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    Tribune

    Fuite et fuites des cerveaux

    Par Mohamed TAKADOUM | Edition N°:5687 Le 30/01/2020 | Partager

    Mohamed Takadoum, ancien haut fonctionnaire et diplômé de l’Ecole nationale d’administration (Rabat), cycle normal et supérieur, a été cadre dirigeant de l’Office national des Postes et Télécommunications et de Barid Al-Maghrib. Il y a été notamment chef des divisions de la Planification et Equipement, du Budget. Il a aussi été à l’Inspection de ces entreprises publiques. Il tient un blog d’analyse politique: bouliq.blogspot.com (Ph. TM)

    Certains se prosternent devant le fameux «miracle israélien». Or, il n'y a pas de miracle. Ce pays a bénéficié durant des décennies de grands cerveaux formés et venant de nombreux pays.

    Appartenant à la communauté juive dans ces pays, ces cerveaux sont le résultat de décennies et de siècles de répression et de ségrégation abominables dont ont fait l'objet les juifs de par le monde.

    Ce qui les a poussés pour survivre vers l’excellence, à exiger d’eux d’être toujours, toujours mieux et, toujours plus performants que les autres.

    Et c'est ce qui a donné, de mon point de vue, les cerveaux actuels de ce pays, Israël, en plus de l'instinct de survie car agit dans un environnement et d'un milieu hostiles.

    C'est une explication personnelle, donc elle n’est pas scientifique bien entendu.  Mais, mon explication a l'avantage de rejeter la prééminence d'une race, d'une ethnie ou d'un groupe humain sur un autre.  A plus forte raison, mon explication ne cède pas devant la théorie saugrenue du «peuple élu».

    Cerveaux éparpillés

    Tout ceci me pousse à dire que, malheureusement pour nous, nos cerveaux à nous sont au contraire éparpillés de par le monde. La fuite des cerveaux continue de plus belle.

    Et dans beaucoup de discussions de café, que je me tourne à droite ou je me tourne à gauche, je trouve des gens de ma génération, des gens dont je connais les enfants. Ils se plaignent.

    Où sont-ils ces enfants. Ont-ils terminé leurs études?  Oui? Alors où sont-ils?

    Ils travaillent en France. Ils résident en Allemagne, en Angleterre, élèvent une famille  au Canada, aux USA. Ils poursuivent une carrière aux Émirats, à Dubaï… Et maintenant, quelques-uns vont jusqu’en Chine. Le Prix de L’Economiste, le 13 janvier 2020, a sélectionné un jeune Marocain développant sa thèse au Japon!

    planisphere-dite-de-mercator-087.jpg

    Projection de planisphère, dite de Mercator, 1780. Entre autres erreurs intéressantes, le Mexique se trouve entre la Californie et le Canada. Aujourd’hui c’est sur une planète bien connue que se projettent les jeunes Marocains, ou les jeunes descendants de Marocains. Quand le Royaume est en phase de croissance, 1986-93 et 1995-2000 ou encore 2002-2007, il attire ces jeunes adultes professionnels, et aussi leurs camarades étrangers qui cherchent à s’installer. La croissance faible ou nulle chasse les jeunes (Catawiki)

    Si on y réfléchit, cette progéniture a étudié au minimum jusqu'au bac dans le pays. Aux frais des contribuables locaux, s'ils ont étudié dans l'école publique. Ou avec le soutien financier de leurs parents, s'ils étaient dans le privé.

    En tout état de cause, c'est le pays qui a payé, lourdement, leur scolarité. Mais ce sont des pays étrangers qui en profitent. Un véritable gâchis pour nous. Le gouvernement le constate, le monde politique le constate aussi mais toujours pas d'idées, pas de réflexion très sérieuse là-dessus.

    Considérés comme des MRE Marocains résidents à l'étranger ou des «Marocains du Monde», on est tout content des fonds transférés au pays. Pourtant, on ne se pose pas de question sur le véritable manque à gagner pour le pays et surtout sur l'avenir du pays qui a non seulement besoin de ces cerveaux, mais de beaucoup d'autres pour se développer.

    Pourquoi le pays se vide-t-il de cette façon de sa matière grise et comment faire pour stopper cette hémorragie?

    Mieux, comment la faire revenir au pays, y compris des Juifs Marocains qui ont réussi ailleurs?

     

     

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