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    Société

    Ultime combat du Pr Harouchi

    Par L'Economiste | Edition N°:3601 Le 23/08/2011 | Partager
    L’éminent médecin et ex-ministre s’est éteint le 21 août
    Santé, environnement, civisme… ses engagements

    Les contributions du Pr. Abderrahim Harouchi à la pédiatrie marocaine et à la société civile sont énormes. Avec sa disparition, le Maroc perd notamment un grand défenseur des valeurs de la citoyenneté et du civisme

    Le professeur Abderrahim Harouchi est décédé, dimanche 21 août, après un long combat contre le cancer. Il avait 67 ans. La nouvelle a plongé le monde associatif, de la médecine et de la politique en état de choc. Dans la rue et les foyers, c’est également la consternation: le Pr. Harouchi était l’une des personnalités préférées des Marocains. Et les éloges entendus depuis l’annonce de son décès ne sont pas que de simples belles paroles de circonstance. Les témoignages sont, en effet, sincères et chaleureux concernant cet éminent médecin, militant associatif et ex-ministre. Mohamed M’Jid, grand militant associatif, en parle avec beaucoup d’émotion: « tous les souvenirs qui seront liés au Pr. Harouchi seront entièrement inscrits dans l’action du bien. Son énergie était communicative, de toujours, il avait de belles valeurs, de belles paroles. Il a eu le courage de montrer à Sa Majesté le Roi ce que l’on avait l’habitude de lui cacher». M’Jid fait notamment allusion au scandale de l’orphelinat d’Aïn Chock, en avril 2005, dévoilé au Souverain par Harouchi, alors ministre du développement social de la Famille et de la Solidarité.
    D’un tempérament idéaliste et passionné, Harouchi a mené de véritables combats pour le progrès. La preuve, ses contributions pour la pédiatrie marocaine ainsi que ses réalisations lors de ses différentes fonctions gouvernementales. Né en 1944 à Casablanca et diplômé en 1973 de la faculté de médecine Cochin Port-Royal Paris V, l’homme au nœud papillon a marqué de son empreinte la chirurgie pédiatrique de 1976 à 2010. Ministre de la Santé de 1992 à 1995 et du Développement social, de la Famille et de la Solidarité (2004 à 2006), il a été un homme à part. Avant d’occuper ces fonctions politiques, il a été chef de service de chirurgie infantile du CHU Ibn Roch qu’il s’est attelé à moderniser. Aujourd’hui encore les enfants et leurs familles lui en sont reconnaissants. En juin dernier, ils ont rendu un vibrant hommage à leur « docteur », celui qui opérait en musique. Il appréciait particulièrement les Quatre saisons de Vivaldi (cf. www.leconomiste.com).
    La modernisation et la mise à niveau des hôpitaux du Royaume seront son autre combat durant son mandat ministériel. Un chantier difficile mais qu’il a mené énergiquement au risque de « faire des mécontents». Décidé et intransigeant, pour lui la « sécurité du patient » passait avant tout. En tant qu’homme de communication, il savait mobiliser et motiver le corps médical. Il savait également encourager les compétences mais est intransigeant avec la médiocrité. «Stratégie, pédagogie, motivation», c’était son crédo pour changer les mentalités dans le domaine de la santé.


    Citoyen responsable

    Pour lui, la valorisation du capital humain était primordiale pour espérer un changement radical dans le secteur hospitalo-universitaire. La définition des objectifs, l’adaptation des moyens, la planification d’un système d’évaluation étaient détaillées dans ses deux ouvrages: «Apprendre à apprendre 1» et la «Pédagogie des compétences, à l’usage des enseignants et des formateurs 2». Harouchi a été aussi à l’origine de la création du Certificat maghrébin de pédagogie en 1989.
    D’un optimisme contagieux, il a mis toute sa foi pour améliorer les choses et les gens. Pour que chacun soit citoyen responsable de ses actes. Son engagement à la tête d’Afak, association active dans le domaine de la promotion des principes et des droits civiques et des valeurs de la citoyenneté, lui ont valu le titre de monsieur « société civile ». Protection de l’environnement, éducation au civisme, lutte contre la mendicité et la pauvreté, etc. Harouchi était sur tous les fronts. Il a participé à la création de nombreuses associations, notamment le collectif Démocratie et modernité au lendemain du 16 mai 2003, pour dénoncer le terrorisme et l’obscurantisme. Il aimait son pays et il était persuadé qu’en « s’y mettant tous » on pourrait l’aider à se développer plus vite.
    Travailleur insatiable, il savait être disponible pour sa famille et à ses amis.
    «Il croquait la vie à pleines dents. Il aimait la musique et chanter. C’était un compagnon chaleureux, modeste et qui n’aimait pas se mettre en avant. C’était un être exceptionnel», raconte son ami, le publicitaire Nourdine Ayouch.

    Fatima El Ouafi

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