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Evénement

Mali: Retour en force du Maroc

Par L'Economiste | Edition N°:4116 Le 19/09/2013 | Partager
Le Souverain assiste à l’investiture du président malien
C’est la première visite d’un roi marocain dans ce pays
L’Algérie y perd du terrain

L’heure de la détente diplomatique entre le Maroc et le Mali a bien sonné. La visite du Souverain, invité d’honneur du président de la République malienne, Ibrahima Boubacar Keïta, pour son investiture ce 19 septembre, marque un tournant dans les relations diplomatiques entre les deux pays. C’est une première.
Jamais avant Mohammed VI, le Roi du Maroc ne s’était rendu au Mali. En ce sens, «c’est une première qui a une portée extrêmement symbolique, analyse le politologue sénégalais Elhaj Kassé. Evidemment, tous les voyages du Souverain sur le continent ont une valeur certes symbolique mais aussi une valeur d’espoir, en ce sens que Sa Majesté voyage en véritable VRP, souvent à la tête d’une armée d’opérateurs économiques». En fait, le Maroc a opté pour une nouvelle offensive diplomatico-business, qui se traduit par la présence de grands porte-étendards sur le continent (Maroc Telecom, BMCE bank, Attijariwafa bank, OCP, Managem, Addoha, Chaabi, Alliances…). «Il faut alors éviter de rentrer dans ce qui est trop sentimental», ironise le politologue sénégalais.
Une chose est sûre: à quelque chose parfois malheur est bon. Le Royaume a été le premier à réagir, sur le plan diplomatique, en 2012, lorsque le Nord Mali a été «annexé» par des groupes terroristes. Certes la stabilité du Mali est un enjeu sous-régional, mais les pays frontaliers et/ou limitrophes dont le Royaume ont  beaucoup à y gagner. Preuve: la prise de contrôle de la moitié Nord du pays par les rebelles touaregs du MNLA et les groupes djihadistes (AQMI, Ansar Eddine, Mujao) a fortement fragilisé la sous-région en termes de sécurité. Ce qui a entraîné, comme dans toutes les situations d’insécurité comparables, des déplacements de populations.
La visite du Souverain traduit aussi un signe de changement géopolitique. D’autant plus, selon le politologue sénégalais, «depuis l’arrivée des forces franco-onusiennes, le Mali n’est plus le pré carré de l’Algérie» qui l’a tenu en respect pendant longtemps. Cette relation entretenue par le premier président du Mali indépendant, Modibo Keïta, fait partie désormais de la vieille histoire. 
Les nouvelles autorités de Bamako annoncent la couleur, en élargissant leur spectre diplomatique. Une manière symbolique de dire merci à la communauté internationale pour son soutien. Pas moins de 43 chefs d’Etat prennent part à la cérémonie d’investiture du président Ibrahima Boubacar Keïta, ce jeudi 19 septembre jour chômé et payé au Mali.
Quelle signification politique et diplomatique donner à la visite du Souverain au Mali? «Elle est de nature à revitaliser les relations diplomatiques entre le Mali et le Maroc». Pour le politologue marocain, Mustapha Sehimi, ce qui est frappant dans cette visite, «c’est la première fois que le Souverain assiste personnellement à l’investiture d’un chef d’Etat». En effet, il se fait traditionnellement représenter par le chef du gouvernement, un ministre d’Etat ou le ministre des Affaires étrangères. Alors comment interpréter ce choix? «Ça illustre de la qualité des rapports entre les deux pays dont le dernier geste en date est l’envoi par le Maroc d’un hôpital militaire de campagne à Bamako». Au-delà, «le Maroc a joué un grand rôle dans le processus de stabilisation et de préservation de l’unité du Mali».
Un engagement et «un acte posé depuis le coup d’Etat qui a renversé le président Amadou Toumani Touré», rappelle Sehimi. C’est peu dire que le Royaume a été très actif sur le plan diplomatique. C’est sous la présidence du Maroc du Conseil de sécurité que l’ONU a adopté, en décembre 2012, la résolution 20-95, proposant une approche globale et intégrée, incluant tous les aspects. Pour ce rôle, «c’est un actif à la diplomatie marocaine», relève Sehimi. Et c’est grâce à cette résolution dont l’objectif a été de rétablir la stabilité, l’intégrité territoriale sur la base d’une solution politique, incluant tous les acteurs que le Mali accueille aujourd’hui le monde chez lui. Il y a eu aussi l’axe diplomatique Rabat-Paris pour coordonner l’aide à apporter au Mali en coopération avec les autres parties prenantes. 
Dans cette nouvelle offensive politique et diplomatique du Royaume sur le Mali, il y a forcément une approche sécuritaire. Là aussi, le Maroc est partie prenante dans la recherche de stabilité de l’espace sahélo-saharien. Ce qui fait dire à Mustapha Sehimi que «le Royaume a retrouvé une capacité de régulation et de stabilisation de la sécurité dans la sous-région». Or, l’Algérie a tout fait pour exclure le Maroc de cette stratégie. Le succès diplomatique marocain «consacre l’isolement de l’Algérie quant au rôle qu’elle s’était octroyée dans la région». Et puis, «la thèse marocaine se voit confortée pour avoir toujours démontré la connexion entre les camps de Tindouf et les mouvements islamistes qui déstabilisent la sous-région».
Une chose est sûre. Tout ce qui se joue actuellement dans la sous-région, au plan diplomatique surtout, consacre le Royaume comme acteur important dans la recherche de la stabilité.

Bachir THIAM

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