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Tribune

Beijing, 25 ans après, où en sommes-nous?

Par Claudia WIEDEY | Edition N°:5714 Le 09/03/2020 | Partager

Claudia Wiedey est ambassadrice de l’Union européenne au Maroc (Ph. DR)  

De la «Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne» d’Olympe de Gouges, en 1791, aux prises de position de Clara Zetkin à laquelle nous devons la première initiative d’une journée in­ternationale des femmes, en passant par les écrits engagés de la pionnière Fatima Mernissi, les luttes contre les discrimi­nations sexistes ont énormément évo­lué, mais jamais cessé. Si les probléma­tiques rencontrées changent d’un pays à l’autre, le centre des préoccupations reste le même: atteindre l’égalité entre les femmes et les hommes.

Vingt-cinq ans après l’adoption du Programme d’action de Beijing, le pro­gramme le plus visionnaire en faveur des droits et de l’autonomisation des femmes partout dans le monde, nous sommes amenés à faire le bilan des progrès réali­sés, nous enquérir de ce qu’il reste à ac­complir, et examiner sans faux semblant comment au niveau international, nous avons pu transformer notre rhétorique en action.

Pour l’Union européenne, l’égalité entre les femmes et les hommes est un engagement stratégique qui doit se pour­suivre sans faiblesse, car comme nous le voyons tous les jours, les combats menés jusqu’à présent et les acquis durement gagnés risquent d’être remis en cause au sein même de nos démocraties.

Mais dans le même temps, l’émergence du mouve­ment mondial #MeToo et les marches des femmes dans le monde entier ont poussé à intégrer davantage l’égalité entre les femmes et les hommes dans le discours dominant, en s’appuyant sur les bases je­tées par les mouvements féministes au fil des générations.

Les technologies numé­riques sont venues chambouler les modes traditionnels de l’organisation militante, mais elles représentent également un vec­teur de nouvelles expressions de discrimi­nation et de violences envers les femmes. Même si l’Union européenne est de nos jours considérée comme l’une des régions du monde où les droits des femmes sont les plus avancés, il s’avère que l’égalité entre les femmes et les hommes est loin d’y être atteinte.

La nouvelle Commission européenne poursuit ses engagements politiques en la matière avec, pour la première fois, à sa tête une Présidente, et une Commissaire en charge exclusivement de l’égalité.

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En septembre 1995, un nombre record de 17.000 participantes et 30.000 activistes se sont réunis à Beijing, à l’occasion de l’ouverture de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes. Sur la photo, la secrétaire générale Gertrude Mongella (à gauche) et la présidente de la conférence Chen Muhua (à droite) se serrent la main lors de la cérémonie de clôture de la conférence. Celle-ci a abouti à l’adoption de la Déclaration de Beijing (Ph. AFP)

Au Maroc, au cours des dernières années, des discriminations juridiques à l’encontre des femmes, en matière de droit de la famille et de la nationalité ont été abrogées. La Constitution de 2011 consacre dans son article 19, l’égalité hommes femmes pour les droits et li­bertés à caractère civil, politique, éco­nomique, social, culturel et environne­mental. Afin de donner une traduction concrète à ces orientations, le Royaume a mis en place un programme gouver­nemental pour l’égalité, que l’Union européenne a soutenu dans sa phase I et continue d’appuyer dans sa phase II à travers le programme Egalité/Mous­sawat.

Ce programme a pour objectif de contribuer à l’égalité des sexes au Maroc en accroissant l’autonomisation des femmes et la jouissance de leurs droits, en luttant contre les violences faites aux femmes et en promouvant la culture d’égalité, et en tentant d’assu­rer l’intégration du genre dans les poli­tiques publiques sectorielles et la gou­vernance locale. On a pu ainsi voir une augmentation de la participation poli­tique des femmes:au niveau communal par exemple, le pourcentage est passé de 1% en 2008 à plus de 21% en 2015.

Ce sont des premiers résultats qu’il faut consolider et approfondir de ma­nière ambitieuse: aucun pays ne peut se permettre de négliger la moitié de la société et l’exclure du développement intellectuel, social, politique et écono­mique: la réalisation d’une société juste et inclusive, visant à éliminer la pau­vreté, à réduire les inégalités et à com­battre l’exclusion sociale, et au sein de laquelle tous les individus y joueraient un rôle actif en même temps qu’ils bénéficieraient des droits et privilèges équivalents, constitue, à juste titre, un impéra­tif stratégique et politique urgent.

Au Maroc, l’existence d’un mouvement des femmes puis­sant et diver­sifié, joue un rôle central dans les transforma­tions sociétales. C’est pourquoi l’Union euro­péenne soutient également la société civile qui est une force de proposition et d’action émi­nemment impor­tante dans l’éta­blissement d’une société plus éga­litaire et plus juste, à travers de nombreux ap­puis financiers et techniques pour lutter contre les discriminations dont souffrent les filles et les femmes, et assurer leur protection et leur partici­pation inclusive à la société.

Je voudrais conclure avec des notes d’espoir et rendre hommage à ces com­battantes anonymes qui choisissent de se mobiliser de l’intérieur, comme celles que nous avons rencontrées à tra­vers nos projets de soutien à différentes associations au Maroc: Dikrala bergère, qui a vu sa vie transformée en devenant cheffe d’une entreprise de restauration, ou Aïcha et Khadija qui sont devenues conseillères communales. Tout cela est possible en 2020, grâce au programme d’action de Beijing et de tous les mou­vements pour les droits des femmes qui n’ont eu de cesse depuis des décennies de s’inscrire dans la défense de l’égalité des genres.

L’égalité femmes/hommes n’est plus une option. C’est devenu un enjeu majeur et une priorité pour le déve­loppement harmonieux de toutes nos sociétés désireuses de progresser et de s’épanouir.

Renforcer leur voix et leur participation

En 1957, le traité instituant la Communauté économique européenne (CEE) consacrait déjà le principe d’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes. Trois décennies plus tard, l’Union européenne, fondée sur un socle de valeurs, faisait du principe d’égalité hommes-femmes l’un de ses grands objectifs, aussi bien à l’intérieur qu’à l’exté­rieur de ses frontières. Ainsi, le plan d’action sur l’égalité des sexes (GAP) 2016-2020 dans l’action extérieure de l’UE, s’est donné comme objectif de transformer la vie des filles et des femmes, en garantissant l’intégrité physique et psychologique des filles et des femmes, promouvant leurs droits socio-économiques et leur autonomisation et en renforçant leur voix et leur participation.

 

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