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    1er mai: Les syndicats font grève du défilé

    Par L'Economiste | Edition N°:4515 Le 29/04/2015 | Partager
    L’UMT, la CDT et la FDT ne participeront pas
    Les trois syndicats critiquent la position du gouvernement
    Ils promettent des «actions» pour plus tard

    Les instances dirigeantes de l’UMT, de la CDT et de la FDT ont décidé hier mardi 28 avril de boycotter le défilé du 1er mai. Ils protestent contre la position du gouvernement qui n’a pas répondu à leurs doléances. De gauche à droite: Abderrahmane Azzouzi, SG de la FDT, Noubir Amaoui, SG de la CDT, et Miloudi Moukharik, SG de l’UMT

    C’est une première, l’UMT, la CDT et la FDT (la section gérée par Abderrahmane Azzouzi) ont décidé de boycotter le défilé du 1er mai. Donc pas de fête du travail et de festivités pour les adhérents à ces syndicats. C’est le moyen choisi par les instances dirigeantes de ces organisations pour protester contre la politique du gouvernement. Un gouvernement, accusé à tort ou à raison de bloquer le dialogue social puisque les commissions mises en place pour le secteur privé et le public n’ont pas abouti.
    A la veille du premier mai, les centrales reconnaissent qu’elles n’ont rien à annoncer à leur base: ni augmentation des salaires, ni révision de la grille de l’IR, ni exonération fiscale pour les seuils de 6.000 dirhams, ni hausse des allocations familiales … Aucune de leurs propositions n’aura été retenue par le gouvernement. «La responsabilité de l’échec du dialogue social incombe au gouvernement. Il viole les règles élémentaires de la négociation. L’absence de volonté politique et l’inexpérience ont détruit ce que nous avons construit pendant 10 ans», accuse  Miloudi Moukharik, secrétaire général de l’UMT à L’Economiste. Même l’UNTM, syndicat proche du PJD, critique le déroulement du dialogue social. «Notre reproche est surtout lié à la manière dont le dialogue social est mené. Nous ne sommes pas encore dans des négociations», soutient à son tour Mohamed Yatim, secrétaire général de l’UNTM.
    Cette position des trois organisations syndicales, qui sera expliqué aujourd’hui lors d’une conférence de presse à Casablanca (celle-ci se tiendra au même moment que la traditionnelle conférence du ministre de l’Emploi), appelle aussi des interrogations: Les syndicats ont-ils peur de mobiliser moins de monde à leur meeting? Est-ce que leur cote est tombée trop bas au point de redouter de ne plus attirer les foules? L’échec de la dernière marche organisée par l’ODT, la FDT et l’UGTM a-t-il servi d’alarme?
    Les réponses à ces interrogations seront certainement livrées après les élections professionnelles. Celles-ci vont renseigner sur l’évolution du taux de syndicalisation, lequel est aujourd’hui faible. Il oscille entre 7 et 8%. Une situation dont la responsabilité est le plus souvent rejetée sur les pouvoirs publics. Ceux-ci sont accusés de ne rien faire pour défendre les libertés syndicales et éviter aux salariés syndiqués d’être licenciés par leur employeur.  
    Les centrales syndicales font aussi rarement leur mea culpa, lequel pourrait aboutir à une stratégie pour faire adhérer plus de personnes. Une étude réalisée récemment par des économistes en collaboration avec le Fonds monétaire international démontre l’importance des syndicats. Cette étude souligne que «la diminution du nombre de travailleurs syndiqués se traduit par une réduction des pouvoirs de négociation. Ce qui a un effet négatif sur les personnes à faibles et à moyens revenus».
    Pour l’heure, l’UMT, la FDT «pôle Azzouzi» et la CDT promettent des «actions» pour le mois de mai: des grèves, sit-in… toutes les options sont   envisageables. Ce qui romprait avec l’attitude observée depuis le début de l’année qui était en faveur du dialogue et de la concertation.

    L’Ultime mémorandum

    Avant de prendre la décision du boycott, les trois centrales syndicales ont tenté de relancer Abdelilah Benkirane. Dans un mémorandum, elles ont rappelé au Chef du gouvernement que l’amélioration des revenus ne devait pas être occultée des discussions. Ils imaginent mal un dialogue social et des négociations sans que l’amélioration des salaires et l’augmentation des revenus via une baisse de l’IR par exemple ne soient abordées. Ce point a été rappelé à chaque réunion des deux commissions mises en place. Les syndicats ont même fixé un ultimatum d’une semaine au gouvernement pour qu’il  réponde à leur revendication. Mais ils n’ont reçu aucune réponse.

    Khadija MASMOUDI

     

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