×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Le prix de L’Economiste pour la recherche en économie, gestion et droit
    Evénement

    Panique chez les éditeurs de manuels scolaires

    Par L'Economiste | Edition N°:4510 Le 22/04/2015 | Partager
    La réédition des livres suspendue au feu vert de l’Education
    Certains titres devraient être révisés
    Des risques sur l’approvisionnement à la rentrée

     Il y a de fortes chances pour que les manuels scolaires ne soient pas tous disponibles dans les délais à la rentrée scolaire 2015-2016

    A seulement quelques mois de la rentrée, les éditeurs sont suspendus au feu vert du ministère de l’Education nationale pour lancer l’impression des manuels scolaires. Or, le temps presse. «D’habitude, les éditeurs reçoivent l’autorisation d’impression en novembre ou, au plus tard, décembre pour que les livres soient disponibles vers juillet. Mais ces quatre dernières années, ce calendrier n’est plus respecté», explique Ahmed Filali Anssari, président de l’Association marocaine des éditeurs. Ces perturbations seraient dues à un projet de refonte de certains livre scolaires sur la base de la nouvelle approche de la pédagogie par intégration. Les livres devaient être imprimés pour la rentrée 2013-2014. Mais le projet a été mis en veilleuse.
    Pour cette année encore, les éditeurs ne s’expliquent pas la temporisation du ministère de l’Education nationale. Pour ne pas être pris de vitesse, certains, disposant de leur propre imprimerie, ont même commencé à imprimer des manuels en petite quantité. Le risque est que ces livres ne soient pas conformes à ceux homologués et deviennent invendables. Les multiples démarches entreprises auprès du ministère de tutelle par la profession depuis décembre dernier se sont révélées infructueuses. Il a fallu attendre le 20 avril pour que le département de Benmokhtar adresse un courrier aux éditeurs, les invitant à récupérer la liste des livres scolaires pouvant être réédités pour la rentrée 2015-2016 et ce, à partir du 23 avril. Il s’agit essentiellement des manuels dont le contenu reste inchangé. Interrogé par L’Economiste, le ministère de l’Education nationale annonce qu’une autre liste sera mise à la disposition des éditeurs d’ici la fin de la semaine. Elle concerne les titres qui vont changer intégralement ou partiellement. Reste à savoir lesquels.
    L’enjeu porte sur 382 manuels concernant tous les niveaux scolaires, du primaire jusqu’au baccalauréat. Le tirage varie selon la pyramide des niveaux et oscille entre 600.000 exemplaires pour les classes primaires et 3.000 pour les maths-physique de terminales.
    Le risque avec le retard pris par le processus est que les délais d’impression soient trop étroits. «Les éditeurs sont face à deux contraintes. Ils n’auront pas suffisamment le temps d’imprimer les livres localement puisqu’il y aura un rush. S’ils optent pour l’impression à l’étranger, ils n’auront pas une grosse marge de négociation puisque les délais seront serrés», s’inquiète le président de l’association. Ce qui risque d’aggraver la situation, c’est que les éditeurs ignorent le nombre de livres qui vont changer.
    La profession s’attend à ce que de nouveaux manuels soient programmés à la place des anciens. On prête à l’Education l’intention de supprimer quelques matières telles que l’éveil artistique ou d’en revisiter d’autres comme l’éducation islamique. L’objectif étant de focaliser les programmes, essentiellement du primaire, sur d’autres compétences telles que la lecture, l’écriture et le calcul. Mais rien n’est encore décidé à ce jour.
    Pour les professionnels, la situation d’attentisme est préjudiciable. «Si le ministère de l’Education décide d’éditer de nouveaux manuels scolaires, il est déjà trop tard pour composer les textes, concevoir les illustrations, mettre en pages, procéder à la correction puis à l’homologation»,  fait remarquer l’association. Selon les estimations, un délai minimum de 14 mois serait nécessaire à l’impression d’un nouveau manuel dans une imprimerie locale.
    Outre le processus d’impression, les éditeurs craignent des perturbations au niveau de la distribution. Les livres doivent sortir des rotatives avant juillet pour qu’ils soient distribués aux libraires, qui fourniront à leur tour les distributeurs dans les quatre coins du pays. Avec la tournure prise par les événements, il ne serait pas étonnant que certains manuels ne soient pas disponibles à la rentrée scolaire. D’ailleurs, même en temps normal, certains titres manquent souvent à l’appel à chaque rentrée.

    Les libraires s’adaptent

    Depuis quelques années, la configuration du marché du livre scolaire a complètement changé. Désormais, c’est le ministère de l’Education qui procède à des achats massifs de livres dans le cadre de l’opération «1 million de cartables», qui porte en réalité sur près de 4 millions de packs. Une opération qui bénéficie aux élèves du primaire, inscrits dans le public, mais aussi à ceux du collège pour les zones rurales. Bon nombre de librairies ayant participé à ce marché n’ont toujours pas été réglées. Malgré les impayés, ils ne peuvent renoncer à vendre au ministère. Le marché du livre scolaire pèse environ 300 millions de dirhams. L’essentiel étant vendu via l’opération 1 million de cartables. Par conséquent, beaucoup de livres sont retournés aux écoles pour être de nouveau distribués.

    Hassan EL ARIF

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc