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Société

«C’est tout un écosystème migratoire qui est aujourd’hui chamboulé…»

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5868 Le 20/10/2020 | Partager
Il est fort à parier que l’année 2020 sera marquée par une baisse historique des migrations vers l’OCDE
Le choc est rude notamment pour les travailleurs temporaires
La fermeture des frontières n’est pas une option durable
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«Même si les difficultés ne doivent pas être sous estimées, le Maroc est souvent cité en exemple pour la politique qu’il mène vis-à-vis des migrants qu’il accueille mais également pour la coopération active…», indique Jean-Christophe Dumont qui dirige la Division des migrations internationales à la Direction de l’Emploi, du Travail et des Affaires sociales à l’OCDE. L’Organisation de coopération et de développement économiques a publié le 19 octobre son rapport sur «Les Perspectives des migrations internationales 2020» (https://www.oecd.org).
(Ph. JCD/OCDE)

- L’Economiste:  Quelles sont les récentes tendances des flux migratoires?
- Jean-Christophe Dumont:
En 2019, on comptabilisait près de 5,3 millions de nouveaux immigrés dans les pays de l’OCDE sans compter la Turquie et la Colombie qui accueillent chacune un très grand nombre de personnes déplacées en provenance de Syrie et du Venezuela respectivement. Ce chiffre est comparable à celui des années précédentes, et ce en dépit de la baisse des arrivées de demandeurs d’asile et de réfugiés. En parallèle, les entrées de travailleurs temporaires sont en constante augmentation et atteignaient plus de 5 millions avant la pandémie.
 
- Quel a été l’impact de la pandémie de Covid-19 sur les flux des migrations internationales?
- Avec la fermeture des frontières et des consulats mais aussi la suspension de nombreux vols commerciaux l’impact de Covid-19 sur la délivrance de nouveaux titres de séjour est remarquable. Au premier semestre 2020, près de la moitié de nouveaux titres ont été octroyés par rapport à la même période un an auparavant. Sur le deuxième trimestre, la baisse est en moyenne de 70% pour l’ensemble de l’OCDE. Si les services d’immigration ont progressivement repris leurs activités au troisième trimestre on reste loin des niveaux «normaux» et il est fort à parier que l’année 2020 sera marquée par une baisse historique des migrations vers l’OCDE.

- Quelle est la proportion des migrants bloqués ou touchés par la fermeture des frontières?
- Le choc est rude notamment pour les travailleurs temporaires. L’Espagne a par exemple suspendu son programme de travailleurs saisonniers affectant de très nombreux bénéficiaires marocains. Dans l’OCDE, on peut trouver de nombreux exemples similaires même si certains corridors migratoires n’ont pas été totalement fermés notamment au sein de l’Union européenne. Hors de l’OCDE, l’Arabie saoudite a par exemple émis 10 fois moins de permis de travail au second trimestre 2020 que l’année précédente, laissant sans perspective des centaines de milliers de travailleurs en Asie. Par ailleurs les étudiants étrangers sont également fortement affectés et ont dû reconsidérer leur projet même si de nombreux pays font actuellement un effort pour rattraper le retard accumulé ces derniers mois. Les migrants familiaux sont également impactés, notamment parce qu’au-delà des questions liées aux conditions d’entrée, leur sponsor peut avoir de plus grandes difficultés à remplir les conditions matérielles exigées pour le regroupement familial si son emploi est menacé. C’est en fait tout un écosystème migratoire qui est aujourd’hui chamboulé.

- Outre le recrutement de travailleurs agricoles saisonniers, quels sont les autres secteurs les plus impactés?
- Certains secteurs ont continué à recruter pendant la pandémie. C’est le cas notamment des services de santé ou des services informatiques. Les migrants déjà installés dans les pays de l’OCDE ont été en première ligne pendant le confinement. Ils ont assuré la continuité de service dans le secteur de la distribution ou des transports. Ils sont par ailleurs surreprésentés dans les services de nettoyage ou de sécurité très mobilisés ces derniers mois. Cette crise a clairement montré que la fermeture des frontières n’est pas une option durable.
 
- Que propose l’OCDE en vue d’améliorer l’intégration à long terme des migrants?
- Les questions d’intégration se posent différemment selon les pays d’accueil, la proportion de réfugiés qu’ils reçoivent, le degré de sélection de leur politique migratoire ou la situation générale de leur marché du travail. Cela dit cette crise affecte plus sensiblement les immigrés que les natifs dans tous les pays de l’OCDE, notamment parce qu’ils occupent plus souvent des emplois précaires ou sont dans des secteurs plus sensibles aux chocs économiques comme l’hôtellerie-restauration. L’OCDE appelle les pays à ne pas baisser la garde sur les politiques d’intégration qui doivent être considérées comme un investissement personnel et collectif et non comme une dépense pure et simple. L’apprentissage linguistique, la validation des acquis et de diplômes étrangers, la formation et la lutte contre les discriminations sont les pierres angulaires d’une politique d’intégration efficace.
 
- Comment évaluez-vous l’approche du Maroc en matière de politique migratoire?
- Même si les difficultés ne doivent pas être sous estimées, le Maroc est souvent cité en exemple pour la politique qu’il mène vis-à-vis des migrants qu’il accueille mais également pour la coopération active qu’il a développée avec les principaux pays de destination notamment en Europe. Il a un rôle central à jouer sur le continent africain sur cette question.

Propos recueillis par Fatim-Zahra TOHRY

                                                                                        

Pacte mondial sur les migrations

Selon Jean-Christophe Dumont, «le Pacte mondial sur les migrations n’a pas été ratifié par tous les pays de l’OCDE mais a permis d’ores et déjà de renforcer la coordination entre les institutions internationales et les Etats signataires. La crise du Covid-19 n’en est pas moins un test pour cet accord historique, alors que les pays ont dû prendre des mesures d’urgence pour fermer leurs frontières et que certains s’interrogent maintenant sur l’adaptation de leurs politiques migratoires, notamment à des fins d’emploi». Pour rappel, le «Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières» a été adopté les 10 et 11 décembre 2018 à Marrakech, à l’issue de 18 mois de consultations et de négociations (voir aussi notre édition N° 5409 du 11/12/2018).

 

 

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