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Covid-19: Les enseignements de la pandémie

Par Aziza BENNANI | Edition N°:5806 Le 17/07/2020 | Partager

Aziza Bennani a successivement occupé les fonctions de doyenne de la Faculté des lettres de Mohammedia, Haut Commissaire aux personnes handicapées, Secrétaire d’Etat au ministère de la Culture, ambassadeur du Maroc à l’Unesco et présidente du Conseil exécutif. Elle a également été conseillère du Groupe de Haut Niveau des Nations unies pour l’alliance des civilisations. Elle est membre co-fondateur et membre du conseil d’administration de la Fondation 3 Cultures de la Méditerranée (Séville). Actuellement, Aziza Bennani est présidente du Cercle d’amitié hispano-marocain. Elle est auteure de publications dans des éditions et des revues spécialisées marocaines et étrangères (Ph. Privée)

Le monde entier a été surpris de constater qu’en dépit des grands progrès des sciences et des technologies de notre époque, il n’a pas été aisé de surmonter rapidement la situation créée à l’échelle mondiale par le virus dit Covid-19.
Nous avons tous été également surpris de constater que le système de santé, des pays les plus riches aux plus démunis, s’est trouvé désarmé face à la rapidité et l’ampleur de la pandémie.
La situation a été qualifiée à souhait d’inédite. Or un simple retour en arrière nous rappellera que l’histoire de l’humanité fait souvent état d’épidémies qui durant de longues périodes ont décimé des populations entières. C’est ainsi le cas de l’empire romain dont la chute fut expliquée selon des historiens par l’exacerbation de la peste et sa coïncidence avec un réchauffement climatique. C’est de même le cas de la terrible peste noire qui a dévasté plusieurs pays d’Europe au XIVe siècle. Le Maroc n’a pas échappé pour sa part au fléau avec la terrible épidémie qui a sévi à l’époque saâdienne une vingtaine d’années durant (1588-1608), causant entre autres la mort du sultan Ahmed al Mansour ad-Dahbi, lequel pour s’en protéger, se réfugia dans une tente aux portes de Fès, avant d’être rattrapé par l’épidémie. Mais il est indéniable qu’à l’époque actuelle de mondialisation et de suprématie des médias, l’impact du Covid-19 a été particulièrement retentissant.
Personne n’aurait donc pensé, avant la propagation de la pandémie, que dans un monde globalisé comme le nôtre, avec des pays et des sociétés interconnectées en permanence, les frontières puissent être fermées à la libre circulation et des populations entières confinées en totalité.

Reconnaissance au-delà des frontières nationales

Pour faire face à la crise créée par la pandémie, les réactions furent diverses. Dans sa gestion du dossier, le Maroc a réagi avec le maximum de sagesse et d’efficacité. Sa réponse fut globale et solidaire. A ce sujet, il est de notre devoir de rendre un hommage et une reconnaissance soutenus aux décisions et initiatives royales prises rapidement, eu égard à l’urgence de la situation, ainsi qu’à la mobilisation de l’ensemble des pouvoirs publics qui s’en est suivie. Des stratégies furent élaborées au niveau politique, sanitaire, sécuritaire et social, notamment. De nombreuses actions individuelles et collectives responsables et disciplinées furent entreprises, comme en atteste à titre d’exemple le Fonds de solidarité Covid, rapidement constitué. L’ensemble des actions menées ont valu à notre pays la reconnaissance au-delà des frontières nationales, au niveau national et régional, en plus des félicitations de l’OMS.
Bien entendu, des limitations de mouvements et des restrictions assez sévères furent imposées. Elles ont concerné l’ensemble de la population, sans distinction de catégorie sociale ou d’âge, comme ce fut le cas dans certains pays où le système de santé étant rapidement dépassé, la priorité des soins fut accordée aux plus jeunes, au détriment des personnes avec une espérance de vie réduite. Ainsi des milliers de personnes du 3e âge ont décédé dans des villes de pays développés, sans soins, dans des résidences pour personnes âgées.

