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    Cuir: Fini les profils standard!

    Par L'Economiste | Edition N°:3596 Le 16/08/2011 | Partager
    Les besoins en RH estimés à plus de 2.000 postes
    Les 400 lauréats 2011 déjà embauchés

    Séance de formation dans une tannerie de nouvelle génération

    Du jamais vu! Les 400 lauréats 2011 des instituts de formation en cuir de l’Ofppt ont tous été insérés. C’est le taux d’insertion le plus élevé à l’Office cette année. Les profils en question sont essentiellement des employés formés aux métiers de coupe, de piquage et de montage. Le cru de cette année n’est pas suffisant pour répondre aux besoins de recrutement des entreprises de cuir, estimés à plus de 2.000 postes. Des besoins attribués au retour en force des donneurs d’ordre. Au cours des années précédentes, les entreprises de cuir avaient l’habitude de tourner au ralenti pendant l’été. Cette année, la reprise est là. En témoignent les exportations qui ont augmenté de 12% au cours du premier semestre 2011. Une embellie qui fait dire à un opérateur du cuir que «le problème actuel du secteur n’est pas tant de décrocher des commandes, mais de trouver des profils spécialisés. D’autant plus que donneurs d’ordre étrangers et consommateurs nationaux sont devenus plus exigeants». La formation sera donc la priorité pour la filière. Outre le niveau d’exigence de la clientèle, la reconfiguration du travail du cuir explique l’intérêt de mettre à niveau la formation professionnelle. En effet, par le passé, la sous-traitance était la règle générale. Les pièces des articles de cuir étaient produites localement avant d’être expédiées en Europe pour y être montées. «Les donneurs d’ordre européens exigent maintenant des produits finis. Ce qui suppose que le travail devrait être fait au niveau local», explique Jamal Bahhar, SG de la Fédération des industries du cuir (Fédic). Les entreprises de cuir sont donc appelées à se reconvertir dans la cotraitance.
    Autre facteur justifiant la montée en gamme de la formation, la conception par les entreprises marocaines de leurs propres collections par faire face à une clientèle dont les habitudes de consommation ont beaucoup changé. D’où l’apparition de nouveaux métiers dans le secteur, à savoir le modélisme, le design, la logistique, l’approvisionnement…
    Bon nombre d’entreprises de cuir sont actuellement en train de moderniser leur outil de production en s’équipant de CAO, de systèmes d’information, de gestion de production assistée par ordinateur. D’autres technologies sont en train d’être mises en place comme les systèmes de gestion de maintenance assistée par ordinateur ou encore la nouvelle génération de découpe automatique qui vient remplacer les fameux emporte-pièces, utilisés dans la confection des petites séries et qui commencent à être rangés au placard.
    Une mutation qui exige la révision et le renforcement du dispositif de formation tant en amont qu’en aval. Ainsi, la filière déploie beaucoup d’efforts pour l’intégration de l’activité tannerie, qui se décline en plusieurs métiers tels que le classement des peaux, l’opérateur de machine pour rivière, le tannage et retannage, le finissage…
    Le programme de formation axé sur la tannerie devra répondre aux exigences très élevées des exportateurs qui sont en phase avec celles des donneurs d’ordre. Les peaux seront désormais transformées via des procédés chimiques plus sophistiqués, préservant l’environnement et offrant un meilleur rendu. D’où la nécessité de maîtriser la chimie, la coloration... A signaler que le prix du cuir représente à lui seul 50 à 60% de la valeur du produit fini. Par conséquent, si les entreprises marocaines utilisent le cuir local, elles augmenteront d’autant la valeur ajoutée de leurs produits. Ce qui permettra de faire des économies de devises. C’est la raison pour laquelle la Fédération a lancé une formation qualifiante au profit de cadres supérieurs spécialisés dans la chimie de la tannerie en partenariat avec l’Anapec. Le principe consiste à dispenser une formation approfondie de six mois à une vingtaine de cadres (licence et master en chimie) sur la chimie de la tannerie, la gestion de production, le marketing, la gestion des ressources humaines… Le processus vient de s’achever. Les lauréats, qui ont déjà été placés en stage de pré-embauche à Casablanca et à Fès, seront recrutés en tant que responsables de fabrication.

    Nouveau centre de formation

    Une étude a été réalisée en partenariat avec l’Agence française de développement (AFD) sur l’accroissement des compétences des différents intervenants. Un programme qui s’articule autour de plusieurs axes: la mise à niveau des équipements de formation des stagiaires via l’acquisition par l’Ofppt d’une nouvelle génération de matériel. L’étude porte également sur la mise à jour et l’implémentation du contenu de la formation du formateur. La coopération avec l’AFD, qui s’achèvera en avril 2013, prévoit le lancement de trois spécialités (coupe, piquage et montage) à l’Ista Bab Ftouh, à Fès. Les travaux de construction des ateliers de formation seront lancés incessamment et l’ouverture est prévue pour la rentrée 2012-2013. Les trois filières constitueront à terme le noyau dur du futur centre de formation des techniciens et techniciens spécialisés en cuir. Le centre pourrait également former des modélistes, des agents d’encadrement de production ou encore des techniciens spécialisés en méthodes.

     

    Hassan EL ARIF

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