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Régions

Casablanca se prépare au pire

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5761 Le 14/05/2020 | Partager
Les cas positifs repartent à la hausse en milieu professionnel
Signes alarmants de relâchement dans les quartiers
Resserrement des mesures de contrôle au niveau des barrages
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Sur l’ensemble des régions du Maroc, Casablanca-Settat détient un triste record puisqu’elle compte le plus grand nombre de cas confirmés à l’échelle nationale (près de 28%)

La situation sanitaire est plus que préoccupante à Casablanca. Un inquiétant relâchement  ces dernières semaines s’est traduit par une recrudescence des cas Covid-19.

Casablanca-Settat compte d’ailleurs le plus grand nombre de cas confirmés à l’échelle nationale (près de 28%). Sur les 6.466 cas recensés (dans la matinée du 13 mai 2020), plus de 1.820 sont issus de cette région.

La ville de Casablanca détient le triste record puisqu’elle concentre la grande majorité. «Rien que ce matin, nous avons reçu 52 cas positifs», s’alarme Dr Nabila Rmili, directrice régionale de la Santé de la région de Casablanca-Settat. Si ce rythme est maintenu, les hôpitaux de la ville arriveront bientôt à saturation.

«Nous avons une capacité de 1.200 lits pour plus de 1.800 cas», explique-t-elle. Pour l’heure, les polycliniques de la CNSS sont mises à contribution (Ziraoui, Inara ...).

Au total, Casablanca dispose de 19 structures Covid-19 (public, privé et semi-public comme la CNSS). S’y ajoutent 6 structures tampons (hôtels). Les établissements hôteliers reçoivent aussi les patients en quarantaine (14 jours) au-delà de 10 jours d’hospitalisation.

Mais aujourd’hui, la capacité litière (hôpitaux et hôtels) en est pratiquement à ses limites. «Nous devrons mettre à contribution l’hôpital de campagne de l’OFEC  dans les jours qui viennent», insiste la directrice régionale de la Santé.

L’hôpital sis à la Foire offre une capacité additionnelle de 720 lits. Pour l’heure, le staff médical de cette nouvelle structure est en phase de rodage en attendant l’arrivée des premiers patients (une quarantaine). Il a fallu aussi redéployer les ressources humaines nécessaires en fonction des besoins et en maintenant dans la mesure du possible l’activité normale des centres non-Covid19.

Il s’agit d’une véritable  gymnastique, sachant que le personnel soignant est épuisé au bout d’une mobilisation 24h/24 depuis plus de 2 mois. Les agents de l’autorité (police, caïds, moqaddams ...) le sont aussi visiblement. D’où les signes de relâchement observés depuis quelques jours. Depuis pratiquement deux semaines à Casablanca, les populations semblent vaquer  à leurs occupations quotidiennes sans se soucier du risque pandémique.

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Les agents de police inspectent les véhicules particuliers, bus et taxis pour vérifier les autorisations de déplacement  (Ph. Jarfi)

Et si les cas repartent à la hausse dans cette grande agglomération, c’est en partie à cause du relâchement des mesures de confinement et gestes barrières parmi les populations, mais aussi en milieu professionnel. «Nous avons constaté que la majorité des foyers proviennent des usines et des entreprises. Ces salariés propagent le virus dans leurs foyers», explique-t-on auprès de la Délégation régionale de la santé.

«Malheureusement beaucoup de points noirs surgissent parmi les populations indisciplinées, ce qui va à l’encontre de nos prévisions et bientôt nous passerons au stade 3 de la pandémie avec toutes ses conséquences», témoigne un médecin.

Ce relâchement est d’ailleurs confirmé par les nombreuses vidéos et images diffusées sur les réseaux sociaux. Pas plus loin que mardi 12 mai, le chef de l’annexe administrative Ain Chock, relevant de la préfecture d’arrondissement Ain Chock à Casablanca, a été suspendu suite à la diffusion d’une vidéo sur les réseaux sociaux montrant un attroupement de personnes à Derb Al-Kheir, lors de funérailles. Beaucoup de points noirs surgissent parmi les populations indisciplinées.

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Une application mobile, mise en service récemment par la DGSN, permet de traquer les déplacements en scannant les CIN (Ph. Jarfi)

En réaction à ces signes de laisser-aller, les autorités ont reçu les instructions (depuis 48 heures) pour resserrer les mesures de contrôle à l’échelle nationale et tout particulièrement à Casablanca. Plusieurs barrages ont été renforcés et l’accès à certaines zones est même bloqué (c’est le cas au niveau des boulevards Résistance/Zerktouni, Corniche, Ancienne médina, Hay Mohammedi...). Il est dorénavant interdit de quitter son arrondissement pour faire ses emplettes.

«Des agents de police inspectent les voitures, bus et taxis pour vérifier les autorisations de déplacement», selon un témoignage. Ceux qui n’ont que des autorisations du Moqadem sont sommés de rentrer chez eux. En effet, il faudra désormais justifier d’une attestation de travail pour pouvoir aller au-delà du périmètre de son lieu de résidence.

Les restrictions de sortie commencent à peser visiblement. Au bout de la 5e semaine de confinement, on commence à sentir la fatigue (voir aussi les résultats de l’enquête Sunergia-L’Economiste publiée le 11 mai 2020).

Aziza EL AFFAS

 

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