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Culture

Théâtre: Hadda, de prostituée à kamikaze

Par L'Economiste | Edition N°:3965 Le 11/02/2013 | Partager
Après Rabat et Casa, le spectacle de Daba Théâtre à El Hajeb le 15 février
Danse, chant, humour, histoire, islam et réflexions

Joindre «dessins animés et vidéo interactive» au théâtre. C’est l’une des idées qui donnent au spectacle «Hadda» son cachet original, en plus du texte de Jouad Essounani, et de la qualité du jeu de Meryem Zaimi 

DU Coran et de la salsa. Des injures et des mots d’amour. Du rire et des larmes, sans demi-mesure. Le dernier spectacle de Daba Théâtre Compagnie, qui s’est joué les 4 et 7 février à Rabat et Casablanca, et qui se jouera encore le 15 février à El Hajeb, a tenu ses promesses. Comme tous les spectacles estampillés Jaouad Essounani, la pièce de théâtre «Hadda» s’est prolongée en débats animés entre les spectateurs. L’histoire de Hadda, admirablement interprétée par Meryem Zaimi, confronte le spectateur à ses propres paradoxes, et à ceux de son pays … De la petite fille innocente qui aimait ses après-midi au douar à la femme qui décide de devenir kamikaze, l’histoire de Hadda remet en cause le statut de la femme, la relation avec dieu, et l’ego des hommes. «Que vont dire les voisins?». Une question a suffi à faire renier Hadda par ses propres parents, et signer la fin de son innocence.
Un avortement et un viol plus tard,  Hadda devient prostituée, de bas étage d’abord, puis prostituée attitrée d’un Saoudien. Sans verser dans le mélodrame, et avec beaucoup d’humour, elle raconte sa rencontre avec «Mehjoubinou», un étudiant en philosophie, marxiste-léniniste qui fera les frais de son militantisme. Elle devient ensuite la quatrième épouse d’un «fquih», qui lui fait aimer la religion sans l’y contraindre. Mais lorsque celui-ci est pris dans l’une des multiples arrestations de «barbus» post-11 septembre, elle perd espoir. Hadda décide alors de s’abandonner à la douleur et à la mort. Elle fait ses ablutions, et se dirige vers le public avec son sac à dos piégé… A chacun ses conclusions, mais aucun spectateur ne quitte la salle sans pousser plus loin la réflexion. De l’art engagé comme la scène marocaine en manque cruellement.
Tout au long du spectacle, la prostituée s’adresse à dieu avec une naïveté désarmante. Un texte poignant donc, qui veut «panser la plaie par le verbe». Mais au-delà du travail remarquable du dramaturge, il faut saluer le travail artistique. L’équipe derrière Hadda a su mettre sur place un vrai spectacle, mêlant théâtre, musique, projection de dessins animés et vidéo interactive. Les musiciens rythment certains passages, assurent les interludes, et deviennent même des partenaires de jeu de Meryem Zaimi par moment. La performance théâtrale de cette comédienne est d’ailleurs à souligner. Seule sur scène, elle a su tenir le public en haleine pendant plus d’1 heure et demie, alliant jeu, danse et chant, finesse et grossièreté, retraçant sans retouches le portrait complexe d’une femme aux prises avec l’Histoire.


Rime AIT EL HAJ

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