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    Chronique

    Notre amie la Turquie!

    Par Mhamed ABDELHAK | Edition N°:5703 Le 21/02/2020 | Partager

    Mhamed Abdelhak est député PJD(*), directeur associé et past président Agef

    Un peu de retenue. Arrêtons de polémiquer sur un sujet très sérieux que celui des accords avec la Turquie remis en cause pour raison de... déficit. Or, il se trouve que le déballage médiatique avide de scandales a totalement pollué la donne pour en faire une guerre de tran­chée politicienne.

    Ayant suivi les échanges oraux sur le sujet, je peux affirmer que c’est un cas d’école du système de gouvernance dans notre pays qui témoigne malheureuse­ment de la pauvreté intellectuelle des processus de décision et de dialogue au point où le périphérique devient fonda­mental.

    Le débat sur ce sujet a été vidé de son essence pour se focaliser sur une prise de becs relative à la forme. Ainsi, le document diplomatique signé par des institutions représentatives des deux pays au plus haut niveau depuis une quinzaine d’années est devenu un «bout de papier» qu’on peut déchirer quand on veut.

    Les observations chiffrées du déficit avec la Turquie, normales par ailleurs, sont accusées de sélectivité du fait que le déficit est partout et est même peu en rapport avec d’autres accords. La non-compétitivité de notre entrepreneuriat en termes de qualité-coût-service qui en est la cause principale est épargnée, voire occultée pour des rai­sons de patriotisme financier.

    La joute oratoire est allée trop loin pour évoquer «l’amour de nation» versus intérêt du pays comme si l’on déclarait la guerre à la Turquie.

    En fait, de quoi s’agit-il?
    Il s’agit d’une non-performance d’un écosystème textile que nous sommes en train de protéger à coup de taxes à l’im­port au mépris des principes de l’OMC respectés, toutefois, dans la forme.
    - Y a-t-on intérêt ou plutôt le déve­loppement de la filière passe-t-il par un protectionnisme forcené.
    - L’assistanat est-il un pari gagnant?

    Monsieur le Ministre dont nous n’avons aucun doute sur ses compé­tences commerciales rassurantes et sa stratégie fine et résolue pour «vendre» le Label Maroc, ne disait-il pas que le textile se remettait en forme pour ajouter par la suite qu’il ne défendrait pas outre mesure un capital marocain boiteux qui n’a que le choix d’être compétitif.

    Oui! le modèle turc a prouvé son effi­cacité avec des antennes de commerce de proximité telles que Bim qui pratique des prix défiant les autres concurrences.

    Les questions que nous aurions du nous poser sont les suivantes:
    - Pourquoi Hanouti n’a pas réussi?
    - Comment expliquer le gain de confiance de nos compatriotes dans les pays de résidence européenne avec des enseignes informelles comme Mini Bra­him, Mini Lahcen 24/24... l’épicier du coin..., comparé à l’échec relatif de notre commerce de proximité au Maroc?
    - Comment le modèle économique de cette enseigne turque a eu du succès dans un espace que nous sommes censés maîtriser mieux que quiconque?

    Cherchons les «roots cause» au lieu d’accuser l’autre de tous les maux que porte notre système de gestion des af­faires dans notre pays.

    L’avenir du commerce n’est-il pas à rechercher dans le modèle d’Amazon dont le patron pèse selon le baromètre de Learn Bonds environ 125 milliards de dollars, dépassant de 6 milliards de dollars le PIB de notre pays.

    Sans m’ériger en donneur de leçons, Monsieur le Ministre qui est à féliciter pour sa conduite technocratique louable, voire exemplaire de la politique des éco­systèmes (automobile et aéronautique notamment) aurait beaucoup à gagner en restant lui-même, un manager obnubilé par des objectifs économiques, financiers et in fine les opportunités d’emploi qui en résultent au lieu d’afficher un habit poli­tique qui ne lui conviendrait pas.

    Le langage franc et direct va bien dans une SA imprégnée par une culture de chiffres et encore et non dans une ins­titution politique basée sur des conces­sions de forme.

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    Les importations réalisées dans le cadre de l’accord avec la Turquie ont enregistré en 2018 une hausse de 14,7%, soit 2 milliards de DH de plus. Le différend entre les deux pays est «commercial» et centré principalement sur le textile, a souligné à plusieurs reprises Moulay Hafid Elalamy, rappelant que le nombre d’emplois perdus par le Maroc dans ce secteur s’élevait à 19.000 en 2014, 24.000 en 2015, 35.000 en 2016 et 44.000 en 2017

    Pour finir, je conclus à l’instar du ministre qu’il est de son devoir de dé­fendre les intérêts du pays et non de la «nation», le patriotisme économique sorti par nos amis français lors de la ces­sion d’Arcelor Mittal n’a plus de sens dans une économie mondialisée.

    Le Maroc autant que la Turquie sont des pays souverains connus pour leur respect des engagements.

    Sans nul doute, l’accord avait été élaboré en son temps dans un esprit win-win par ses initiateurs ou ses signa­taires.

    Sa remise en question serait-elle un signe de maturation de nos «capabili­ties» dans le domaine? En fait, le déve­loppement d’une entreprise ou d’un pays doit être activé par un process de «continious improvement» comme le recommande la démarche qualité d’un Etat prospère, le Japon.

    En effet, Kaizen retient le PDCA (Plan/Do/Control/Act) comme une démarche de progrès. Ainsi, les deux derniers points: le contrôle dans le sens de l’assurance sans esprit politicier et la réaction (Act) pour rectifier sont des aspects de bonne gestion qui légitiment une remise en question continue.

    Gageons que c’est le cas de notre filière textile et commerce. De grâce! dépassionnons le débat et laissons faire les experts car un accord est un tout et comporte partiellement une dose subtile de relation politique combien pertinente dans les temps qui courent.

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    (*) L’auteur s’exprime à titre personnel

     

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