychologie… A la rentrée en septembre, nous lançons une nouvelle formation en tourisme, un MBA en management des structures de la santé, et un deuxième en management de l’immobilier.
En matière de pédagogie, la meilleure approche est celle dite constructive, selon laquelle l’étudiant construit le savoir lui-même, tandis que l’enseignant est là pour créer un environnement propice. Cela permet aussi à l’étudiant d’avoir confiance en ses compétences, de développer sa capacité d’adaptation ainsi que son sens critique. Sa personnalité s’en trouve transformée. Cette approche est complétée par des activités para-universitaires qui l’aident à travailler sur lui-même.

Les universités privées peinent à faire le plein

Les universités privées, même si elles ont permis d’enrichir l’offre de formation dans le supérieur, peinent toujours à faire le plein. «Il y a 14 ans, l’Etat s’est fixé comme objectif de faire passer le quota du privé de 6 à 20%. Aujourd’hui, nous en sommes à peine à 5,4%», regrette Saïd Benamar. Et pour cause, tout le monde ne peut se permettre des études payantes. «La tutelle doit accorder plus de flexibilité dans les programmes. Il faut aussi solvabiliser la demande, en accordant des subventions aux parents ou en offrant des bourses», suggère Benamar.

Propos recueillis par Ahlam NAZIH
 

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