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Société

Abdel Alaoui: «Les restaurateurs devront se renouveler»

Par Ghizlaine BADRI | Edition N°:5853 Le 29/09/2020 | Partager
La crise du Covid a mis à terre plus de 30% des opérateurs en France
Vers de nouvelles formes de commercialisation du secteur
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Abdel Alaoui, cuisinier, animateur télé: «La crise sanitaire a poussé les restaurateurs à revoir leur modèle et à trouver une nouvelle manière de consommer. Il s’agit également de repenser le produit et de renouveler le marketing autour de la vente» (Ph. AA)

Natif d’Oujda, Abdel Alaoui, qu’on surnomme «Choumi» au Maroc, en référence à «Choumicha», a révolutionné la cuisine en la mettant en scène dans des émissions télévisées en France. Ce cuistot pas comme les autres a rassemblé ses deux passions, le théâtre et la cuisine, pour en faire un show qu’il concocte comme un plat qui sortirait de ses fourneaux. Suite à la crise qui a touché les restaurateurs en France et au Maroc, à cause du Covid-19, Abdel Alaoui livre un témoignage au sujet d’un secteur en souffrance, entre factures qui s’accumulent et tiroirs-caisses qui restent vides. À ce jour, près de 30% des restaurateurs mettent la clé sous la porte en France. Le cuisinier partage également ses projets, dont une franchise de «sandwichs gastronomiques» au Maroc. Interview.

- L’Economiste: Vous êtes comédien, cuisinier, animateur télé en France…, comment vous définissez-vous?
- Abdel Alaoui:
J’ai commencé il y a fort longtemps à apprendre la cuisine, que je considère comme un art et que j’associe au théâtre. En cuisine, l’art de la mise en scène est essentiel, comme dans le théâtre. Dans l’un nous avons un «goûteur», et dans l’autre «un spectateur». Les deux univers se ressemblent, se rejoignent et possèdent des similitudes. J’ai pris goût à la littérature avec Molière, Courteline, Feydeau, qui m’accompagnaient souvent dans le métro, et qui me conduisaient à mon travail, dans les cuisines du «Fouquet’s». Ma passion pour le 6e art a débuté lors de mon passage à l’école d’art dramatique Jean Périmony où j’ai appris les bases du jeu théâtral. Quand j’étais jeune, j’adorais me déguiser et faire le trublion dans la famille. Mes deux passions, la cuisine et le spectacle, ont muri très tôt dans mon esprit, dès lors il fallait trouver un moyen de conjuguer les deux métiers.

- Comment avez-vous démarré?
- J’ai travaillé pendant 3 ans comme cuisinier, et suivi des cours de théâtre le soir. C’était très intense, mais passionnant. Ensuite, je suis allé à Londres travailler dans un restaurant qui s’appelait «le Sketch», tout en suivant les émissions de «Jamie Oliver», star locale des fourneaux. De retour en France en 2008, j’ai proposé un concept hybride entre cuisine et spectacle à «Canal+», qui a tout de suite accepté. Je réalisais des recettes scénarisées de moins de 5 minutes. De 2012 à 2014, j’ai travaillé au Maroc avec Kamal le Magicien sur la SNRT. Nous avions une émission, «lhma9 ou lmada9» en access le samedi. Deux ans plus tard, en 2016, après un passage à la radio à Medi1, j’ai animé une émission culinaire en Algérie sur «Samira TV» jusqu’en 2019. En parallèle, j’ai présenté le Top Chef du pays et écrit plusieurs livres de cuisine.  

- Vous restez très connecté à vos origines. Quels liens entretenez-vous avec le Maroc?
- J’ai commencé à travailler au Maroc il y a une dizaine d’années et j’en garde de très bons souvenirs. Au Maroc on me surnommait «Choumi», la version masculine de «Choumicha». Originaire de la ville d’Oujda j’ai eu la chance de travailler au Maroc et en Algérie. Au Maghreb, il faut du renouveau. Si en France, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis il y a une trentaine d’émissions culinaires, il y en a très peu au Maroc, en Algérie et en Tunisie. Il faut démocratiser la cuisine marocaine qui est l’une des meilleures au monde, pour l’exporter davantage au-delà des frontières. En France, j’ai ouvert 3 restaurants «Yemma», et composé la carte d’un restaurant-bistro marocain, «la Kasbah», à Paris. Au Maroc, je travaille actuellement sur une franchise de «Sandwichs gastronomiques», et sur un projet avec «Choumicha» sur lequel nous nous investissons activement.  

- La pandémie Covid a touché de plein fouet le monde de la restauration. Comment avez-vous vécu cette crise?
- La crise sanitaire a poussé les restaurateurs à revoir leur modèle et à trouver une nouvelle manière de consommer. Il s’agit également de repenser le produit et de renouveler le marketing autour de la vente. Pendant le confinement, les gens ont redécouvert le goût de la cuisine. J’ai réalisé des vidéos de cuisine avec mon fils pendant cette période. Concernant mon activité, j’ai mis en place un nouveau business model pour la distribution du produit, qui s’opère à 80% à travers la livraison à domicile. Malgré les mesures prises par le gouvernement avec le chômage partiel, la crise qui touche la restauration en France et même au Maroc est terrible. Les licenciements se multiplient, et il faudra attendre des années pour relancer le secteur. Les «Dark Kitchen» se font à travers les plateformes de livraison et il faudra beaucoup d’innovation et de renouveau pour sauver un secteur agonisant.

- Quels sont vos futurs projets?
- Je travaille actuellement sur l’ouverture de mon concept store à Marrakech, un endroit qui allie cuisine, poterie et artisanat, et qui va prochainement être lancé en ligne avant l’ouverture officielle d’ici 2021.

Propos recueillis par Ghizlaine BADRI

                                                                    

Cuisinier, comédien, chroniqueur…

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Cuisinier français, Abdel Alaoui est né au Maroc en 1979, dans une famille de cinq enfants. Dès son plus jeune âge, il est partagé entre ses deux passions, la cuisine et la comédie. Après son passage dans une école hôtelière, Abdel Alaoui travaille dans des restaurants de renom tels que le «Balzac» de Michel Rostang, et le «Fouquet’s» qu’il quittera en 2006. Deux ans plus tard, il tient une chronique culinaire dans l’Édition spéciale de Canal+, présentée par Bruce Toussaint, avec entre autres, Daphné Burki, Anne-Elizabeth Lemoine, Ariel Wizman, ou encore Chris Esquerre. En 2010, il écrit un livre de recettes intitulé «La Cuisine d’Abdel», et parallèlement, il joue dans des cafés-théâtres vers la fin des années quatre-vingt-dix. En 2001, il perfectionne son art en prenant des cours pendant 3 ans à l’école Lasri et à l’école Périmony en 2004. Après avoir été chroniqueur dans l’émission «Bons baisers d’Europe», auprès de Stéphane Bern en 2018, il anime actuellement une chronique culinaire dans «C à vous» sur France 5, auprès d’Anne-Elisabeth Lemoine.

 

 

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