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Focus

Les privats, carte de la dernière chance

Par L'Economiste | Edition N°:3594 Le 12/08/2011 | Partager
15 milliards de DH seront mobilisés grâce à 3 opérations
La manne soulagerait en partie les comptes du Trésor
101 milliards de DH de recettes de privatisation depuis 1993

Tel qu’imaginé au départ, le programme de privatisation était censé permettre une modernisation de l’économie ou encore alléger les charges du budget de l’Etat. Aujourd’hui, il devrait aussi aider à combler le déficit budgétaire

L’Etat a engrangé près de 6 milliards de DH suite à la cession de 20% de la BCP et la vente de la Société des Sels de Mohammedia (SSM). Avec l’abandon de 7% de Maroc Telecom qui se profile et une cagnotte d’environ 9 milliards de DH attendus, les recettes de privatisations au titre de 2011 se hisseront au deuxième rang depuis le début de ces opérations en 1993.
Le sommet avait été atteint en 2001 avec la cession de 35% de l’opérateur télécom à Vivendi Universal à 23,3 milliards de DH.
La privatisation redevient une piste plus que sérieuse pour assainir les comptes de l’Etat. «C’est un mauvais signe. Nous sommes dans une situation qui s’apparente à celle de la Grèce ou du Portugal où il faut absolument vendre pour payer», note Lahcen Daoudi, économiste et membre du PJD. Les prévisions les plus pessimistes tablent sur un déficit budgétaire de 6% cette année.
Même les recettes issues de la privatisation ne pourront peut-être pas combler le déficit.
Il faut dire que les issues de secours sont limitées pour le Trésor. Une sortie à l’international est quasi vaine aujourd’hui en raison des perturbations sur les marchés financiers. Côté revenus, moins de 156 milliards de DH sont attendus en 2011 au titre des recettes fiscales. L’année dernière, elles ont été de 154 milliards de DH, soit 3,7% de mieux que les prévisions de la loi de Finances 2010. Elles ont été aussi 2,2% de plus qu’en 2009. Une croissance, certes, mais molle pour contenir l’envolée des dépenses.
Cependant, les possibilités pour relever le niveau des recettes fiscales ne semblent pas totalement exploitées. «Nous devons absolument revisiter la fiscalité. Nous avons jusque là travaillé pour les lobbies, ce qui fait que la charge pèse davantage sur le peuple. Il faudrait une fiscalité productive et non une qui remplisse seulement les caisses de l’Etat», relève Daoudi. Pour lui, «nous avons encore beaucoup de niches à raboter». De plus, l’on pourrait également créer des impôts nouveaux. «Malheureusement, nous n’avons pas de débat sur le sujet en dehors de la loi de Finances», regrette Daoudi.
Tel qu’imaginé au départ, le programme de privatisation était censé permettre une modernisation de l’économie ou encore alléger les charges du budget de l’Etat. Aujourd’hui, il devrait aussi aider à boucher le déficit budgétaire. Même si, selon le département des Finances, l’objectif aujourd’hui est de dissocier les recettes de privatisations des autres recettes de l’Etat. Dans les textes, la moitié des fonds issus de la privatisation est destiné au fonds d’investissement souverain, qui au passage n’est pas encore créé, et l’autre moitié alimentera les caisses du Fonds Hassan II. Mais, «rien n’empêche que le Trésor bénéficie de ces recettes en cas de besoin», relèvent des analystes de CDG Capital. En dehors de la BCP et SSM, d’autres entreprises figurent sur la liste des sociétés à privatiser. Ce sont notamment Biopharma (Société de production biologique et pharmaceutique vétérinaire), Sonarcos (Société nationale de commercialisation de semences) ou encore Marsa Maroc. CIH figure également sur la liste. En tout les cessions d’actifs de l’Etat ont rapporté plus de 101 milliards de DH à fin novembre 2010. A lui seul, le désengagement progressif de Maroc Telecom a permis de mobiliser 49 milliards de DH, soit 48% du montant global.
Depuis la cession de 35,73% de la société de fabrication de levure Soders en février 1993, 73 autres opérations ont été réalisées à fin novembre 2010. L’on en retiendra 10 principales y compris celles sur Maroc Telecom. Il s’agit notamment de l’acquisition par le groupe Altadis de 80% de la Régie des Tabacs en juin 2003 à 14 milliards de DH.

F. Fa

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