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Politique Internationale

Sécurité en Afrique
Les fragilités du Sahel et de l’Afrique du Nord

Par L'Economiste | Edition N°:4199 Le 27/01/2014 | Partager
La vulnérabilité de la population fait le lit du recrutement des groupes terroristes
Le vide sécuritaire attire toutes les formes de criminalité transfrontalière

Le 5e forum  de sécurité de Marrakech a émis 20 recommandations. Pour Mohamed Benhammou, président du CMES et initiateur de ce forum, elles sont conditionnées par un partenariat large et approprié par l’ensemble des Etats de la sous-région pour  résoudre ses problèmes sécuritaires


Face à une guerre asymétrique et des acteurs qui ont une grande capacité d’organisation et de réorganisation, la sécurité est l’affaire de tous en Afrique du Nord et au Sahel-Sahara. C’est le premier message du 5e Marrakech Security Forum qui a clôturé ses travaux le 25 janvier et dont le thème cette année a concerné le vide sécuritaire et l’extension des zones de fragilités en Afrique du Nord et au Sahel-Sahara.
Le second message est une coopération régionale régulière et appuyée par la communauté internationale pour lutter contre ces problèmes d’insécurité. Le forum, une initiative du Centre marocain des études stratégiques (CMES) et de la Fédération africaine des études stratégiques, a déjà tiré la sonnette d’alarme sur les menaces qui allaient embraser la sous-région.
L’alerte donnée n’a malheureusement pas été suivie d’effet, peut-on lire dans la Déclaration de Marrakech. Outre ce rappel, le forum a émis 20 recommandations conditionnées par une collaboration plus large.
Aujourd’hui, trois ans après les révolutions du printemps arabe, la situation sécuritaire ne cesse de se détériorer. Et ce, particulièrement en Tunisie, en Libye et en Egypte où la transition a été mal gérée avec des vides sécuritaires qui s’ajoutent à d’autres plus chroniques dans la région du Sahel, estime Mohamed Benhammou, président du CMES. L’intervention Serval de l’Armée française au Nord-Mali, pour arrêter l’avancée des groupes djihadistes, n’a apporté que des réponses partielles aux problèmes sécuritaires. Et pour le professeur Xu Weizhong, directeur du département africain du CICIR (Institut chinois des relations internationales), les interventions internationales dans cette région ont parfois créé plus de problèmes qu’ils n’en ont résolu. Sur le plan économique, la situation est tout aussi sombre avec une pauvreté de plus en plus accentuée et des inégalités horizontales. A cela s’ajoutent la persistance des conflits territoriaux et ethniques et une vulnérabilité d’une population qui fait le lit du recrutement des groupes terroristes. Au-delà de l’Afrique, la situation sécuritaire dans la zone et la menace terroriste touchent aussi bien la région du Maghreb que l’espace européen, s’inquiète Michel Reveyrand de Menthon, représentant spécial de l’Union européenne pour la région du Sahel. D’autant plus que le vide sécuritaire a attiré dans la région une criminalité transfrontalière organisée et «connectée aux groupes terroristes qui ont scellé des sortes de pactes».
Autre grande inquiétude, l’engagement des jeunes de la région dans la guerre civile en Syrie. On les estime par milliers. Que pourrait-il arriver à leur retour dans leur pays d’origine?  Le forum de Marrakech recommande de manière préventive de mesurer la participation des ressortissants de l’Afrique du Nord à cette guerre civile et ceux qui sont encore dans les circuits de recrutement.

«Think-tank 20 Network»

Le Marrakech Security Forum a émis 20 recommandations. Les plus importantes concernent une collaboration plus large entre pays de la sous-région ainsi que des coopérations bilatérales. Ainsi, l’idée d’un réseau international de centres de réflexion pour une stratégie géopolitique et sécuritaire fait son chemin et pourrait porter l’appellation «think-tank 20 Network» (TT20). Les participants appellent aussi à une promotion de la diplomatie coordonnée entre les Etats à travers un mécanisme régional dédié à la prévention des conflits tout en combattant fermement les velléités séparatistes partout où elles se manifestent. Le forum recommande aussi d’instaurer des patrouilles mixtes pour développer la coopération militaire bilatérale et transfrontalière et améliorer la coopération entre les services de renseignement avec une mise en commun des moyens d’information intelligente entre les pays de la sous-région. Enfin, dans les recommandations de Marrakech, un article est dédié à la communauté internationale appelée à augmenter l’appui financier et logistique accordée aux pays du Sahel.

B. B.

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