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Société

Communiquer positivement : Le langage, un antidote

Par Ali KHARROUBI | Edition N°:5816 Le 04/08/2020 | Partager
La charge sémantique allège l’ampleur de la pression psychologique
Le confinement comme le déconfinement sont des leçons de la vie
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Auteure d’une étude «Et si on échangeait autrement au temps du coronavirus» Dr Camélia Kerkour est enseignante-chercheuse à l’Université Euro-méditerranéenne de Fès, spécialiste en communication des entreprises et en didactique des langues et communication  (Ph. C.K)

Les mots comme les discours ont un effet magique ou désastreux sur l’interlocuteur. Ils le sont encore plus en période de doute comme aujourd’hui en pleine pandémie de coronavirus. Communiquer sans estimer le poids des mots risque d’avoir un effet contraire à celui escompté. Au lieu de dépasser les situations critiques économiques, sociales ou sanitaires, les propos tenus peuvent faire sombrer dans le doute et la tergiversation. Pour surmonter cette situation, spécialistes de communication, philosophes ou chercheurs optent pour des discours positifs pour rassurer et redresser les économies en crise. C’est ce que vient de réaliser Dr Camélia Kerkour, enseignante-chercheure à l’Université euro-méditerranéenne de Fès en publiant une étude sur la nécessité d’échanger autrement en temps de coronavirus. Son but est d’expliquer que les mesures préventives, nécessaires pour neutraliser la propagation du virus, ne sont pas sans conséquences. 
Pour elle, entre colère, frayeur, incertitude, instabilité économique et sociale, le moral est en berne. «L’intox des réseaux sociaux et les fake news ont pris le dessus, ce qui a amplifié le degré d’angoisse», explique la chercheure. D’où la nécessité de réagir via une communication positive facilitant l’instauration d’un échange coopératif, bienveillant et factuel. S’y mettre nécessite tout d’abord de radier, au quotidien, la pensée négative et instaurer la pensée positive pour pouvoir la communiquer. 
«Les mots prononcés pour rassurer, encourager ou réconforter sont apaisants s’ils sont dits, aux moments opportuns et dans le contexte de la discussion. S’ils sont transmis dans une communication positive efficace et ciblée qui traque les paroles de négation et les remplace par des paroles affirmatives positives», fait-elle observer. Pour exemple, il est possible de remplacer la formule «ne t’inquiète pas» par «tout ira bien», «n’oublie pas» par «souviens-toi» ou encore l’expression «inutile de stresser» par «rassure-toi». La charge sémantique des propos positifs allège l’ampleur de la pression psychologique causée par les effets secondaires d’une situation embarrassante, elle permet de redonner à celui qui l’entend la confiance en soi et à son potentiel. 
«La manière à travers laquelle on adresse la parole détermine la manière dont l’interlocuteur la perçoit», ajoute Kerkour. Les formulations négatives, à travers les images qu’elles génèrent, créent chez l’interlocuteur des dispositions émotionnelles et mentales négatives qui peuvent l’enfoncer dans le désespoir ou la déprime. Beaucoup de phrases partagées en cette période de pandémie comme «rien ne va bien en ce moment», «le coronavirus ronge le monde à petit feu», «l’économie du monde va s’effondrer et nous avec», «le confinement est insupportable», etc., ont mis à plat le moral d’un plus grand nombre de citoyens.
«Pourquoi ne pas renverser la donne et voir le verre à moitié plein?» renchérit l’universitaire. Il serait plus judicieux d’avancer des propos positifs du genre «Le monde a connu pire… tout rentrera dans l’ordre avec le temps», précise-t-elle. «Nous sommes capables de remonter la pente avec nos propres moyens», «notre économie survivra», «un événement négatif est parfois un mal qui engendre du bien», etc. Le confinement comme le déconfinement sont des leçons de la vie, un apprentissage, un défi à relever. Le bon côté des problèmes facilite la possibilité de trouver des solutions auxquelles nous n’avons jamais songé. Ce qui permet à l’auteure de l’étude de conclure que la positivité est un cercle vertueux qui se développe en permanence par divers moyens. A force d’être en contact permanent avec une source qui dégage du positif (poèmes, souvenirs, objets porte-bonheur, animaux, vernissages, senteurs, etc.) l’esprit acquiert du positif et modifie l’humeur. 


Tournures et expressions pour booster le moral

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(Ph. Internet)

La positivité est similaire à un muscle, plus il est entraîné, mieux il assurera sa fonction. La méthode Coué, par exemple, adopte la logique du muscle bien entraîné: s’habituer à répéter des phrases positives entraîne notre cerveau à les intégrer puis à les transformer en réalité. La répétition des propos affirmatifs habitue le cerveau du récepteur à penser positif. Au fil du temps, il constatera ses bienfaits sur son bien-être et sur la manière avec laquelle il communique et envisage la vie. «Les mots que nous associons aux événements colorent l’événement et deviennent événement», affirme A. Robbins dans son ouvrage «Progresser à pas de géant». Ce qui encourage à remplacer des formulations usitées en ces temps de doute par d’autres: 
«Je dois» par «je peux»
«Impossible» par «je suis capable»
«J’aimerais» par «je veux»
«Il faut» par «je choisis» 
«N’aie pas peur» par «aie confiance»
«N’oublie pas» par «rappelle-toi»
 «J’ai échoué» par «je peux faire autrement et mieux», 
«Je suis dans le chaos» par «je vais renaître de mes cendres»… 

Ali KHARROUBI

 

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