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Analyse

Produits du terroir: La stratégie commence à accrocher

Par L'Economiste | Edition N°:4162 Le 02/12/2013 | Partager
Des expériences réussies gagnent plusieurs filières
Parfum de rose, safran, cactus et huile d’argan, les pionniers

L’étude réalisée par l’ADA a permis d’identifier, en plus du marché local, une douzaine de débouchés présentant un potentiel export de l’ordre de 11 milliards de DH. Des entretiens cibles (Allemagne, France et Etats-Unis) auprès des distributeurs et des consommateurs révèlent que les intentions d’achats pour les produits du terroir du Maroc sont très importantes. Il ressort de cette analyse que le marché allemand peut absorber environ 50% de ces produits, suivi par la France 30% et les Etats-Unis 20%

Des percées certes encore embryonnaires mais révélatrices des étapes franchies en matière de développement des produits du terroir. L’exemple des Laboratoires Bioxpert est édifiante à cet égard. Bien qu’il ne soit opérationnel que depuis le mois d’août 2013, ce projet, spécialisé dans les compléments alimentaires, est déjà présent à  l’international. «C’est que les travaux de mise en place de l’unité ainsi que les démarches d’ordre réglementaire ont été menés de pair avec la prospection des marchés», révèle Omar Idrissi, directeur de l’entreprise et pharmacien de profession. L’objectif est de réaliser un chiffre d’affaires à l’export de 15 à 20 millions de DH dans les 3 prochaines années. Pour le moment, deux contrats ont été signés avec deux pays africains et deux autres sont en cours de finalisation avec l’Algérie et la France. Une autre expérience réussie est fournie par une petite entreprise opérant dans le conditionnement et le commerce des épices, des huiles d’olive et d’argan, des boutons de rose et du miel. Installée à Marrakech, «l’entreprise ambitionne de réaliser un chiffre d’affaires à l’export de l’ordre de 4 millions de DH dès l’année prochaine», révèle son manager Patrick Marchand. Le tout, avec un design et packaging fort attrayants. Ce qui lui a permis d’ailleurs de décrocher le premier prix d’innovation décerné par le SIAL du Moyen-Orient. (Voir notre édition du mardi 26 novembre). Le cactus n’est pas en reste. Rien que le Groupement d’intérêt économique, Sobbar-Aït Baamrane cible un volume à l’export de 4.000 tonnes d’ici 2015. Volume à multiplier par 10 à l’échéance 2020. Ce GIE, qui fédère 400 petits producteurs, dispose d’une unité de valorisation composée d’une ligne de conditionnement, de deux centres de collecte et 105 kilomètres de piste d’accès aux exploitations. Outre le fruit exporté à l’état frais, l’huile de cactus est aussi dans le pipe en raison des prix rémunérateurs offerts par le marché des cosmétiques. «Ce produit est commercialisé à plus de 5.000 DH le litre», indique Idriss Ettabaa, directeur de développement à l’ADA (Agence de développement agricole). La même dynamique de valorisation commence à gagner d’autres produits à fort potentiel à l’export, tels les câpres, les huiles, le safran, les plantes aromatiques et médicinales et les roses.
Au total, l’Agence qui est en charge de la promotion des produits du terroir a identifié 26 spécialités dont 7 occupent le top du podium avec un potentiel et un savoir-faire avérés. Des produits d’épicerie fine mais aussi de grande masse comme la clémentine de Berkane, les câpres, le caroubier, les grenades et l’huile d’olive. «Ces produits représentent un potentiel à la ferme de l’ordre de 5 milliards de DH», estime Ettabaa qui cite une étude réalisée par l’ADA. Au niveau de l’exportation, la demande est évaluée à quelque 11 milliards de DH. Ceci, sur les marchés identifiés, en l’occurrence la France, l’Allemagne, les Etats-Unis, la Russie, le Japon et les Emirats arabes unis.
Sur ce dernier débouché, d’énormes opportunités existent notamment en matière de catering et de restauration hôtelière mais aussi en direction d’autres marchés d’Asie et d’Europe de l’Est. Car, Dubaï qui concentre le plus grand nombre d’hôtels de haut standing est aussi une plateforme d’éclatement des marchandises. «Seulement, ce débouché qui reçoit également plus de 11 millions de touristes est trop exigeant en termes de qualité, de packaging et des procédures de commercialisation», constate Mohamed Aïtouali, ambassadeur du Maroc à Abou Dhabi. Des exigences, pratiquement identiques à celles requises par le marché américain. «Aussi la mise à contribution des sociétés de négoce est-il un passage obligé pour les circuits intercontinents tout comme pour ce qui est de la pénétration des magasins de grande et moyenne surfaces», prévient l’ambassadeur. Mais encore faut-il mettre en place la logistique nécessaire, notamment le transport maritime qui fait défaut pour le moment. Or l’ouverture d’une ligne directe vers ce marché ne peut se concevoir que dans la mesure où l’offre atteigne un volume conséquent. Ce qui n’est pas le cas actuellement puisque l’essentiel des expéditions sur ce débouché porte sur de faibles quantités mais à forte valeur ajoutée. Ce qui justifie le recours au fret aérien.
Il n’empêche que nos agrumes et primeurs peuvent bien s’y positionner compte tenu de leurs goût et saveur qui les distinguent des autres origines. Mais la stratégie de développement des produits du terroir cible également le marché intérieur et au-delà, la sauvegarde de la diversité notamment dans les zones de montagne et des oasis. L’enjeu est stratégique. Et les marges de progrès restent considérables.

La chaîne de pilotage

Le déploiement de la stratégie de développement des produits du terroir a été confié à la direction éponyme relevant de l’ADA. Elle a pour fonctions principales, la structuration des filières à l’amont et le développement de l’agrégation de l’aval de la chaîne de valeur. A cet effet, elle assiste les coopératives et GIE dans les actions de valorisation des produits agricoles et leur accès aux marchés national et international. Tout en initiant des plans marketing (analyse du marché, détermination des cibles, choix des axes publicitaires). La Direction de développement des produits du terroir a également pour mission d’adapter ces plans à l’évolution des marchés et de réaliser des actions promotionnelles notamment via la participation aux foires et expositions. Elle contribue aussi à la formation des équipes de GIE en ce qui concerne le marketing et le commerce des produits.

A. G.

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