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    Culture

    Cinéma : Adam, la force des femmes devant et derrière la caméra

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5680 Le 21/01/2020 | Partager
    Le film de Maryam Touzani sur les écrans depuis le 15 janvier
    16 prix internationaux et des critiques très élogieuses de la presse internationale
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    Porté d’une façon magistrale par Nisrin Erradi et Lubna Azabal, ce huis clos féminin, à l’atmosphère confinée, n’est pas sans rappeler le théâtre de  Garcia Lorca (Ph. Lorenzo Salemi)

    «Poèmes de la solitude». Cela pourrait presque être le sous-titre du film Adam, premier opus de la réalisatrice  Maryam Touzani, en salle depuis le 15 janvier, après une remarquable tournée dans le circuit des festivals internationaux. En mai dernier, le film représentait le Maroc au festival de Cannes, en sélection officielle «Un Certain regard».

    A ce jour, il a remporté 16 prix et a été l’objet de critiques très élogieuses de la presse internationale, notamment Variety, Hollywood Reporter et Screen International qui l’ont classé parmi les meilleurs films de Cannes cette année. Adam a également été montré en soirée de gala au Festival international du film de Marrakech et a été choisi pour représenter le Maroc aux Oscars cette année. Belle performance pour un premier coup d’essai.

    Maryam Touzani a néanmoins à son actif, deux courts métrages, dont le très poétique  Aya va à la plage, réalisé en 2015.  Le film, dont la sortie en Europe est prévue le 5 février (en France, en Belgique et en Suisse), est construit autour d’une rencontre improbable. Celle de deux femmes que tout sépare... sauf peut-être, la solitude qui les entoure.

    Deux femmes, blessées, vivant des moments difficiles, l’une en deuil, l’autre enceinte d’un enfant sans père, qui essayent de s’en sortir, chacune à sa manière, dans une société patriarcale, au regard inquisiteur. Un quasi huis clos féminin, dont l’atmosphère confinée n’est pas sans rappeler le théâtre de Garcia Lorca.

    On pense à  La maison de Bernarda Alba, cette œuvre qui dénonce la situation des femmes dans l’Espagne rurale du début du XXe siècle, dont on ne peut s’empêcher d’en transposer les décors dans les ruelles de la médina du Casablanca d’aujourd’hui. Des images léchées, une mise en scène très soignée et une certaine économie de dialogues  mettent en relief toute une panoplie d’émotions troublantes: fragilité, générosité, doute, insoumission, passion amoureuse, désir… 

    Porté par la performance exceptionnelle de deux actrices: Lubna Azabal et Nisrin Erradi, Adam, malgré son titre au masculin, est un film de femmes. Des femmes blessées, remplies de douleur, mais à la force  presque  irréductible, qui vont se rencontrer et réapprendre avec beaucoup de délicatesse et de retenue, sans jamais tomber dans le mélodrame, à s’apporter mutuellement un peu de joie et de légèreté.

    Avec Adam, Maryam Touzani signe un premier long métrage intransigeant et sans concession sur la situation des mères célibataires au Maroc.  Alors que l’avortement et les relations sexuelles hors mariage restent lourdement pénalisés, la réalisatrice exprime avec beaucoup de justesse, le grand désarroi d’une jeune femme enceinte, non mariée, rejetée par la société qui veut donner son futur enfant à l’adoption.

    Producteur et néanmoins mari de la réalisatrice, Nabil Ayouch ne s’y est pas trompé en déclarant: «Ne vous méprenez pas. Même si Adam parle d’une thématique très actuelle, en l’occurrence l’avortement et le droit des femmes à disposer de leurs corps, c’est avant tout un grand film de cinéma. Maryam a fait preuve de beaucoup de brio dans sa réalisation, sa direction d’actrices et de sobriété dans sa mise en scène.»

     Une carrière déjà prometteuse

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    Née à Tanger en 1980, Maryam Touzani passe son enfance dans sa ville natale avant de poursuivre des études universitaires en journalisme à Londres. Passionnée d’écriture, elle retourne au Maroc après ses études et y travaille comme journaliste culture, se spécialisant dans le cinéma du Maghreb: Quand ils dorment (2012), son premier court-métrage de fiction, sera projeté et primé dans de prestigieux festivals à travers le monde, remportant un total de dix-sept récompenses. En 2015, son deuxième court-métrage, Aya va à la plage continue sur la même voie, remportant quinze prix. Grâce à Much Loved (2015) du réalisateur Nabil Ayouch, sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes, elle approfondit son expérience en collaborant étroitement avec le réalisateur, travaillant sur le développement du scénario et participant au tournage à différents niveaux. Peu de temps après, elle coécrit avec Nabil Ayouch son dernier long métrage, Razzia, présenté en compétition au Toronto International Film Festival et qui représentera le Maroc aux Oscars. Dans Razzia, où elle interprète également un des rôles principaux, elle se  retrouve de  l’autre  côté de la caméra pour la première fois.

    Amine Boushaba

     

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