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Face à la crise sanitaire, la réponse du Maroc fut globale et solidaire. Des stratégies furent élaborées au niveau politique, sanitaire, sécuritaire et social, notamment. De nombreuses actions individuelles et collectives responsables et disciplinées furent également entreprises (Ph. L’Economiste)

Aujourd’hui, au Maroc, nous commençons à apercevoir le bout du tunnel, à l’exception de quelques villes/régions où les normes de précaution requises n’ont certainement pas été suivies avec la discipline et la rigueur qui s’imposent. Mais ces manquements sont en cours d’être maîtrisés, nous nous acheminons vers le retour à une certaine normalité dans la grande majorité du pays avec de nouvelles normes pour la vie sociale.
La bonne nouvelle de l’amorce de sortie de crise est doublée à présent par l’accélération du retour, après une longue et éprouvante attente, des nombreux compatriotes surpris à l’étranger, durant des mois d’incertitude, de peur et d’angoisse. Bientôt ils pourront tous regagner le pays, apprécier la chaleur du foyer, retrouver familles et amis, échanger avec eux les embrassades dont ils ont été privés et louer le destin qui leur a permis de sortir indemnes de ce cauchemar. Cette opération de rapatriement, peu aisée dans sa réalisation et très onéreuse, mérite à son tour admiration et éloge.
Mais il est important de réitérer qu’aujourd’hui la lutte contre la pandémie n’est pas définitivement gagnée. Le virus est toujours à l’affût, guettant la moindre négligence de notre part. Nous ne sommes donc pas encore en période de post-Covid.
Cependant d’ores et déjà, de nombreux débats et réflexions sont menés par des experts du monde entier, sur la base de la douloureuse expérience collective en cours, au sujet de divers scénarios possibles pour nous réorienter, nous reconstruire, sortir de la crise... La tâche est ardue, les inconnues nombreuses et les interrogations multiples au sujet du monde qui nous attend.
Bien entendu, les avancées dans ce domaine seront conditionnées par une reconstruction et un redressement économique, surtout dans les secteurs au bord de la faillite, sensibles ou fragilisés, conduisant à des réductions d’emplois et à un chômage galopant.

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Les longs mois de confinement nous ont amenés par ailleurs à organiser le télé-enseignement, le travail en ligne et maintenir le goût de la lecture et de la culture à travers des programmes virtuels. Ce sont là des pratiques à affiner et à maintenir.
Pour ce qui est des sciences et des technologies, il est important bien entendu qu’elles poursuivent leurs avancées, mais avec un usage plus marqué au service du bien-être de la personne humaine, l’amélioration des systèmes de santé...
Quant aux relations internationales et à la carte politique mondiale, elles sont appelées à connaître un important changement, avec le déclin de puissances actuelles et la montée de certaines autres. Ces relations devraient être plus solidaires, plus responsables, plus soucieuses de la justice politique, la sécurité et la paix.
La question de l’environnement ne devrait pas rester absente du renouveau souhaité. La période de confinement a permis à «notre mère la terre» - faune et flore - de récupérer ses droits et nous interpeler pour son respect profond et authentique.
Telles sont ébauchées à grands traits des pistes de réflexion, au moment où nous nous acheminons vers une ère émergente pleine de nouveaux et grands défis. Pour notre pays, il sera du devoir de chacun et de tous de contribuer, à partir de notre mirador national à la reconstruction du pays qui gardera pour un certain temps, comme bien d’autres, les séquelles du traumatisme causé par la pandémie. Le Groupe de réflexion créé à l’initiative royale sur le futur modèle de développement national intégrera assurément dans sa réflexion l’expérience induite par la crise du Covid-19.
Puisse cette expérience être d’utilité pour corriger les faiblesses et les déficiences du système mondial actuel et édifier une nouvelle vision du monde, un monde nouveau plus respectueux des valeurs de la modernité, un monde nouveau plus humaniste, un monde nouveau d’espoir!

                                                              

Régénérer le tissu social

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Une chose est certaine, c’est que le monde entier a été ébranlé par la crise, prenant conscience de la nécessité urgente de changements dans différents domaines. Quand tout prendra fin et que le cauchemar cessera, nous devrions éviter de tomber dans l’oubli et revenir à nos vieilles habitudes, dont grand nombre est devenu caduc ou a fait preuve de son invalidité. Il sera impératif d’interroger nos systèmes de pensées, nos formes de vie, nos orientations, nos exigences...
Suite à la crise émergera impérativement une époque nouvelle avec un nouveau profil qui englobe les différents domaines de l’activité humaine, à commencer par un redressement socioéconomique qui retienne les attentes de la société en matière de félicité, bien-être, liberté, santé, éducation, emploi, justice sociale... Le tissu social ébranlé par la pandémie a besoin d’être régénéré à travers un pacte social qui ne laisserait personne sur le bord du chemin.

 

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