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Focus

Conserves de poissons
L’activité frôle l’asphyxie

Par L'Economiste | Edition N°:3625 Le 28/09/2011 | Partager
Chute des apports de 54% et recul des exportations de 40%
Les industriels continuent à réclamer un accès direct à la ressource

Depuis 8 mois, les ressources se font de plus en plus rares. Cette année, le manque de matières premières a engendré une chute des exportations de 40% avec des répercussions socioéconomiques importantes. Cela pourrait se traduire en chômage technique

La filière de l’industrie est toujours en manque de matières premières. Les professionnels du secteur vont même jusqu’à dire que l’activité vit une situation de crise sans précédent. En effet, la chute des apports a atteint 54% par rapport à une année normale. En moyenne, l’approvisionnement en temps normal est de l’ordre de 300.000 à 350.000 tonnes, soit un taux d’utilisation des capacités de production des usines de la filière de 50%. Cette année, le manque de matière première a engendré une chute des exportations de 40% avec des répercussions socioéconomiques importantes. «Si nous prenons l’exemple de 15 jours d’arrêt, ce sont 75 millions de DH de pertes en chiffre d’affaires pour la pêche, 37,5 millions de DH de pertes salariales pour la main-d’œuvre et 37,5 millions d’euros de pertes en chiffre à l’export», indique Majid Joundy, président de l’Union nationale de l’industrie de la conserve de poissons. Le plus grave, c’est que la rareté de la ressource a commencé depuis plus de huit mois.
«La baisse des apports est le résultat d’un phénomène biologique», explique Zakia Driouch, directrice de la pêche et de l’aquaculture auprès du département éponyme. Toutefois, la dernière campagne de prospection de l’INRH (Institut national de recherche halieutique) montre des signes de reprise de la biomasse et les prémices d’amélioration devraient apparaître dès décembre prochain avec un retour à la normale en mars 2012, ajoute-t-elle. Mais la profession ne veut plus rester tributaire des aléas climatiques et continue à demander un accès direct à la ressource.
Pour faire face à la crise, la tutelle propose un quota de 100.000 tonnes de sardines congelées à bord. Un volume jugé insuffisant par les opérateurs car cela ne peut représenter qu’un appoint de 5 à 10% selon les campagnes. Néanmoins, «certains professionnels ont déjà commencé à formuler des demandes», indique Zakia Driouch qui estime au demeurant que ce n’est qu’une mesure ponctuelle à titre exceptionnel pour répondre à la crise. Pour ce qui est de l’affrètement de bateaux pour pêcher du poisson frais, la tutelle propose un quota de 30.000 tonnes. Un tonnage jugé dérisoire par les professionnels, mais impossible à dépasser selon le département de la Pêche, en raison des capacités de débarquement du port de Dakhla.
Les industriels ne sont pas convaincus. Pour eux, tant qu’il n’y aura pas un accès direct à la ressource en poisson frais, le poisson congelé à bord ne restera qu’un appoint en raison notamment de son coût économique. «Notre département de tutelle était prêt à nous donner un accès direct à la ressource, mais conditionné par la non-reprise de la pêche industrielle. Depuis que la pêche côtière a repris en juin dernier, c’est la contre-proposition du quota de 100.000 tonnes de sardines congelées à bord qui a été avancée». Les représentants du ministère rappellent que ce sont des mesures ponctuelles. On souligne aussi de ce côté les mesures effectives depuis juin 2011 pour sauver cette campagne d’exportation à travers l’autorisation aux bateaux affrétés de type RSW, dans le cadre de la reconversion de la pêcherie poulpière et pêchant dans le stock C, à céder 80% de leurs captures en poissons frais au lieu de 50%. Ce qui représenterait 30.000 tonnes. Un volume considéré encore une fois insuffisant. Mais ce qui importe le plus aujourd’hui aux professionnels, c’est l’annonce des résultats de l’appel d’offres d’appoint dans le cadre du programme Halieutis qui permettrait à l’industrie de produire jusqu’à 80% des capacités installées. A ce sujet, Zakia Driouch avance que les résultats devraient être livrés incessamment. Il est impossible de lancer un nouveau processus de sélection et donc un second appel d’offres d’appoint tant que le premier ne sera pas bouclé. En attendant, la crise qui persiste dans le secteur pourrait bien engendrer une situation de chômage technique.

Stock

Baisse importante de la production de sardine et augmentation de la production des autres espèces et surtout de l’anchois, c’est ce qui ressort du dernier bilan de l’INRH, communiqué aux professionnels le 6 septembre dernier à Rabat. En termes de volume, la réduction de la sardine est de loin la plus importante. On retient que de janvier à juillet 2011, le volume des captures a atteint près de 176 millions de tonnes contre près de 418 millions de tonnes lors de la même période en 2010, soit une baisse de 58%. Sur le plan géographique, c’est à Laâyoune, Tan-Tan et Sidi Ifni qu’a été constatée la baisse de la production. La variabilité de la biomasse s’explique par le système d’Upwelling qui consiste en une remontée d’eaux froides riches en sels minéraux. Au Maroc, il résulte du régime des alizées et de l’anticyclone des Açores, est-il indiqué. En conclusion, souligne le rapport de l’INRH, les conditions environnementales jouent un rôle important dans la variabilité des stocks des petits pélagiques.

Malika ALAMI

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