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    Tribune

    Dans le tourbillon d’instabilité mondiale, des raisons d’être optimiste
    Par Javier Solana

    Par L'Economiste | Edition N°:4420 Le 15/12/2014 | Partager

    LE jihadisme prospère, les tensions avec la Russie flambent.

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    Un accord entre l’Iran et le groupe E3+3 (la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne toutes trois membres de l’UE, plus la Chine, la Russie et les USA) est très incertain, tandis que les questions de politique intérieure de toutes les parties compliquent encore davantage un processus complexe. Ayant subi un grave revers lors des élections de mi-mandat, le président Obama doit maintenant gérer la situation face à un Congrès entièrement contrôlé par les républicains. Et la croissance de la zone euro reste anémique, ce qui détourne les dirigeants des problèmes extérieurs.
    On pourrait facilement en conclure que le monde est aspiré dans un tourbillon d’instabilité. Pourtant des lueurs d’espoir sont apparues au cours du dernier mois. Prenons les en considération pour éviter de succomber au pessimisme.
    Au niveau international, nous ne sommes toujours pas parvenus à un accord avec l’Iran quant à son programme nucléaire. Les négociations de Vienne n’ont pas débouché sur un accord qui est d’une importance cruciale tant pour la stabilité de la région que pour la stabilité mondiale. Mais l’atmosphère était positive: l’Iran a rempli ses obligations figurant dans l’accord intérimaire de l’année dernière, et le groupe E3+3 a montré qu’il était disposé à mettre fin aux sanctions. La date limite pour aboutir à un accord a été repoussée à juin 2015. L’Occident dispose d’une fenêtre d’opportunité unique. Il est essentiel d’aboutir à un accord pour éviter un nouveau conflit - potentiellement catastrophique - au Moyen-Orient. Ce n’est que par la négociation et la diplomatie que l’on résoudra la question du nucléaire iranien à long terme et que l’on normalisera le rôle crucial de l’Iran dans la sécurité de la région.La nouvelle Commission européenne est entrée en fonction le 1er novembre, inaugurant son mandat avec un projet destiné à accroître les investissements publics et privés de 315 milliards d’euros au cours des trois prochaines années. De la même manière, le G20 a approuvé à Brisbane un ensemble de mesures économiques destinées à augmenter le taux de croissance de l’économie mondiale de 2,1 points de pourcentage en 2018. Par ailleurs, les 20 dirigeants ont donné leur accord à une Initiative mondiale en matière d’infrastructures qui inclura la création d’un Centre mondial d’infrastructures qui servira de plateforme de partage de connaissances pour les Etats, le secteur privé, les banques de développement et les organisations internationales.
    Plusieurs accords importants ont été également signés lors du sommet de l’APEC (Forum de coopération économique Asie-Pacifique) à Pékin. Le principal est sans doute l’accord qui va faciliter le déroulement du sommet de l’ONU sur le changement climatique (COP21) qui se tiendra à Paris l’année prochaine et qui revêt une importance cruciale. Et si l’Inde adoptait une position similaire, cela renforcerait encore l’espoir.
    Parallèlement, le Fonds vert de l’ONU pour le climat bénéficie de promesses de financements supplémentaires, une autre avancée remarquable avant le sommet de Paris. Financé par les pays développés, ce Fonds est conçu pour aider les pays en développement à faire face et à s’adapter au réchauffement climatique. Les USA ont promis 3 milliards de dollars et le Japon 1,5 milliard de dollars qui vont s’ajouter aux sommes promises par la France et l’Allemagne. Ce financement est essentiel pour assurer une participation fructueuse des pays en développement à la COP21 (21e Conférence du climat).

    L’UE se prépare aussi pour ce sommet, ainsi que le montre l’approbation par le Conseil européen du cadre pour les politiques en matière de climat et d’énergie à l’horizon 2030 de la Commission européenne. Des objectifs ont été fixés pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, augmenter la part des énergies renouvelables dans la production d’énergie de l’Europe, améliorer le rendement de la production de l’énergie et favoriser l’interconnexion des réseaux électriques entre les pays membres.
    La Chine et les USA ont signé un autre accord bilatéral lors du sommet de l’APEC. Cela va  débloquer l’Accord sur les technologies de l’information de l’OMC, ce qui permettra de supprimer les taxes douanières sur les technologies de l’information et de la communication. Le gouvernement américain estime qu’une fois appliqué, cet accord (qui a été gelé pendant un an car la Chine voulait protéger son industrie) va accroître le PIB mondial de 190 milliards de dollars par an.
    Lors de ce sommet, le président chinois Xi Jinping a annoncé des avancées en direction de la création d’un accord de libre-échange de la zone Asie-Pacifique (FTAAP) de 17 membres. Cet accord sera très utile à la diplomatie dans une région traversée constamment par des tensions géopolitiques. Des avancées ont également été accomplies à Pékin en ce qui concerne le Partenariat transpacifique (PTP). On considère souvent que ces deux projets sont en concurrence, mais la Chine ne participant pas au PTP, ils pourraient être complémentaires. Si une vision stratégique l’emporte et s’il existe des points de convergence, la stabilité de l’Asie en sera fortement renforcée. On peut en dire autant du Moyen-Orient où une rencontre impromptue du Conseil de coopération du Golfe en novembre s’est conclue de manière positive: l’Arabie saoudite, Bahreïn et les Emirats arabes unis se sont engagés à renvoyer leurs ambassadeurs au Qatar après une absence de huit mois.
    A Jérusalem, la tension croissante autour des Lieux Saints souligne l’embourbement du processus de paix israélo-palestinien. Avec une hausse des attentats dans la ville (un lieu sacré pour les deux côtés), le conflit prend un aspect plus religieux. Dans ce contexte, la proposition de loi du gouvernement israélien visant à définir Israël comme l’Etat du peuple juif - qui donne de ce fait la préférence à l’identité juive du pays plutôt qu’à son caractère démocratique, et menace les droits des minorités - est particulièrement pernicieuse. Aujourd’hui plus que jamais, le processus de paix pourrait prendre un nouveau tournant si l’UE reconnaissait officiellement la Palestine - dont elle continue à soutenir les institutions intérimaires. On a pu constater en novembre l’efficacité d’une action concertée. Continuons sur cet élan!

    La Tunisie, signe d’espoir

    EN Tunisie, le gouvernement technocratique qui était en place depuis quelques mois a été remplacé démocratiquement. Lors des élections législatives fin octobre, le parti laïque Nidaa Tounes (L’appel de la Tunisie) a remporté la victoire sur le parti islamiste Ennahda (Renaissance). Un mois plus tard, les Tunisiens ont élu pour la première fois un président depuis la destitution du président Ben Ali en 2011. La Tunisie reste un signe d’espoir dans la région. L’émergence d’une coalition gouvernementale montre que le pouvoir peut être partagé en mettant fin au paradigme dommageable selon lequel le gagnant remporte toute la mise. Le monde arabe devrait en tenir compte.

    Traduit de l’anglais par Patrice Horovitz
    Copyright: Project Syndicate, 2014.
    www.project-syndicate.org

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