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Evénement

Parlement: Le test des élections partielles

Par L'Economiste | Edition N°:3977 Le 27/02/2013 | Partager
L’alliance PJD-PPS à l’épreuve des urnes
Votes politiques par excellence
Les électeurs du PJD vont-ils suivre les consignes de leurs patrons?

Avec l’alliance du PJD et du PPS pour les élections partielles, le deal entre Abdelilah Benkirane et Nabil Benabdallah se base sur une logique de gagnant-gagnant. En effet, en termes d’image, le PJD se lave de tout soupçon d’obscurantisme. Le PPS en tire bénéfice dont le plus gros est de se débarrasser de cette mauvaise étiquette, présentant les militants de ce parti comme des mécréants et des laïcs

LES élections partielles pour le renouvellement de 5 sièges de la Chambre des représentants auront lieu demain jeudi. Il s’agit de choisir les députés de 5 circonscriptions électorales, invalidées par le Conseil constitutionnel.
Il s’agit de Youssoufia, Azilal, Sidi Kacem, Moulay Yacoub et Settat. Jusque là, rien d’anormal. Sauf que dans cette affaire, il y a une première dans les annales politiques : l’alliance PJD-PPS. En pratique, les deux formations se sont mises d’accord pour ne pas présenter une double candidature dans ces circonscriptions. Ainsi, le PJD a décidé de se retirer de Sidi Kacem, d’Azilal et de Youssoufia au profit des candidats du PPS. En retour, le parti de Nabil Benabdallah ne présente pas de candidat à Moulay Yacoub. Le patron du PPS aurait aimé étendre cette recette aux deux autres partis de la majorité que sont l’Istiqlal et le MP. Mais les contacts entrepris n’ont pas abouti, à cause de  la tension exacerbée au sein de la majorité. Par ailleurs, ces élections partielles sont également un test grandeur nature pour l’Istiqlal.
En tout cas, dans ces circonscriptions,  la campagne électorale bat son plein. Des responsables du PJD sont descendus sur le terrain pour soutenir les candidats du PPS. C’est le cas de Sidi Kacem qui a vu défiler notamment Aziz Rebbah, ministre de l’Equipement et du Transport et Abdallah Boinou, chef du groupe parlementaire du PJD à la Chambre des représentants. Coté PPS, le patron du parti, les ministres et les anciens ministres sont descendus dans l’arène pour décrocher au moins un siège. L’objectif est d’atteindre le seuil fatidique de 20 députés (au lieu de 19 actuellement) pour conserver le groupe parlementaire. Sur ce point, Nabil Benabdallah remet les pendules à l’heure: «nous souhaitons continuer de disposer d’un groupe parlementaire. Mais le PPS a vécu pendant longtemps avec un seul député. Alors 19 ou 20, qu’est-ce qui va changer?».
Avec cette alliance, le deal passé entre les patrons des deux partis se base sur la logique de gagnant-gagnant. En effet, en termes d’image, le PJD veut se défaire de tout soupçon d’obscurantisme. Le PPS aura participé à enraciner davantage le mouvement islamiste dans le jeu démocratique. C’est un gain considérable pour la politique. Demain, d’autres mouvements plus radicaux pourraient suivre l’exemple et regagner le jeu politique. Dans cette affaire d’alliance, le PPS tire aussi des bénéfices. Le plus gros est de le débarrasser de cette mauvaise étiquette présentant les militants de ce parti comme des mécréants et des laïcs.
Qu’importe, pour certains observateurs, «l’alliance PJD-PPS est contre nature». Nabil Benabdallah n’est pas du même avis, avec arguments à l’appui. Pour lui, il ne s’agit pas d’alliances idéologiques mais d’un rapprochement dicté par le contexte politique. «Après les dérives et les tentatives de main mise sur le champ politique, l’alliance politique dans le cadre de la majorité s’est faite sur des bases claires, qui ne doivent pas toucher aux valeurs de libertés individuelles et collectives», a-t-il souligné. Après un an d’exercice du pouvoir par cette majorité, ces libertés n’ont pas été mises en cause, rappelle t-il. L’alliance, dictée par des objectifs sociaux, se justifiait également par la mise en œuvre de la Constitution. Reste à savoir si les militants et les électeurs du PJD vont suivre les consignes de vote de leurs responsables.  On le saura demain jeudi.

Précédents

Le PPS a t-il tiré la leçon de l’expérience des élections communales de 2003? A l’époque, Mohamed Ouahalou, un élu du PPS, minoritaire au conseil municipal de Berkane, avait monté une alliance avec d’autres de ses pairs notamment ceux du PJD pour prendre le contrôle de la ville. A l’époque, l’état major du PPS, dirigé par Moulay Ismail Alaoui, avait crié au scandale. Il avait même dépêché sur place, une inspection menée par Rahal Zekraoui, alors membre du bureau politique du PPS. Cet état major était tenté d’exclure le «coupable» du parti. Depuis, les choses ont visiblement changé. Plus récemment, lors du congrès du PPS en 2010, plusieurs hauts responsables du parti s’étaient montrés défavorables à l’idée d’inviter le PJD à assister à la séance d’ouverture.

Mohamed CHAOUI

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