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Focus

Horani au Club de L’Economiste
«L’emploi ne se décrète pas»

Par L'Economiste | Edition N°:3622 Le 23/09/2011 | Partager
La solution, chez les entreprises privées
Le patronat recommande une législation plus souple…
Et une réforme de la formation professionnelle

Source: HCP
Le taux d’emploi est passé, entre le deuxième trimestre 2010 et la même période de 2011, de 46,4 à 45,2%. Il a baissé de 1,1 point aussi bien dans les villes (de 38,4% à 37,3%) que dans les campagnes (de 58,1% à 57,0%). Toutefois, la création d’emploi demeure très insuffisante : sur la même période, le pays a perdu as moins de 84.000 emplois

«IL faut qu’on le dise et que ce soit clair, l’emploi ne se décrète pas. C’est une réalité à laquelle on n’échappera malheureusement pas de sitôt», déclare Mohammed Horani, président de la CGEM, invité au Club de L’Economiste. Pour y remédier, pas de recettes miracle, prévient la CGEM, «il faut encourager l’investissement et fournir parallèlement le marché en ressources employables». Le secteur public devant subir des charges faramineuses, Horani concède que «la solution est à chercher chez les entreprises privées, car ce sont elles qui créent de l’emploi».
Pourtant, le patronat ne se fait pas d’illusions: «s’il n’y a pas d’investissement et un renforcement de la compétitivité des entreprises, notamment grâce à la baisse de la pression fiscale, il n’y aura pas de résultat». Selon lui, «la problématique de l’emploi doit être gérée de façon responsable et sérieuse: il faut d’abord mettre en place des employeurs forts capables d’assumer cette charge». En parallèle, il faut aussi des ressources humaines employables. D’où la problématique de la formation professionnelle (voir L’Economiste du 14 septembre 2011). «Nous ne sommes pas à la recherche de primes à l’emploi, mais nous souhaitons avoir sur le marché du travail des personnes bien formées», explique le patron des patrons. Or, d’après les estimations du Conseil supérieur de l’enseignement (CSE), citées par la CGEM dans son mémorandum sur la loi de Finances 2012, environ 20 millions de Marocains seraient sous-qualifiés ou sans qualification aucune. Horani avoue que les entreprises ont un rôle important à jouer sur ce plan: c’est de leur ressort que dépend l’adaptation des profils présents sur le marché à leurs propres besoins. Cet engagement figure d’ailleurs parmi les 20 mesures de l’emploi proposées par le patronat en février 2011.
Encore faut-il que la formation professionnelle soit à la hauteur. Le président relève que des progrès ont été réalisés notamment en matière de formation initiale. «Malheureusement, la formation continue est en panne», déplore-t-il. Dans ses propositions sur la loi de Finances 2012, la Confédération patronale critique une mauvaise allocation des recettes de la taxe sur la formation professionnelle, payée par les entreprises, mais qui ne sert que timidement à l’amélioration de la formation continue. La CGEM propose d’ailleurs de revoir tout le système et de proposer un nouveau mode de gouvernance qui suppose une réadaptation profonde de l’OFPPT et des entreprises représentées par la CGEM au conseil d’administration de l’Office.
Pour le patronat, l’un des principaux obstacles à la promotion de l’emploi tient à la rigidité du code du travail. «Si on veut régler ce problème, il faut absolument assouplir les mesures réglementaires de façon à ce que les salariés ne soient plus surprotégés». Sans aller jusqu’à défendre un super pouvoir de licenciement, le patronat propose la mise en place de moyens pour lutter contre l’abus et le sanctionner. «Au jour d’aujourd’hui, le Maroc dispose de très mauvais scores sur ce plan». Le dernier rapport du World Economic Forum le place parmi les derniers de la liste, 135e sur 142. Résultat, un employeur au Maroc hésite beaucoup avant de recruter. «Nous pensons qu’une législation plus souple fluidifierait le marché de l’emploi».
En attendant, la confédération patronale préconise le recours à l’auto-emploi. Il s’agit d’aller dans l’informel, d’identifier les unités de production qui y exercent et de les pousser à intégrer le formel en les aidant à se structurer. Horani reconnaît qu’il ne s’agit pas d’une tâche évidente surtout qu’il faudra pour les réhabiliter, «accorder un accès à tous leurs droits sociaux notamment à la retraite, au logement social, à l’assurance maladie, et surtout à la formation». La mise en place d’incitations fiscales n’est pas en reste, celles-ci devraient permettre aux entreprises structurées de fournir ce travail de manière à ce que tout le monde y gagne, «nous créons de l’emploi et nous en faisons profiter les entreprises».

Marketing des métiers

Le président de la CGEM insiste sur la valorisation des métiers comme levier pour l’emploi. Tenant compte des taux de chômage élevés chez les diplômés (18,2% en milieu urbain selon les derniers chiffres du HCP), le président de la CGEM propose de revoir l’approche marketing des métiers. «Les jeunes sont de plus en plus exigeants, au point que plusieurs demandent aujourd’hui à travailler uniquement dans le secteur public». Aujourd’hui, si ces personnes ne veulent pas aller vers des métiers où les besoins sont importants, c’est parce que dans l’imaginaire commun des gens, ces métiers sont dégradants.

A. N.

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