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Tribune

Monde arabe: Est-ce le début de la fin de l’islam politique?
Par Driss Traki

Par L'Economiste | Edition N°:3967 Le 13/02/2013 | Partager

Driss Traki est gérant de sociétés
 

SENTIMENT de déception après l’épisode 1 du «Printemps arabe»: entre 2011 et 2012, quatre pays arabes ont vu leurs dirigeants (et un peu leurs régimes   politiques) changer: la Tunisie, l’Egypte, la Libye, le Maroc (Présidence du gouvernement).
Pour les 4 pays, ce sont des «islamistes» qui ont accédé au pouvoir, comme conséquence d’un «printemps local» qu’ils n’avaient pas lancé. Plus d’un an après leur arrivée au pouvoir, une certaine déception apparaît au niveau de leurs peuples respectifs. Du fait que les changements positifs profonds qu’ils avaient promis n’ont pas été au rendez-vous.
Qu’attendaient, en priorité, les peuples de ces pays? Il me semble que leurs attentes étaient:
- L’amélioration de leurs situations sociales («le pain»),
- La démocratie, au sens équité,
- La garantie de non-retour en arrière.
Sur ces 3 priorités, les «islamistes» de ces pays n’ont pas offert à  leurs peuples des résultats convaincants.
Pourquoi ces islamistes n’ont pas réussi? 1re réponse possible: parce qu’à part leurs discours sur la morale, l’Islam, et la «nouvelle gouvernance», ils n’avaient pas de projet global précis de changement socio-économique; ils pensaient, peut-être, que les choses allaient changer, positivement, sans rien toucher aux fondamentaux socio-économiques des systèmes précédents.
Une autre raison possible également serait que les islamistes sont plutôt des conservateurs, ou tout au plus des réformateurs, plutôt que des «révolutionnaires» au sens socio-économique (les mauvaises langues disent d’ailleurs que c’est pour cela  qu’ils auraient été soutenus dans certains pays, par les Occidentaux).
La conséquence de cette situation est que le citoyen de ces pays ne voit pas concrètement ce qui a changé, et par conséquent commence à moins idéaliser les islamistes et l’islam politique.
La crise économique s’aggravant, nous sommes en train d’assister à une remise en cause sérieuse de cet islam politique; le basculement d’ailleurs pourrait se produire soit vers un islamisme extrémiste, soit vers des mouvements laïcs porteurs d’espoir.  
Episode 2 du «printemps»: la Renaissance du monde arabe. Il me semble que les mouvements de «révolte» ayant eu lieu en Tunisie, Egypte,  Libye (avec l’engagement direct des pays du Golfe et des Occidentaux), et partiellement au Maroc, ont été avortés (et/ou usurpés par les islamistes) sciemment avant d’arriver à leurs objectifs. Cet «avortement» a laissé un sentiment de non achevé, à rajouter à celui de déception décrit plus haut.
C’est ce qui explique le bouillonnement actuel, en particulier, de l’Egypte et de la Tunisie.
C’est ce que j’appelle l’épisode 2 du «printemps arabe», qui a commencé dès fin 2012. Cet épisode 2, après l’expérience de l’islam politique, pourrait aboutir au succès plutôt des groupes laïcs progressistes, ayant en priorité d’action l’amélioration, aussi rapide que possible, de la condition quotidienne du citoyen  ici-bas, et la garantie de l’équité sociale. Ce serait alors le début de la Renaissance du monde arabe, et le recul relatif sur la scène internationale, de pays (du Golfe en particulier) ayant activement appuyé les partis et mouvements islamistes. L’année 2013 pourrait être riche d’événements!

 

Autre déception: La position des dirigeants islamistes

vis-à-vis d’Israël

LORS de la dernière attaque contre Gaza, et tandis que tout le monde s’attendait à ce qu’ils soient plus virulents et actifs (comparativement aux dirigeants précédents) vis-à-vis d’Israël, nous avons été surpris par leurs positions assez modérées, et «politiquement correctes». Leurs positions, étant au pouvoir, ont radicalement changé par rapport à leurs discours et manifestations d’avant. Compte tenu de  la grande sensibilité des peuples arabes vis-à-vis de la question palestinienne, ces positions ont déçu, et révélé également une autre face des  «islamistes», à savoir leur alignement sur les positions de l’Arabie saoudite et du Qatar.

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