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International

Banque mondiale: Qui sont les nouveaux pauvres?

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5834 Le 02/09/2020 | Partager
Entre 71 et 100 millions de personnes risquent de basculer dans l'extrême pauvreté
30% dans le monde vivront en milieu urbain, les diplômés principales victimes
Concentrés dans des emplois non agricoles et exerceront une activité indépendante ou rémunérée
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Afin d’identifier et de caractériser les «nouveaux pauvres», la Banque mondiale dispose d’une base de données utilisée pour effectuer le suivi de l’évolution de la pauvreté dans le monde. Celle-ci rassemble des enquêtes auprès des ménages nationales et harmonisées, et contient, entre autres informations, des données sur les dépenses par habitant, les attributs démographiques des ménages et des chefs de famille, leurs conditions de logement et leur localisation. La méthode consiste à comparer la situation mondiale en 2020 avec et sans la pandémie. La population des nouveaux pauvres est constituée de deux catégories de personnes. Celles qui auraient dû sortir de la pauvreté en l’absence de la pandémie (partie B du graphique) et celles qui y basculeront à cause de la pandémie (partie A)

La pandémie Covid-19 et la crise économique qui en découle risquent de faire basculer dans l'extrême pauvreté entre 71 et 100 millions de personnes. C’est ce que prédit la Banque mondiale dans ses récentes projections(1).

Comment a-t-elle procédé? A partir des variations dans les projections de croissance du PIB établies dans les éditions de janvier et de juin 2020 (scénarios de base) des Perspectives économiques mondiales, les économistes ont dressé un état des lieux de la pauvreté pour 110 pays. Deux scénarios ont été étudiés: avec et sans Coronavirus.

■ Ils vivront dans le milieu urbain: C’est dans les villes que résideront probablement une grande partie des nouveaux pauvres. Les mesures strictes de confinement ont entraîné l'arrêt d'une grande partie de l'activité économique dans les zones urbaines, privant de leurs moyens de subsistance, pratiquement du jour au lendemain, de nombreux citadins pauvres et vulnérables. De fait, les travaux indiquent que 30% des nouveaux pauvres dans le monde vivront en milieu urbain, contre un taux de 20% parmi ceux qui sont déjà pauvres. Ils auront probablement un profil sensiblement différent par rapport à ces derniers, qui sont en général concentrés dans les zones rurales.

■ Différents boulots et plus instruits…: Parmi eux, les adultes en âge de travailler sont plus susceptibles d’exercer une activité non agricole, avec un taux moyen de 44% de l’emploi total, contre 32% chez ceux qui sont déjà pauvres et des écarts particulièrement marqués dans le secteur manufacturier (7,3% contre 4,7%) et la construction (6% contre 2,8%). Par ailleurs, les nouveaux pauvres occupent aussi plus souvent un emploi rémunéré (30,7% contre 17% de l’emploi total) et sont moins susceptibles de travailler à leur compte (39,7% contre 45,6%) ou dans le cadre d’une entreprise familiale (20,3% contre 27,4%). Enfin, il a été constaté que la proportion d'adultes en âge de travailler qui a fait des études secondaires ou supérieures est plus élevée chez les nouveaux pauvres. Ce qui semble assez logique étant donné que les niveaux d’instruction ne sont généralement pas les mêmes entre zones urbaines et rurales.

■ Les pauvres de plus en plus pauvres: Généralement plus défavorisées au départ, les zones rurales connaîtront progressivement une détérioration des conditions de vie, y compris parmi ceux qui vivent déjà dans la pauvreté. En effet, alors que les restrictions de déplacements se ressentent de plus en plus sur les activités agricoles et non agricoles et sur l'accès aux marchés dans les campagnes, les pauvres des zones rurales risquent de subir d’importantes pertes de revenus. En outre, beaucoup de communautés rurales sont confrontées à des retours massifs de migrants alors qu’elles ont déjà du mal à se procurer de la nourriture et des produits essentiels. Soit autant de facteurs qui contribueront à une aggravation et une expansion de la pauvreté rurale. Et qui expliquent pourquoi, en dépit du fait qu’une grande partie des nouveaux pauvres se trouvera probablement dans les villes, une proportion significative d’entre eux travaillera dans l’agriculture (56,6 % de l’emploi total) ou dans une entreprise familiale (20,3 %). Ces deux activités étant courantes en milieu rural et corrélées à des niveaux de vulnérabilité plus élevés à la pauvreté.

Adapter les dispositifs de filets sociaux

Pour établir le profil des nouveaux pauvres à l’échelle mondiale, les économistes supposent que la croissance du PIB est répartie de manière homogène sur l’échelle des revenus, autrement dit que le revenu ou la consommation de tous les ménages d’un pays évolue au même rythme. Ce postulat s’avère indispensable en l’absence de données actualisées sur l’évolution réelle des revenus et de la consommation dans les pays en développement. Mais il s’agit d’une hypothèse lourde qui risque de peser sur les résultats des travaux. Pour protéger les ménages contre les répercussions de la pandémie, il est ainsi recommandé de mettre en place des politiques et des programmes qui viennent en aide à la fois à ceux qui vivent déjà dans la pauvreté et aux nouveaux pauvres. Ces deux groupes présentant des caractéristiques différentes, il est indispensable d’adapter les dispositifs de filets sociaux en recourant à des mécanismes de ciblage et de mise en œuvre innovants qui permettent d’apporter des aides à tous les pauvres, actuels et nouveaux. Tout en favorisant une reprise économique qui intègre les travailleurs du secteur informel dans les zones rurales comme urbaines.

                                                                                         

Ces Marocains appauvris !

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Au cours des vingt dernières années, le Maroc a réussi une réduction significative de la pauvreté monétaire, passée de 15,3% en 2001 à 4,8% en 2014, selon le HCP. Cependant, les nouvelles estimations de la Banque mondiale, basées sur le revenu par habitant, indiquent que l’incidence de la pauvreté pourrait atteindre 6,6% en 2020.

Par ailleurs, en raison de la crise économique et sociale déclenchée par Covid-19, la proportion de personnes «vulnérables à la pauvreté» et/ou «pauvres» pourrait passer de 17,1% de la population en 2019 à environ 19,87% en 2020, soit environ 1 million de personnes additionnelles.

Selon une note stratégique sur l’«impact social & économique de la crise du Covid-19 au Maroc» établi par le Haut-Commissariat au Plan, le Système des Nations Unies au Maroc et la Banque mondiale (cf. notre édition N° 5825 du 18/08/2020), l'impact socioéconomique de la crise sera sans doute ressenti en premier lieu et durement par les travailleurs du secteur informel.

Lesquels représentent une grande majorité des marocains actifs et populations étrangères (migrants, réfugiés) et qui sont généralement employés dans des secteurs particulièrement vulnérables à la crise, comme le secteur du tourisme ou des transports, la vente au détail, ou encore la «gig économie» mais également par tous ceux dont le travail ne peut pas se faire à distance.

La crise risque d’affecter négativement l’emploi dans de multiples secteurs économiques, en raison de leurs interconnexions (ex. tourisme et agriculture) avec également des implications en matière de sécurité sociale, d’égalité de genre, d’environnement et de stabilité macroéconomique.

Fatim-Zahra TOHRY

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(1) Covid-19: pourquoi il est important de cerner qui sont les «nouveaux pauvres», billet publié par Carolina Sánchez-Páramo, Directrice mondiale de la Banque mondiale pour la pauvreté.

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