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    Société

    Transition démographique, un tournant pour le Maroc

    Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5687 Le 30/01/2020 | Partager
    Il faut profiter au mieux des interactions entre démographie et transformation de la société
    La scolarisation et l’emploi des femmes restent des facteurs déterminants pour la modernisation d’un pays
    Un message du démographe Youssef Courbage lors de la conférence du Policy Center for the New South

    Comment l’évolution démographique peut-elle influencer les perspectives de transformations d’une société sur les plans: social, politique, économique…. Une question largement débattue lors des dernières rencontres organisées au sein du Policy Center for the New South en présence d’un éminent chercheur en la matière.

    Il s’agit de Youssef Courbage, directeur de recherche en démographie, INED (France). La première rencontre portait sur la transition et contre-transition démographique dans le monde arabe, alors que la seconde était consacrée à l’expérience marocaine.

    Pour le monde arabe, Courbage constate avec regret les contre-transitions démographiques, dont les premiers signes sont apparus après le «Printemps arabe» dans plusieurs pays. C’est le cas particulièrement de l’Egypte, du Soudan, de l’Algérie et même de la Tunisie. Le phénomène se confirme par l’accroissement de nouveau de l’indice de fécondité des femmes dans ces pays.

    Pour le Maroc, l’expert de l’INED reste optimiste et confiant en ce qui concerne l’irréversibilité du processus de la transition démographique dans ce pays qui constitue, selon lui, un cas unique dans le monde arabe. Avant de passer aux défis à relever en vue de tirer profit du bonus (ou dividende) démographique offert par cette transition, le conférencier a tenu dans un premier temps à rappeler les principaux facteurs qui ont contribué à sa réalisation.

    L’amélioration du taux de scolarisation et l’intégration de la femme dans le marché du travail restent parmi les facteurs déterminants en faveur de la réussite de cette transition démographique, selon Courbage, considéré comme un fin connaisseur de l’expérience marocaine.

    En ce qui concerne la scolarisation, il adopte une approche différente de celle du pédagogue qui donne beaucoup d’importance à la qualité de l’enseignement et les résultats obtenus par les élèves. Le fait qu’un garçon ou une fille fréquente l’école, permettra d’améliorer leur comportement dans la société, ce qui va influencer positivement l’évolution démographique du pays, explique le conférencier.

    A ce titre, ce dernier rappelle que «le Maroc a connu, à son insu, une évolution au niveau des mentalités très forte depuis les années soixante, ce qui a permis de baisser l’indice de fécondité de 7 enfants par femme au début des années 1960 à 2,2 au milieu de la décennie précédente.

    En plus de la baisse de la fécondité, on enregistre également une réduction de la mortalité touchant tous les âges, ce qui va se traduire par une amélioration de l’espérance de vie à la naissance qui avoisine actuellement environ 76 ans. Tous ces effets conjugués ont contribué à façonner une population relativement réduite mais de qualité notamment sur le plan de la santé et la formation.

    A ce titre, on rappelle qu’en 2050, la population du Maroc serait réduite de 17 millions de personnes par rapport à l’estimation faite au début des années 1960. Cela va constituer un bonus démographique qui devrait se traduire positivement en termes d’épargne et d’investissements et par conséquent sur le marché de l’emploi. Mais la réalité des chiffres, notamment ceux de cette dernière décennie, confirme un retard de la dynamique économique par rapport à la révolution démographique enregistrée par le Maroc.

    Sur le plan social, la transition démographique a contribué à la transformation de la famille marocaine dont le sort ne relève plus de la société et la tribu mais plutôt du couple. Le mariage n’est plus une obligation sacrée avec une envolée du célibat touchant les deux sexes.

    Les recommandations de Courbage

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    Pour Youssef Courbage, directeur de recherche en démographie, INED (France), la révolution démographique au Maroc a été beaucoup plus fulgurante que l’évolution économique (Ph. Privée)

    Pour Courbage, qu’il s’agisse du gouvernement ou de la société, il ne faut pas gaspiller ce bonus démographique. Il faut savoir l’exploiter au profit du développement économique du pays. Le démographe accorde beaucoup d’importance à la bonne gouvernance pour réussir ce challenge. Parallèlement, il recommande de réorienter les investissements publics vers ce qui est prioritaire pour l’emploi. Et d’orienter le secteur privé et les champions nationaux vers une économie moins capitalistique et plus sociale. Il est pour la promotion de l’emploi même à travers les petits métiers. «Je préfère quelqu’un occupé et utile à la société à celui qui ne fait rien enfermé dans la maison, car l’oisiveté reste la pire des choses pour une personne notamment les jeunes», constate le conférencier. Des jeunes instruits sans emploi peuvent être instrumentalisés, mobilisés dans des mouvements de contestations sociales locales ou exploités par des acteurs actifs dans le terrorisme.

    Noureddine EL AISSI

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