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Ornithologie: Un concours pour sauver le canari

Par Ali KHARROUBI | Edition N°:5688 Le 31/01/2020 | Partager
Une sensibilisation par compétitions et expositions
Le canari Harz s’ajoute aux oiseaux menacés d’extinction
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Le but est de proposer de nouvelles hybridations issues des malinois et des timbrados espagnols, du roller américain, du chanteur russe et du flawta marocain (Ph. AK)

La sauvegarde des oiseaux de chant est la nouvelle bataille des ornithologues. Ces derniers multiplient les campagnes de sensibilisation et alertes sur la nécessité d’appliquer la réglementation en vigueur. Dans leur quête protectrice, ils ne se limitent pas à la dénonciation mais organisent des concours de chant.

Le but étant d’accompagner les éleveurs, qui font de la sauvegarde de ce patrimoine leur passion, et réaliser de nouvelles reproductions tout en pérennisant les mélodies menacées. C’est le cas du canari Harz, oiseau de chant en voie d’extinction. Une responsabilité à laquelle s’attelle l’Association oujdie des amis des oiseaux. Elle vient d’organiser les premiers concours nationaux 2020, des canaris de chant «Harz», des canaris de couleur, des canaris de posture et le malinois.

Une compétition avec la participation d’une soixantaine de participants représentant les villes de Salé, Fès, Meknès, Kénitra, Casablanca, Jerada, Oujda, Nador et El Jadida. La compétition qui a duré trois jours a regroupé 308 canaris. Cinq prix sont revenus aux meilleurs éleveurs dans les catégories du canari de couleur, le canari de chant «Harz» en individuel, en série et en Stam.

Une compétition supervisée par cinq juges internationaux et un juge national: Maurice Level de l’Ordre mondial des juges (OMJ), Bastien Bekaert (OMJ) , Antonio Mochon ( OMJ) , Diegi Jerado Fernabdez (OMJ) et Abderrahim Chaoui Kouraichi de l’Ordre national des juges marocains (ONJM).

«Multiplier les concours de chant et de posture pour les canaris cible deux objectifs: standardiser les oiseaux pour garder les meilleurs et sensibiliser à l’importance de leur protection dans un cadre environnemental propice», explique Khalid Bedhiaf, président de l’Association oujdie des amis des oiseaux.

Cela permettra également aux 1.600 éleveurs marocains affiliés à la Fédération marocaine ornithologique (FMO) de partager leurs expériences et de préparer les saisons de reproduction (mi-février et mi-juin). Ces différentes variétés et races du canari sont en compétition pour réussir les sept tours mélodiques à perfectionner et se hisser au rang des canaris distingués. Toutefois, rares sont ceux qui réussissent ce passage à sept.

La qualité d’exécution des tours est le premier critère qui distingue le bon du mauvais. «Les éleveurs cultivent souvent les quatre premiers tours alors que les trois autres sont en phase de disparition vu le nombre limité des éleveurs qui maîtrisent le tri et l’accouplement», précise Maurice Leval, juge international.

A.K.

                                                                     
Un nouveau plan musclé pour la fédération

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Pour Radouane El Ouafi, nouveau président de la Fédération marocaine d’ornithologie, la sauvegarde du patrimoine faunique national est une responsabilité partagée (Ph. AK)

• Sections spécialisées, encadrement, académie ornithologique, formation des juges...

• Mise en place d’une politique de sauvegarde des espèces menacées

• Des formations à l’international pour une double diplomation

- L’Economiste: Vous venez d’être élu président de la FMO. Votre promesse électorale était de renouveler la gestion de la fédération. Où en êtes-vous dans ce chantier?
- Radouane El Ouafi:
Il fallait d’abord réaliser un business plan pour définir les réelles attentes des éleveurs tout en spécifiant les risques et les opportunités. Auparavant, on opérait par section et par activité. Aujourd’hui, nous avons mis en place des sections spécialisées afin que le secteur ornithologique soit encadré par des personnes de mérite qui ont l’expertise du domaine. Ainsi, nous disposons d’une section pour le chardonneret (sauvage et copia), une seconde pour le canari (malinois, Harz, timbrado, flawta, etc.), une troisième pour les oiseaux de posture et de couleur, une quatrième pour les volailles et pigeons et une section des becs crochus. S’y ajoutent des sections organisationnelles pour réussir la coordination entre les différentes sections et ligues régionales. La FMO a également changé le mode d’opérationnalisation des objectifs pour placer l’éleveur au centre de toute politique de redressement. Il nous incombe aussi d’assurer la formation adéquate de nos juges.

- Que préconisez-vous pour revaloriser le patrimoine ornithologique?
- Nous lancerons incessamment une nouvelle stratégie médiatique via un site web et un programme d’exposition à travers l’ensemble des régions afin de renforcer l’attraction des jeunes pour les oiseaux. Nous envisageons également d’encourager les amateurs d’oiseaux à partager leurs expériences pour réussir les accouplements.
Nous avons réalisé une enquête pour identifier les points forts et les points faibles du patrimoine ornithologique. Nous avons ainsi détecté 70 faiblesses et seulement 20 points forts. Constat alarmant qui interpelle tous les intervenants et nécessite une meilleure coordination pour rationaliser l’exploitation des ressources humaines et asseoir une réelle politique de protection de différentes espèces.

- A propos d’espèces, quelles mesures avez-vous mis en place pour sauver celles menacées d’extinction?
- L’éleveur qui est sous la tutelle de la FMO procède à un marquage de ses oiseaux pour les identifier et les ligues régionales réalisent des recensements crédibles. Nous avons également sensibilisé le département des Eaux et Forêts depuis 2010 dans notre quête de sauvegarde des espèces menacées. C’est grâce à nos doléances qu’une loi contre le braconnage a été décrétée. Et c’est en travaillant avec ce département qu’on peut sauver le patrimoine ornithologique et renforcer la vigilance. Le Maroc compte 48 associations et 1.600 éleveurs adhérents à la FMO. Et nous comptons édifier une académie spécialisée pour une réelle maîtrise de notre richesse ornithologique.

Propos recueillis par A. K.

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