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Economie

Confinement, ordre public et risque social… le cocktail Molotov!

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5747 Le 23/04/2020 | Partager
A la veille du Ramadan, l’autorité «réorganise» l’espace public
Grosse menace sur les emplois formels et informels
Comment agir face au risque de relâchement et démobilisation

Selon une étude du cabinet de conseil McKinsey, 60 millions d’emplois seraient menacés en Europe par la récession brutale que provoquent le Covid et le confinement. Soit un emploi sur quatre. Au Maroc, quoique, pour l’heure, aucune étude n’a encore mesuré l’impact réel de la crise économique (tourisme, industrie, commerce et services) liée au virus mortel, plusieurs clignotants sont au rouge. Malgré les promesses du gouvernement, certaines catégories socioprofessionnelles sont lassées et veulent au plus vite retrouver une vie sociale normale. Décryptage.

■ Emplois menacés et grogne sociale à l’horizon

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Des milliers d’entreprises sont sans recettes, des millions d’emplois sont menacés, et une grogne sociale qui se profile. Il s’agit d’une crise inédite qui n’épargne aucun secteur. Petits et grands sont rattrapés, certes à des degrés différents, par l’impact de ce fléau dévastateur. A Casablanca, des dizaines de marchands ambulants, à qui on a rasé le souk, ont manifesté, mardi dernier, sous l’œil attentif des responsables sécuritaires. Malgré l’état d’urgence sanitaire et le confinement, les vendeurs à la sauvette ont crié, manifesté, et mis en danger leur santé et celle des autres. Leur raison est «primaire»: «Nous n’avons pas de quoi nous nourrir». A Fès, la situation ne diffère pas beaucoup. Ici, les autorités ont saisi cette période de confinement pour remettre de l’ordre. Leur action a porté sur l’évacuation des marchés informels, et la lutte contre l’occupation du domaine public. Particulièrement pour cette dernière, il a été demandé aux propriétaires des cafés (au quartier Bensouda) d’engager du personnel pour démolir bâches, toitures et murs construits sur la voie publique. Ailleurs, des dizaines de marchands ambulants en colère, suite à la démolition de leur souk, ont demandé des explications au président de l’arrondissement Al Mariniyyine. «C’est d’abord une question de survie (économique), on ne réfléchit plus à notre santé», disaient-ils. 

■ Combien de temps pourrait-on encore tenir?

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Le Maroc ne pourra s’acheminer absolument pas vers un déconfinement total, général et absolu, en une seule fois, pour tout le monde en même temps. Car l’épidémie peut re-flamber. «Le grand risque est que ce confinement se fragilise, dès qu’on avance des informations ou de nouvelles qui portent l’espoir, on s’expose au risque de relâchement, ou de démobilisation de l’engagement des citoyens, tout le monde doit respecter de la façon la plus stricte les règles de confinement, un relâchement peut ruiner tout l’effort collectif», alerte Dr Allal Amraoui, député PI. Pour rappel, l’état d’urgence est prolongé jusqu’au 20 mai. Mais, combien de temps pourrait-on encore tenir? A la veille du Ramadan, les Marocains entendent garder leurs habitudes de consommation. Certains s’approvisionnent pour préparer leurs gâteaux habituels, inviter leurs proches… bref, pour avoir a priori une vie sociale normale. Ils peuvent l’espérer, mais ceci ne serait pas le cas, puisqu’ils ne pourraient remplir qu’un caddy par semaine. En fait, sur l’autorisation de sortie délivrée par l’autorité, il est obligatoire de mentionner la date d’approvisionnement, à l’entrée des grandes surfaces. «Si vous revenez avant une semaine, vous serez verbalisés», explique un agent aux clients de cette grande enseigne de distribution alimentaire.

■ Malgré tout, le confinement doit continuer
Mais quoiqu’il se produise, il faut respecter le confinement. «Cette mesure est, si elle est bien respectée, notre meilleure arme pour infléchir l’épidémie et en limiter les conséquences. Ne pas sortir permet non seulement d’éviter la proximité «respiratoire» avec une personne éventuellement contagieuse, que celle-ci apparaisse malade ou non, mais également de ne pas s’exposer au même environnement que cette personne, dont les gouttelettes ou les mains ont pu contaminer les surfaces qu’on va toucher (porte, barre d’un caddy, etc.)», explique Dr Amraoui. Pour lui, «il est important de signaler que le confinement ne stoppe pas l’épidémie, mais permet de l’étaler. Pour cela, il nous a donné, à cette phase, l’occasion de nous organiser, mieux nous équiper et mettre à niveau nos structures de soins, et ceci est déjà une grande prouesse». A noter que la situation épidémiologique actuelle (3.377 cas, hier à 10 h), impose la prolongation de cette mesure dans sa forme la plus rigoureuse possible, indique-t-il, pour encore au moins deux à quatre semaines. Ceci étant, cette mesure a ses limites aussi bien sociales qu’économiques (un confinement fragilisé est plus dangereux qu’un déconfinement réussi). «Ce qui nous oblige à réfléchir, non au déconfinement mais plutôt à aborder autrement ce confinement, prudemment, intelligemment, en faisant adhérer le maximum de citoyens, tout en maintenant drastiquement les mesures de distanciation, et d’hygiène rigoureuse», conseille l’ancien vice-maire de Fès.

Youness SAAD ALAMI

 

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