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    Europe

    Bruxelles enquête sur Google

    Par L'Economiste | Edition N°:3589 Le 05/08/2011 | Partager
    Le géant du Web soupçonné d’abus de position dominante
    Des sites concurrents seraient «rétrogradés» dans les recherches

    LA Commission européenne met la pression sur Google. Les régulateurs de l’UE mènent actuellement une investigation pour abus de position dominante du géant d’Internet. Ils enquêtent sur neufs affaires de droit à la concurrence (ou antitrust), qui font suite à des accusations portées par certaines entreprises sur le moteur de recherche. Google profiterait ainsi de sa position pour rétrograder dans les recherches des sites concurrents sur certains services, et donc de privilégier dans la hiérarchie les résultats de ses propres sites.
    Cette affaire ne date pas d’aujourd’hui. En 2010, l’autorité française de la concurrence a jugé que Google occupait une position fortement dominante dans la publicité liée aux recherches sur Internet, sans toutefois préconiser une nouvelle réglementation pour ce secteur. En février dernier, le moteur de recherche spécialisé eJustice.fr et les comparateurs de prix Foundem et Ciao (filiale de Microsoft) avaient déposé trois plaintes contre les pratiques de Google sur la concurrence. Un mois plus tard, Microsoft a déposé une requête auprès des autorités de surveillance de l’UE, affirmant que Google bloquait systématiquement l’accès à ses services concurrents.
    Si le rapport de la Commission ne mentionne pas les noms des plaignants actuels, tout porte à croire que les nouvelles plaintes auraient été déposées, entre autres, par les trois sites mentionnés précédemment. Agacé de ces pratiques, le site eJustice.fr accuse Google de déréférencer les recherches liées à son site. « Nous avions entre 12.000 et 15.000 connexions par jour, six personnes travaillaient sur eJustice. Nous sommes passés à maximum 700 connexions, nos revenus ont été divisés par quatre et nous ne sommes plus que deux », dénonçait en février Dominique Barella, le créateur du site.
    Justement, les comparateurs de prix (connus sous le nom de services de recherche verticaux) sont les plus affectés par ces pratiques anticoncurrentielles. Ce sont des moteurs spécialisés dans la recherche de contenus spécifiques. Par exemple, la recherche d’images, de vidéos ou même d’offres d’emplois représentent une recherche verticale. De son côté, Google joue la carte de l’ouverture et déclare être prêt à répondre et à collaborer avec les autorités européennes, en expliquant que les technologies et les produits qu’ils offrent ne sont utilisés que dans le but de satisfaire les consommateurs. Par ailleurs, la Commission enquête également sur des allégations selon lesquelles Google aurait dégradé le « score de qualité » de services de recherche verticaux concurrents dans ses résultats de recherche payants. Le « score de qualité » est un des facteurs qui détermine le prix à payer pour l’affichage d’une publicité sur Google.
    L’enquête de la Commission viserait également des plaintes selon lesquelles Google imposerait des clauses d’exclusivité à des partenaires publicitaires, en leur interdisant de disposer de certains types de publicités fournies par des concurrents sur leur site web, ainsi qu’aux fournisseurs d’ordinateurs et de logiciels. Et ce dans le but d’exclure les outils de recherche concurrents. Enfin, la Commission enquête sur la restriction de la portabilité des campagnes de publicité en ligne vers des plateformes de publicité en ligne concurrentes. Rappelons que la Commission peut condamner les entreprises à des amendes allant jusqu’à 10% de leur chiffre d’affaires mondial. Microsoft et Intel ont chacun été condamnés à des amendes de plusieurs centaines de millions d’euros par le passé pour abus de position dominante.

    Amine EL HASSOUNI

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