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Economie

Textile-Habillement: Des entreprises qui se battent encore

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5733 Le 03/04/2020 | Partager
Certaines confectionnent des masques de protection au prix de revient
Les opérateurs gardent espoir en la reprise du marché européen

Le secteur du textile-habillement est l’un des plus touchés par la crise du Covid-19 à Fès. La vocation textile de la ville est depuis longtemps établie, mais malheureusement cette activité sombre «dans l’incertitude la plus totale». «Nous n’avons pas de com­mandes et 99% des unités sont à l’ar­rêt total», déplore Mouhsine Idrissi, président de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habil­lement (Amith-Fès-Meknès). Décryp­tage.

■ Des machines à l’arrêt depuis plus de 10 jours

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L’éclaircie n’aura eu qu’un temps pour les textiliens de la ville de Fès. «Nous avons certes vécu une fin d’année heureuse avec un carnet de commande bien garni. Mais rapidement cette crise a tout détruit», regrette Mouhsine Idrissi. Ce dernier évoque une période très critique puisque «99% des unités de la ville ont cessé toute activité depuis plus de dix jours». Le confinement et l’état d’urgence sanitaire ont eu leur effet sur les ouvriers. Aujourd’hui, le quartier industriel de Sidi Brahim, qui concentre plus de 80% des usines de textile, est déserté. «Nous avions pourtant pris toutes les précautions (réduction du personnel, gel antiseptique, masques de protection, transport aux normes sanitaires) pour lutter contre la pro­pagation du virus, mais la psychose a gagné les esprits», explique le président de l’Amith Fès-Meknès. Ainsi, un fort taux d’absentéisme a été constaté au niveau des usines. Frileux, des ouvriers ont quitté leurs postes sans aucun préavis. Résultat: des chaînes de production amputées et au final des usines improductives. Décidées en concer­tation avec les délégués des personnels, les propositions d’un arrêt sans solde, d’un congé avancé et ou d’une équipe réduite, n’ont pas abouti. «Finalement, nous avons stoppé la production jusqu’à nouvel ordre», souligne Idrissi.

                                                                       

■ Plus de 60.000 ouvriers dans l’attente…

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La branche textile-habillement compte une quarantaine d’unités indus­trielles qui emploient plus de 18.000 ouvriers dans le secteur formel et plus du double dans le secteur informel (plus de 50.000 postes). Si les premiers font de la sous-traitance et des produits finis pour l’export, les seconds, opérant dans des ateliers clandestins, confectionnent quotidiennement 50.000 pièces dont des pyjamas, survêtements, pulls… pour le marché local. Contraints par le risque de la contagion au Covid-19, les ouvriers du secteur informel étaient les premiers à signer leur arrêt d’activité. «Les travail­leurs formels l’ont, pour leur part, acté quelques jours plus tard laissant sur la table des milliers de pièces, à moitié cou­sues», rapporte notre source. Et d’ajou­ter: «les collections printemps-été du marché français sont compromises». Et avec l’arrêt de l’export, le marché maro­cain ne peut absorber les productions destinées initialement à l’Europe. «Ce qui promet de grosses pertes, des faillites dans certains cas, et pour les plus chan­ceux un minimum de 2 ans de réces­sion», explique Idrissi. Pour lui, «supporter la masse sala­riale, à raison de 2.000DH par ouvrier déclaré, est une bonne initiative». Sur­tout qu’il s’agit d’une popula­tion vulnérable. «Mais qu’en est-il des cadres qui touchaient des salaires de 10.000DH et plus? L’Etat n’a pas prévu des solutions pour cette tranche de salariés qui est totalement à l’arrêt depuis ce 1er avril», s’interroge un autre textilien. Opérant avec Promod, Inditex et Zara, ce dernier parle «d’une saison ratée, de plateformes fermées, d’annulation des commandes et de l’export…bref, c’est la catastrophe».

                                                                       

■ La reprise dépendra de la fin de la pandémie

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En attendant des jours meilleurs, 2 à 3 unités se sont portées volontaires pour la production des masques de pro­tection. Elles le font au prix de revient ou à titre gracieux. Pour le reste, la majo­rité des opérateurs contactés par L’Eco­nomiste craignent des «années noires». «Nous n’avons aucune visibilité. Les modèles mis en chaîne ne seraient plus à la mode l’année prochaine. Et nos don­neurs d’ordre ont tout arrêté», alertent-ils. Pour eux, «tout dépendra de la fin de la pandémie au Maroc, et ailleurs». D’ici là, les banques doivent être de plus en plus flexibles. «Promise, l’augmentation de 20% des lignes de crédits à hauteur de 200 millions de DH doit être effective et opérationnelle pour tous les deman­deurs», appelle le président de l’Amith Fès-Meknès. Et d’ajouter: «les répercus­sions de cette pandémie sont très graves et impacteraient au moins deux saisons». La flexibilité est demandée auprès de l’administration des Douanes qui devrait «réfléchir sur les tissus (stockés) reçus en admission temporaire». Idem pour les impôts. Enfin, le seul espoir, «est de finir rapidement ce cauchemar pandémique qui touche la santé économique des puissances mondiales». «Nous gardons confiance. Car, en matière de textile-ha­billement, le marché européen n’est pas tributaire que de la Chine. Les donneurs d’ordres auront besoin des unités maro­caines dans 6 à 7 mois. En tout cas, je l’espère», conclut Mouhsine Idrissi.

Youness SAAD ALAMI

 

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