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Le Cercle des Experts

Tant d’investissements pour si peu de croissance

Par Mohamed TAKADOUM | Edition N°:5859 Le 07/10/2020 | Partager

Parent d’élève, impliqué dans la vie associative autour des écoles, Mohamed Takadoum, ancien haut fonctionnaire, a été cadre dirigeant de l’Office national des Postes et Télécommunications et de Barid Al-Maghrib. Il a aussi été à l’Inspection de ces entreprises publiques. Il tient un blog d’analyse politique: bouliq.blogspot.com (Ph. TM)

Mohamed Benchaâboun, ministre des Finances, s’est félicité de la levée d’un emprunt à l’international d’un milliard d’euros mais aussi du maintien de «l’investment grade du pays» malgré la crise. Si on peut se féliciter, avec le ministre, de la conclusion de cette opération, on est aussi en droit de lui dire quid de la rationalisation des dépenses?

Car le pays traverse une conjoncture économique et sociale difficile à cause de la Covid-19. Le PIB va durement se replier. Si le recours à l’emprunt extérieur est nécessaire, il est aussi du devoir de l’argentier du Royaume de faire la chasse aux gaspillages, d’optimiser les dépenses de l’Etat et autant que possible des établissements publics et des collectivités territoriales sous sa tutelle financière en menant les réformes nécessaires à ce sujet.

Rationaliser les dépenses publiques

 Pour faire face à la contraction de l’économie et aux dépenses sociales exceptionnelles, l’Etat doit faire des économies et surtout avoir des réflexes d’économie dans toutes ses dépenses. Des réformes certes à cet effet mais aussi une lutte à engager contre les mauvaises habitudes qui entraînent des gaspillages comme cette course effrénée engagée chaque fin d’année par des administrations pour «terminer» les dotations budgétaires qui leur sont allouées au titre de l’année, de peur de ne pas pouvoir en bénéficier l’année d’après. Ces mauvaises habitudes doivent à mon avis être corrigées par les mesures suivantes:

- accorder des enveloppes budgétaires surtout en matière d’investissement en fonction non des réalisations comptables mais des réalisations physiques;

- simplifier et normaliser les circuits et les procédures administratives et les rendre plus transparentes;

- développer l’utilisation de l’outil informatique dans le traitement des dossiers et éliminer autant que possible l’intervention humaine;

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Le président de la Cour des comptes, Driss Jettou, ici avec le rapport sur Al Hoceïma -qui a l’air de bien amuser ses auditeurs! Passées les premières émotions sur le travail de la Cour, les rapports ont perdu beaucoup de leur force pour entraîner l’amélioration de la gestion publique (Ph. L’Economiste)

- revoir les textes et procédures de passation des marchés et commandes de l’Etat, des collectivités locales et des établissements publics pour plus de transparence notamment dans l’établissement des cahiers des charges, dans le traitement des concourants, et dans le suivi des réalisations;

- revoir les procédures d’engagement, de liquidation et de paiement des dépenses de l’Etat, des collectivités territoriales et des établissements publics.

Il est à rappeler que notre pays est un des rares qui ont réservé pendant plusieurs années près de 30% de leur PIB à l’investissement. Pourtant ça ne démarre pas. D’après le FMI, le Maroc devait être sur un niveau de développement beaucoup plus important. En cause, les choix non judicieux de certains investissements et le gaspillage qui s’ensuit. C’est pourquoi le choix des investissements et des technologies doit s’opérer de façon judicieuse sur ceux qui créent de la richesse, y compris immatérielle, et qui s’accompagnent de la création d’emplois et de la lutte contre la pauvreté et la marginalité.

Donner suite à la Cour des comptes

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Les grands chantiers publics contribuent fortement à la formation brute de capital fixe mais faiblement à la croissance et à l’emploi. Mais depuis toujours les gouvernements font valoir leur politique sur la base de ce type de chantiers (Ph. DR)

Au niveau du fonctionnement de l’Etat et des collectivités territoriales, la rationalisation doit être de mise, recours aux consultations externes, véhicules de service, logements, cérémonies et organisation de conférences et colloques à grands frais, etc. Dans le cadre de la rationalisation des dépenses, il ne faut pas oublier toutes ces fondations et agences entretenues parfois à grand frais par l’Etat.

Des audits permettront certainement d’en supprimer certaines mais aussi de rationaliser la gestion d’autres. Des économies peuvent aussi être faites en rationalisant les dépenses de l’Etat, toutes les dépenses de l’Etat (fonctionnement et investissement ou autres) en éliminant des dépenses dont la pertinence n’est pas prouvée et en diminuant drastiquement d’autres.

Et enfin donner suite de façon minutieuse rapidement aux conclusions, observations et propositions des rapports pertinents et remarquables des juges de la Cour des comptes à ce sujet. C’est un travail collégial qui doit être confié à une commission siégeant à la primature ou au ministère des Finances avec une feuille de route précise et une large compétence avec un délai de réalisation précis.

Quant à la culture d’économie c’est à coup de circulaires, instructions et de directives sans failles mais aussi de sanctions, de lourdes sanctions quand il le faut, pour la mettre en œuvre.

                                                                                  

Ils font quoi dans ces bâtiments?

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Les beaux bâtiments de l’Agence nationale pour la promotion de la PME et PMI à Rabat. Elle a des représentations locales dont certaines sont logées dans les Chambres de commerce en attendant de nouveaux bâtiments. Comme de nombreux services publics, elle affiche plus volontiers ses objectifs que ses résultats (Ph. ANPME)

Pour commencer, pourquoi donc tous ces établissements publics dont certains sont entretenus à grands frais? Leurs attributions se chevauchant parfois et empiètent sur les attributions des départements ministériels:
- Le ministère du Tourisme et Office du tourisme et souvent la RAM;
- Le ministère de la Formation professionnelle et Office de la formation professionnelle;
- L’eau est gérée par deux ministères et un office;
- Les droits de l’Homme gérés contre toute logique par un ministère d’État, et un organe constitutionnel, le CNDH en plus d’ONG qui ont pignon sur rue.
- etc.
Chaque fois que je passe devant ce bel immeuble de l’Agence nationale de promotion de la petite et moyenne entreprise à Hay Riad à Rabat (objet d’un rapport sévère de le Cour des comptes en 2015), une question me taraude: Elle fait quoi cette agence pour les PMI-PME sachant que des financements importants lui sont alloués y compris des lignes de crédit par des bailleurs de fonds étrangers.
On redoute la faillite de milliers d’entreprises et avec, la destruction des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers d’emplois.
Les principales causes citées par le Centre de la conjoncture sont la mauvaise gestion, les questions de financement et enfin les études de faisabilité et de rentabilité préalables à toute création d’entreprises.
En d’autres termes, un manque flagrant d’accompagnement et d’encadrement des PMI-PME ce qui est l’essence même de l’existence de cette agence.
Je répète ma question: ils font quoi dans cette agence qui nous coûte, à vous et à moi?

 

 

 

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