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    Justice

    Affaire CGI
    Les 23 suspects re-convoqués pour le 13 novembre

    Par L'Economiste | Edition N°:4381 Le 17/10/2014 | Partager
    2e audition devant le juge d’instruction pour complément d’enquête
    La défense critique les rapports contradictoires du LPEE

    Les deux patrons de CDG et CGI ont quitté le tribunal de Fès, dans la nuit du 15 au 16 octobre, à précisément 1h40min. Une femme (en médaillon) accompagnée de deux vigiles a tenté d'agresser les journalistes et photographes

    «L’humiliation plus qu’autre chose». Telle a été la déclaration recueillie par L’Economiste auprès de plusieurs avocats de la défense dans l’affaire CGI, mercredi dernier, à la Cour d’appel de Fès. En effet, ce 15 octobre, Anass Houir Alami et Mohamed Ali Ghannam ont passé une bien pénible journée dans les locaux du tribunal de Fès. Les DG de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) et de la Compagnie générale immobilière (CGI), ainsi que 21 autres personnes, ont été auditionnés, plusieurs heures, par Fahmi Bouziane, procureur général du Roi et trois de ses substituts. Et cela, avant de passer devant le juge d’instruction de la Chambre des crimes et délits financiers, Mohamed Touileb. Il était 21h30 quand ce dernier recevait les premiers suspects dans l’affaire du projet «Madinate Badis d’Al Houceima». Les 23 personnes interpellées dans ce dossier ont été entendues, une à une, jusqu’à 1h30 du matin. Najib Rhila, DG adjoint de CGI, Anass Houir Alami et Mohamed Ali Ghannam ont été laissés pour la fin. Devant le juge d’instruction, un rapport de plusieurs dizaines de pages établi par la BNPJ et des chefs d’inculpation très lourds: «Constitution de bande criminelle, faux et usage de faux, et dilapidation de deniers publics…». Avant de les retenir et les agrémenter par d’autres chefs d’inculpation et requalifier les faits ou les rejeter, Mohamed Touileb a décidé de re-convoquer les 23 personnes pour complément d’enquête. Rendez-vous leur a été fixé pour le 13 novembre prochain pour une seconde audition. Sur le plan de la procédure pénale, l’enquête du parquet est distincte de l’instruction. Ainsi, le magistrat instructeur pourrait requalifier ou retenir les mêmes faits que le procureur général. Voire écarter en partie ou en totalité les chefs d’inculpation. D’où l’enjeu de l’ordonnance de renvoi à travers laquelle le juge d’instruction retient les charges qui seront au cœur d’un procès. Un non-lieu peut également être décidé pour manque de preuves. Pour l’heure, nous n’en sommes qu’au début de l’instruction. Et la présomption d’innocence prime. Il n’y a d'ailleurs pas eu d’arrestation et tous les suspects sont poursuivis en état de liberté provisoire. Pour Abdellatif Ouahbi, un des avocats de la défense, également président du groupe parlementaire PAM et membre de la Commission législative au Parlement, «l’interpellation de ces personnes par la BNPJ et leur transfert à Fès dans des estafettes de la sûreté sont insensés». «D’autant plus qu’il n’y a pas eu de détournement. On leur reproche plutôt une mauvaise gestion», poursuit-il.
    Dans cette affaire, le patron de la CDG ainsi que les autres personnes auditionnées présentent des garanties. «On aurait dû les convoquer directement au tribunal, ils n’allaient pas fuir», martèle, pour sa part, Mohamed Benchekroun, avocat au barreau de Fès. Ce dernier dénonce «une affaire où l’élément pénal est inexistant parce qu’il n’y a pas d’intention». Toutefois, Benchekroun n’exclut pas la responsabilité civile. Il ne comprend pas, enfin, comment «le très réputé laboratoire LPEE qui avait approuvé la conformité des travaux du projet Badis est revenu à la charge avec un rapport contradictoire suite à l’éclatement de cette affaire». En tout cas, pour la défense, «on ne peut pas juger les responsables de la CDG et de la CGI ainsi que les architectes et bureaux d’études pour des malfaçons, car il y a bien des entreprises qui ont réalisé les travaux…». La défense souligne qu’Al Hoceima a enregistré plusieurs séismes durant les quatre dernières années auxquels les constructions de la CGI, objets de cette affaire, ont résisté. «Ce qui confirme leur solidité», conclut maître Benchekroun.

    Interdits de quitter le territoire

    Outre Anass Alami, Ali Ghannam et Najib Rhila, 20 personnes seront auditionnées une 2e fois par le juge d’instruction près la Cour d’appel de Fès. Il s’agit, entre autres, de Karim Zayz et Mohamed Amrah, les directeurs régionaux respectivement de CGI Marrakech et CGI Nord, les frères Abdellah et Mohamed Tolba, deux entrepreneurs, en plus des architectes Adil El Ouadghiri et Réda Fennich. La liste comprend également des responsables de bureaux d’études et de laboratoires, ainsi qu’un ancien salarié de CGI (Ibrahim Chtibi) et des dirigeants d’entreprises de construction, d’aluminium et de menuiserie. Plusieurs parmi eux sont interdits de quitter le territoire (y compris Anass Alami).

    Youness SAAD ALAMI

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