×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Régions

Jamaâ El Fna: Marrakech défend sa Halqa

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5794 Le 01/07/2020 | Partager
Les ONG montent au créneau pour imaginer une nouvelle vie à ces artistes
Un revenu fixe et un plan pour préparer la relève

Sans ses halqas, Jamaâ El fna, (place mythique de Marrakech et produit phare pour la cité ocre) ne saurait être. Au début de la pandémie, ces acteurs ont été oubliés par la ville, mais la société civile a pris le relais dans un élan de solidarité.

jamaa-el-fna-vide-041.jpg

 Il faut imaginer et assurer des mesures sanitaires et de distanciation pour permettre à la place de reprendre ses activités alors qu’il existe de l’espace sur la place et dans les jardins à côté comme Arset El Bilk (Ph. Mokhtari)

Aujourd’hui, les ONG appellent à identifier un après-Covid pour la place. Inscrite comme patrimoine culturel immatériel depuis 2008 et au patrimoine mondial depuis 1985 par l’Unesco, la place fait vivre un nombre important de citoyens qui y exercent des activités diverses et surtout font survivre un patrimoine de plus en plus rare. Face à cette situation exceptionnelle due au Covid, la vie culturelle, artistique et patrimoniale subissent une épreuve difficile et pénible.

La pandémie du Covid a juste dénudé la précarité des artistes

 Quel sera son avenir? Trois mois après la suspension de l’activité de la halqa, il n’y a toujours pas de réflexion lancée par les élus et les autorités. «Pourquoi est-il si difficile d’imaginer et assumer des mesures sanitaires pour permettre à la place de reprendre ses activités alors qu’il existe de l’espace. La Halqa pourrait être agrandie et s’étendre sur Arset El Bilk, l’espace de la Koutoubia…», suggère Dr Jamal Eddine Ahmadi, membre du Centre de développement de la région de Tensift (CDRT) et acteur social de la ville de Marrakech.

L’un des problèmes majeurs des artistes de Jamaâ El fna est un revenu fixe. Au lendemain du confinement, ces artistes priés de regagner leurs pénates, Covid-19 oblige (voir notre édition n° 5741 du 15 avril 2020)  avaient lancé un appel d’aide qui a été entendu et plusieurs associations ont envoyé des denrées alimentaires aux 350 hlaiqias. Malheureusement, la pandémie du Covid a juste dénudé la précarité de ces artistes et remis à la surface le problème de ce patrimoine, délaissé par les politiques locales.

«Pourquoi ne pas confier à chaque Halqa un kiosque commercial qui rapportera un revenu fixe aux membres de la troupe et leur permettra de vivre dignement». Une attention particulière et urgente doit être portée à la préservation et la relève de ce patrimoine, notamment chez les conteurs.

80% de cette population a aujourd’hui plus de 70 ans et pour des raisons principalement financières et de statut, ces métiers sont de moins en moins attractifs auprès des jeunes. «Il y a péril en la demeure, car l’authenticité de la place risque de disparaître». Autres acteurs délaissés, les bouquinistes.

Arrachés il y a plusieurs années de cela de leur environnement historique, la Koutoubia et déplacés à Bab Doukkala, ils viennent de subir une perte colossale après le déclenchement d’un incendie dans sept kiosques insalubres. Encore une fois, c’est la société civile qui a décidé d’intervenir. Des comédiens ont lancé une initiative sur les réseaux sociaux, pour collecter des livres usagés et rééquiper les locaux.

De notre correspondante permanente, Badra BERRISSOULE

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc